
En Colombie, le projet Noyer Maya de l’Organisation Non Gouvernementale « Envol Vert » développe une agriculture et un élevage soutenables permettant aux populations sans terre d’avoir plus de résistances face au changement climatique, de développer de nouvelles sources de revenus et de conserver la forêt sèche particulièrement menacée.
Démarrage : 1er septembre 2014
Lieu de réalisation : Atlantico – Colombie
Budget : 70000
Origine et spécificités du financement : Maisons du Monde, Man and Nature
La forêt tropicale sèche est un des écosystèmes les plus menacés et les moins étudiés des tropiques. Il reste aujourd’hui moins de 1,5% de forêt sèche primaire, l’élevage bovin étant la première cause de déforestation. En Colombie, les besoins élémentaires de la population sont insatisfaits et plus de 50% de la population du département se trouvent sous le seuil de pauvreté. Notre population cible, paysans sans terre, se trouve encore plus affectée.
Assurer le développement d’un système agroforestier intégrant l’arbre de Noyer Maya et la petite agriculture locale afin de contribuer à la reforestation de la forêt sèche, au retour de la biodiversité, de permettre un développement agricole plus soutenable et résistant aux changements climatiques tout en assurant des alternatives économiques aux populations (transformation de produits forestiers non ligneux) et l’amélioration de leur sécurité alimentaire.
Une pépinière a été créée avec différentes espèces d’arbres ligneux, fruitiers et fourragers, un système d’irrigation mis en place, plusieurs formations à l’agroforesterie ont été données, puis les premières plantations on été faites sur les parcelles sur la base des principes de l’agroforesterie. Le travail sur les alternatives économiques a abouti à la promotion du Noyer Maya auprès des femmes (identification des arbres productifs, organisation d’ateliers de cuisine, élaboration de recettes), au choix de premiers produits (confiture, compost) élaborés et vendus. Une coopérative a été créé où 17 femmes sont intégrées et des formations ont été faites pour son organisation.
35 hectares ont été reboisés en agroforesterie, 14 agriculteurs dont deux femmes ont été formées à l’agroforesterie et en appliquent les principes. Une vingtaine de femmes travaillent régulièrement dans la pépinière et participent volontairement aux activités du projet. 55 personnes ont été formées à la cuisine du Noyer Maya. Une coopérative a été créée et 17 femmes l’ont intégrée. Les premières ventes de confitures sont satisfaisantes, les femmes ont pris bon nombre d’initiatives et inventé de nouveaux produits à vendre, elles sont maintenant autonomes. Un atelier sur la fabrication de savon et crème a été organisé et va déboucher sur la fabrication de nouveaux produits.
L’accord d’usage des terres et de reforestation entre les paysans et l’exploitation agricole bovine est original et est un élément assurant la viabilité du projet. Les paysans bénéficient en effet d’un droit d’usage à long terme permettant de recevoir les fruits de leur travail et le revenus des récoltes des fruitiers à terme. L’introduction et l’utilisation du Noyer Maya afin de lutter contre la déforestation est une initiative originale avec un impact environnemental fort, et représente une aide au développement durable pour les communautés locales.
L’hacienda El Ceibal (3700 hectares dont 340 en réserve) est le partenaire majeur qui met à disposition les parcelles des paysans. La Fondation Titi et Envol Vert sont partenaires pour assurer cohérence et synergie étant donné que nos zones d’interventions sont les mêmes. Ideas Bios, association de conservation est également partenaire (partage de matériel, construction de lieu de stockage commun…). Man and Nature et Maison du Monde sont les financeurs.
La vague de sécheresse à laquelle la Colombie a dû faire face a été la difficulté majeure du projet. Il a été impossible de planter (ou avec des taux de mortalité extrême) durant plusieurs mois et aucune production agricole n’a vu le jour rendant les conditions économiques insoutenables pour les paysans.
Nous avons cherché à faire collecter l’eau des rares pluies, renforcer un vieux puits, planter avec du gel déshydraté. Pour autant, les mesures prises n’ont pu éviter l’absence totale d’eau après 12 mois de sécheresse. Cependant nous n’avons jamais arrêté le projet et fait preuve d’imagination pour utiliser le contexte pour sensibiliser au bien fait de l’agroécologie comme adaptation aux changements climatiques, ou encore fait des travaux pratiques sur l’humidité du sol.
Dans le cas d’une nouvelle sécheresse, les paysans sont mieux préparés, et surtout les plantations résisteront mieux car ils ne brûlent plus le sol, laissent pousser les herbes et les utilisent comme mulch pour mettre au pied des plantations et favoriser l’humidité, ils ne coupent plus les arbres ce qui augmentent l’ombre, ils ont des bacs de 100 litres de récupération d’eaux de pluies. Par ailleurs, nous avons développé des alternatives économiques qui leur permettront économiquement de mieux résister même si aucune de leur productions agricoles ne poussent à cause d’une sécheresse.
– L’implication et la motivation des paysans grâce aux formations, aux travaux pratiques, au suivi et à l’accompagnement quotidien par les volontaires sur place ainsi que l’écoute de leurs envies, leurs problèmes et leurs idées ont permis d’aboutir si rapidement à des résultats concrets et de manière générale à une très belle cohésion du groupe.
– Les méthodologies de mises en place de l’agroforesterie (design de ferme…) et les formations sont transposables à d’autres programmes, nous réalisons d’ailleurs des échanges d’expériences entre projets.
– L’agroforesterie en période de sécheresse
– Les produits non ligneux résistants et à croissance rapide comme alternative économique
Articles de presse :
Libre enquête, Portrait, « Le petit village qui repoussent les limites de l’agriculture biologique » http://libres-en-quete.com/le-petit-village-qui-repousse-les-limites-de-lagriculture-biologique/
Libre enquête, Portrait, « Victor, l’agriculteur prophète en son village » http://libres-en-quete.com/victor-lagriculteur-prophete-en-son-village/
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**