
Depuis 2012, l’ONG Afrique et Nouvelles Interdépendances (ANI) accompagne les populations rurales, les coopératives agricoles de manioc, après avoir constaté la nécessité d’appuyer le développement local. Avec des machines de transformation et l’organisation du concours du bon bâton de manioc, ANI vient appuyer les productrices de manioc pour arriver à leur autonomisation via la commercialisation du bâton de manioc.
Démarrage : Août 2015
Lieu de réalisation : Cameroun, région Centre, département de la Lékié
Budget : 49700
Origine et spécificités du financement : – Communauté d’Agglomération Seine-Eure. – Programme d’Appui aux Projets des Organisations de Solidarité International issues de l’Immigration
Afrique et Nouvelles Interdépendances (ANI)
•
•
Le Cameroun produit environ 3 millions de tonnes de manioc par an à travers de petites exploitations familiales agricoles. Cultivé sur environ 205 000 hectares en 2010 (14 t/ha), dont 90% des exploitants sont des femmes rurales pauvres, le manioc est la culture vivrière la plus importante. Chaque ménage en consomme environ 75 kg par an, transformé en 42 produits différents. Mais la production agricole ne satisfait pas complètement l’autosuffisance alimentaire, ce qui empêche le développement rural effectif et la commercialisation de la production vivrière. L’implication des agricultrices est essentielle. Elles fédèrent le projet en même temps qu’elles s’émancipent du cadre familial et social imposé. Leur empowerment est donc le moteur du changement.
Les initiatives locales et autonomes de développement sont très faibles dans la filière manioc. Pour lutter contre la pauvreté, il est primordial de créer une dynamique pour faciliter la diffusion de l’information, la création de partenariat et la commercialisation du bâton de manioc. Il est fondamental d’accompagner ces coopératives, de les former dans divers domaines (agriculture, commerce) et de les aider à développer des activités génératrices de revenus pérennes et des champs-écoles. Ainsi, nous pourrons produire une fiche technique du bâton de manioc pour uniformiser la production et réussir une commercialisation homogène.
– Tout d’abord, les coopératives ont été dynamisées et regroupées pour créer le Réseau des Coopératives des Producteurs de Manioc de la Lékié. C’est le résultat direct de la 1e édition du concours du bon bâton de manioc, qui a été l’occasion de mettre en avant les vertus et l’importance du bâton de manioc dans la société et dans les villages. Il a eu lieu le 28 avril 2016.
– Ce Réseau continue à suivre le programme de formations prévu avec l’AFOP et la méthode des champs-écoles est utilisée pour que les membres puissent mettre en œuvre leurs nouvelles compétences. Des réunions collectives sur les éléments culturels autour du bâton de manioc et une étude plus scientifique avec un comité d’experts vont être menées pour produire une fiche technique du bon bâton de manioc alliant savoir-faire traditionnel et science. Puis, après avoir fourni aux coopératives les moyens de produire le bâton de manioc en quantité commercialisable, les premières commercialisations du bâton seront expérimentées.
– La dimension du genre est bien prise en compte dans le projet puisque les femmes sont les premières productrices agricoles, notamment de manioc, de la Lékié. Elles sont très impliquées dans ce projet. Actrices et bénéficiaires, les coopératives et associations participent aux activités du projet et sont amenées à participer à chacune des journées de la femme pour mettre en avant leur rôle dans la société.
– De plus, le projet travaille à la création d’une fiche technique de bâton de manioc. La constitution de cet aliment épuise les réserves naturelles. Ainsi il est prévu, dans les champs-écoles, le plantage du Nyoli et du Lebouli, plantes qui disparaissent à force d’être sollicitées.
Le bâton de manioc se consomme mais personne n’a jamais pensé à le sociabiliser pour en faire un moyen d’amélioration des ressources. Le concours du bon bâton de manioc, nous a permis de médiatiser le bâton et de réunir 15 coopératives pour une réunion d’évaluation et de perspectives. Ce concours a permis d’unifier les coopératives et associations de la Lékié autour d’un grand événement et surtout de les motiver en faisant appel à leur esprit de compétition. Très réussi en avril 2016, la seconde édition de ce concours est prévue pour juillet 2017 et va permettre de fidéliser les productrices et producteurs de la Lékié motivées et investies pour faire un bon classement à la prochaine édition.
– L’association camerounaise, Grenier de la Lékié, a pour rôle d’accompagner les coopératives et associations dans la recherche d’un réseau de distributeur et de transporteur. ;
– Les Ministères de l’Agriculture et de la Promotion de la Femme pour le soutien exprimé avec des dons de matériel lors de l’organisation de ce concours ; Le Ministère de l’Agriculture à travers le don d’outils.
– Le programme AFOP (Accompagnement et Formation des Organisations Professionnelles) offre au réseau un panel de formation adapté à leurs besoins avec comme finalité, l’accroissement des performances économiques de leur production et ainsi de l’agriculture camerounaise.
– La difficile mobilisation des acteurs et la faible implication des femmes et le non-respect de la programmation
– L’obtention de tous les financements sollicités.
– L’une des craintes étant que les formations dispensées soient trop techniques pour une réelle appropriation par les membres du Réseau alors qu’elles sont le véritable gage de pérennisation du projet.
– Ainsi, à l’occasion des journées mondiales de la femme (8 mars), de la femme rurale (15 octobre) et de lutte contre les violences (25 novembre), ANI en a fait un outil de mobilisation.
– S’agissant des financements, il a construit des partenariats publics-privés à travers la remise des dons.
– Au sujet des formations des membres du réseau, le partenaire formateur a organisé des réunions d’évaluation avec chacune des coopératives et associations bénéficiaires pour cibler au mieux leurs besoins; elles ont été réalisées au début du projet et une mise à jour a lieu en septembre 2015.
– Les répercussions positives des activités de sensibilisation se remarquent à travers l’augmentation du nombre de participants aux activités des coopératives et à leur dynamisme. Face à ces conséquences positives, le nombre de causeries éducatives menées avec la Déléguée du Ministère de la Promotion de la Femme pourrait être augmenté.
– De plus, pour encourager la mobilisation des membres du Réseau, des prix récompensant l’implication pourraient être remis au cours d’une grande cérémonie à la fin du projet.
C’est par le renforcement de l’esprit communautaire et l’appropriation du projet par les productrices de manioc que le projet a pu réussir à se développer et à grandir jusqu’à atteindre son stade actuel. A force de rassemblements et de mobilisation des acteurs sur des thèmes divers et variés (journée de la femme, formations, causeries éducatives, championnat de football inter-village), l’initiative collective a permis la création de ce Réseau et de garder les coopératives mobilisées et unies.
Un travail de recherche est d’ores et déjà prévu à l’intérieur même du projet. En effet, nous souhaitons mêler science et savoir-faire traditionnel avec une fiche technique du bâton de manioc. Cette dernière naîtra de l’union d’une enquête terrain avec les membres du Réseau sur les éléments culturels et la perception qu’ils ont du bâton ainsi qu’une étude menée par un comité d’experts.
https://www.youtube.com/watch?v=_zxwrNPAiak&authuser=2
https://www.youtube.com/watch?v=BYZhhntrMvE&authuser=2
Partager sur
Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0
Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**