
Patrice Hauguel est un ancien éleveur conventionnel de vaches laitières, labellisé en agriculture biologique en 2019. Depuis plusieurs années, avec l’aide d’une apprentie fortement impliquée dans les activités de la ferme, il diversifie les productions et développe des pratiques agricoles innovantes visant au respect de l’animal et de l’environnement.
Démarrage : 2015
Lieu de réalisation : Saint-Arnoult
Fermede Patrice Hauguel
SAINT-ARNOULT – 7649010 impasse des mares – 76490 SAINT-ARNOULT
•
Installé depuis 1991 sur une exploitation conventionnelle de vaches laitières, Patrice Hauguel n’est pas convaincu par l’innocuité des produits chimiques et des OGM utilisés sur les cultures à destination de la l’alimentation animale. Il décide progressivement d’arrêter l’utilisation de ces substances en accord avec ses convictions personnelles. Parallèlement, avec l’appui d’une apprentie, future agricultrice sur la ferme, l’éleveur prend conscience de l’intérêt de mettre en place des pratiques vertueuses pour les ressources naturelles.
Par la diversification des activités et la conversion au bio, Patrice Hauguel souhaite sécuriser son exploitation et son revenu vis-à-vis des aléas économiques et climatiques. Il souhaite produire de façon plus vertueuse pour la santé et l’environnement.
P Hauguel s’est lancé dans la conversion en agriculture biologique de son exploitation en 2017 et a obtenu le label AB en octobre 2019.
Pour ce faire, il a dû adapter ses pratiques agricoles en supprimant l’usage des produits chimiques et changer de collecteur de lait pour écouler sa production en bio ;
Pour aller plus loin, il décide de :
– mettre en place un pâturage tournant dynamique, pour optimiser la gestion de l’herbe ;
– supprimer l’achat d’aliment extérieur en produisant les aliments fermiers pour les animaux (céréales, méteils, luzerne…) ;
– pratiquer le soin des animaux par la médecine naturelle (aromathérapie, phytothérapie, homéopathie, acupuncture, reiki) ;
– diversifier les productions en créant un atelier « poules pondeuses » avec des poules de réforme issues d’un élevage bio et un atelier arboriculture avec le verger de la ferme. Ces productions sont destinées à être commercialisées en vente directe sur un marché ;
– test du sans labour en agriculture biologique ;
– projet d’agroforesterie sur prairie dans l’objectif de favoriser l’ombrage pour le bien-être animal et la préservation de la végétation prairiale lors d’épisode de sécheresse, apport de matière organique et de minéraux pour la prairie.
De meilleurs résultats économiques : augmentation des prix de vente et réduction des charges ;
Une meilleure santé des animaux en accentuant l’observation du bétail ;
Augmentation du temps de travail notamment pour la gestion de l’herbe ;
Impact positif sur l’environnement (qualité de l’eau, vie du sol) ;
Pratiques en adéquation avec les convictions personnelles de l’éleveur.
Des pratiques innovantes : médecine naturelle pour soigner les animaux, agroforesterie sur prairie, atelier de poules pondeuses de réforme pour éviter de les voir partir à l’abattoir alors qu’elles produisent encore des œufs).
Agronat (semences bio) ;
Bio en Normandie (conseiller bio);
Biolait (collecte du lait) ;
Littoral Normand (formation en médecine naturelle) ;
NPRL (conseiller fourrage) ;
Des normes réglementaires non adaptées pour les élevages de petite taille et trop contraignantes ;
Difficultés techniques pour la mise en œuvre des pratiques compatibles avec le bio pendant les premières années avec un manque de conseillers locaux vraiment spécialisés dans le bio ;
Des démarches administratives très lourdes et chronophages. Ces démarches sont considérées comme une deuxième installation.
Impact du Covid :
Réduction du prix du lait mais bien moins conséquente que pour les élevages conventionnels ;
Retard dans la mise en place des nouvelles productions (poules et arboriculture) ;
Suivre de nombreuses formations techniques sur le pâturage et la médecine naturelle pour le bétail pour améliorer les pratiques ;
S’impliquer dans le projet en ne comptant pas son temps et persévérer ;
Un accompagnement par la Chambre d’agriculture pour le côté administratif du passage au bio.
Mise en œuvre de l’agroforesterie et de la culture sans labour.
Suivi de nombreuses formations auprès d’organismes variés.
Quelques conseils :
Bien anticiper le passage au bio et être au courant que cela nécessite du temps administratif ;
Les 2 ou 3 premières années de la conversion sont assez difficiles, il faut donc ne pas se décourager au début .
Pratiques du sans labour en agriculture biologique.
Partager sur
Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0
Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**