
Le groupe des éleveurs des Coteaux du Sarladais a vu le jour en 2016. Situé sur le bassin versant de la Dordogne, leur projet mené sur six ans, vise principalement à créer des systèmes en polyculture-élevage plus autonomes, plus résilients et plus durables.
Démarrage : 2016 à 2019
Lieu de réalisation : coteaux du Sarladais
Budget : 30000
Origine et spécificités du financement : 30 000 euros sur 3 ans, Subvention de l’Etat et apport de la Chambre d’agriculture
Chambre d’agriculture de la Dordogne
Sarlat-la-Canéda – 24200Place Marc Busson
Le GIEE (Groupement d’Intérêt Economique et Environnemental) « Intensification agroécologique de la production fourragère pour pérenniser les élevages des Coteaux du Sarladais » a été créé en 2016 pour accompagner les agriculteurs au travers d’actions répondant à des problématiques d’autonomie fourragère, d’agriculture durable et plutôt orientée vers la conservation des sols, basé sur le recyclage des éléments et sur les notions d’économie et d’écologie. Les éleveurs du Sarladais souhaitaient répondre aux problématiques prioritaires d’un point de vue économique (perte de rentabilité des élevages dû à l’usage massif d’intrants extérieur, retrouver de l’autonomie au travers de pratiques modifiées, …) et environnementales. Les agriculteurs du GIEE sont majoritairement en polyculture élevage sur des surfaces de 100 à 150 hectares, composées de prairies naturelles et de cultures d’alimentation pour les animaux (luzerne, trèfles, céréales).
L’objectif général du projet consiste à développer des systèmes de production plus résilients et plus durables. Le GIEE veut aller vers des pratiques de plus en plus autonomes et être plus résistant face au changement climatique. Il repose sur l’accompagnement des éleveurs souhaitant intensifier les processus écologiques d’optimisation de la production de légumineuses herbagères et protéagineuses afin d’accroître l’autonomie alimentaire de leurs troupeaux et d’augmenter les résultats agronomiques et économiques de leurs exploitations.
Ce projet débuté en 2016, prendra fin en 2021, comprend deux phases :
Première phase (2016 à 2019) : travail sur les problématiques de durabilité, réflexion sur la construction d’itinéraires culturaux, mise en place de rotation des cultures permettant de réduire les coûts.
Seconde phase (2019 à 2021) : problématique plus écologique, mise en place de pratiques encore plus agroécologiques dans un objectif de production mais aussi pour régénérer et améliorer les sols.
Les actions :
Intensification de la production fourragère dans les prairies et achat d’un semoir pour effectuer du semis direct (culture sans labour).
Changement des cultures : les surfaces de maïs ensilage souffrant du manque d’eau ont été en partie remplacées par des cultures pérennes (luzerne, sorgho, méteil, …) qui sont plus résistantes à la sécheresse et moins consommatrice en eau.
Intensification des cultures fourragères légumineuses pour fixer l’azote atmosphérique plutôt que de l’acheter soit sous forme d’engrais minéral azoté, soit de soja importé.
Mise en place de couverts végétaux afin d’améliorer la structure des sols, de mieux résister à la sécheresse, d’augmenter le taux de matière organique dans les sols et de limiter l’utilisation de pesticides avec des productions diversifiées.
Agriculture de conservation des sols : travail minimum du sol (arrêt du labour ou labour superficiel), apport de matière organique d’origine animale (réintégration de fumier)
Animation et réalisation de vidéos pour diffuser les résultats auprès d’autres agriculteurs, des élus …
Diminution des surfaces de maïs au profit de la luzerne ou autres.
Baisse drastique d’achats liée à l’alimentation, aux engrais azoté et phosphopotassique, diminution des achats et de la dépendance aux produits phytosanitaires.
Le projet constitue une première réponse économique durable et rapide et suscite une adhésion croissante : passage de 13 à 22 agriculteurs dans le GIEE.
Résultats des analyses de sols : augmentation des taux de matière organique, très important pour stocker l’eau et le carbone dans les sols.
Phase transitoire : aujourd’hui les éleveurs achètent encore du soja, mais ces achats sont divisés par 2. Exemple : pour un élevage laitier produisant 800 000 L de lait /an, gain de 40 000 euros par an (revenu qu’ils n’avaient pas) en passant de 3kg à 1 kg acheté.
Impact sur biodiversité (appréciation visuelle) : population de vers de terre qui augmente et photos de pollinisateurs sur des couverts végétaux en fin d’été de sarrasin, de tournesol, de crucifères.
Impact sur la santé animale : amélioration du fonctionnement digestif des animaux (modification de la ration : maïs ensilage/soja non adaptée à la physiologie de l’animal car elle est trop acide) selon les éleveurs, induisant une baisse des frais vétérinaires.
Impact au niveau social :
Moins de temps passé sur le tracteur, mais plus de temps passé à réfléchir, à se former, à observer…
Création de lien entre les différents agriculteurs du groupe et meilleure visibilité sur l’avenir.
Un apprentissage collectif ciblant le double objectif de rentabilité économique et de verdissement des pratiques agricoles, dans une approche progressive du changement.
Intervention d’agriculteurs experts pour parler de ce qu’ils font.
Il est difficile de faire changer la vision des choses et de changer radicalement de pratiques.
Le changement de pratiques s’effectue au fur et à mesure de l’avancement du projet.
Implication et motivation forte des agriculteurs faisant partie du projet.
Projet qui a été coconstruit avec les agriculteurs permettant de répondre rapidement à leur problématique.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**