
Le point de vente de l’association Solid’Arles, basé dans un quartier défavorisé de la ville d’Arles (France), propose depuis 2008 des produits sains et locaux de petits agriculteurs selon une tarification solidaire.
Démarrage : 2008
Lieu de réalisation : Arles
Budget : 450000
Origine et spécificités du financement : ventes et subventions (ville, communauté d’agglomération, conseils Régional et Général, DRAAF, ARS, CAF, CUCS
En 2005, des adhérents aux réseaux Solidarité Paysanne Provence et ADEAR, ainsi que des personnes en situation précaire (bénéficiaires du CCAS d’Arles) se rejoignent autours du même constat : celui de l’absence de lien entre ces personnes en difficulté qui n’ont pas accès à une nourriture saine (fruits et légumes particulièrement) pour son coût élevé en grande distribution et d’autre part des paysans en situation précaire à cause du manque de débouchés à prix rémunérateurs.
– Permettre aux agriculteurs de vendre à un prix rémunérateur
– Encourager les familles aux revenus modestes à manger des produits frais et locaux
– Sensibiliser à une consommation plus responsable
> Février 2008 : création de l’association Solid’Arles
> Mai 2008 : création d’un point de vente solidaire dans un quartier sensible de la ville d’Arles. 40 producteurs fournissent le point de vente, dont 30 réguliers. Prix et quantités sont préalablement définis et contractualisés. Ils sont réglés sous 30 jours.
> 6 emplois : chef de projet, chargé de vente, chargé d’appui de vente, 2 chargés d’appui vente-administratif, 1 chargé d’animation-éducation à la santé (dont 2 contrats aidés)
> Deux systèmes tarifaires s’appliquent aux produits :
* Tarif « Conso2 » pour tout adhérent : prix payé producteur multiplié par le coefficient nécessaire pour couvrir les charges (1,38 pour produits d’épicerie et 1,45 sur fruits et légumes)
* Tarif « Conso1 » pour public fragilisé : prix payé au producteur multiplié par un coefficient solidaire (seulement 1,01 et 1,03)
> Education populaire et éducation à la santé (ateliers cuisine, animations et fêtes, etc.)
> Une partie des agriculteurs a pu sauvegarder son activité, le point de vente pouvant représenter jusqu’à 40% de leurs vente.
> Profil des adhérents : en 2012, 2200 adhérents dont 250 ménages à revenus modestes. En 2013, 1850 adhérents dont 350 familles en revenus modestes. Ils viennent d’eux-mêmes ou orientés par des partenaires sociaux ou des associations caritatives.
> Avec la venue de personnes extérieures, le projet a également permis l’ouverture du quartier, contribuant ainsi à lutter contre les images négatives souvent véhiculées sur la vie dans cette partie de la ville et contre le risque de repli sur elles-mêmes des personnes en difficulté.
Ce programme se distingue par la collaboration directe entre deux parties de la société, agriculteurs et habitants d’une zone urbaine sensible, n’ayant pas d’occasion ni l’habitude de se fréquenter afin de créer une réponse commune à leurs différents problèmes économiques et sociaux.
Secours Populaire, Secours Catholique, Croix-Rouge, CLCV, Voisins citoyens méditerranée, CCAS, Solidarité Paysans Provence, ADEAR
– Aléas des approvisionnements du point de vente, dus à la fragilité des petites exploitations (récoltes parfois plus faibles).
– Le manque de prise de conscience d’une petite partie des producteurs de l’esprit du projet, lorsqu’ils préfèrent vendre ailleurs qu’au point de vente à certains moments de la récolte, pour une meilleure rémunération.
Tandis que les ventes couvrent les frais du magasin, les subventions publiques donnent la possibilité de faire vivre des actions d’éducation et d’animation.
Fidéliser les producteurs, trouver une manière de parer le manque occasionnel d’approvisionnement : Recherche de nouveaux producteurs, travail individuel et collectif sur les calendriers de production et recherche de diversification de produit.
– La constitution d’un collectif local et composé de différents profils a permis de faire fonctionner le lieu de manière à satisfaire les différentes attentes et de s’ancrer dans la réalité du territoire.
– Si le concept de Solid’Arles peut être repris, l’expérience n’est pas transposable en l’état. Tout doit partir de la mise en mouvement des acteurs locaux (associations caritatives, positionnement des collectivités, réalité de l’agriculture locale, possible mobilisation du bénévolat…) en prenant en compte les spécificités du lieu.
Réseau Rural PACA, Houze Mathilde, « Fiche Solid’Arles, de la terre à l’assiette », 2011
Article Locatis, Emmanuelle Stroesser, « Des fruits et légume en direct de la terre à l’assiette dans le quartier d’Arles » : http://www.localtis.fr/cs/ContentServer?pagename=Mairie-conseils/MCExperience/Experience&cid=1250262310106
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**