Observatoire

Mise en oeuvre du Programme National de l’Alimentation (PNA) en région PACA par la DRAAF

Depuis 2010, la politique publique de l’alimentation en France est déclinée dans le programme national pour l’alimentation (PNA) animé par la Direction Régionale de l’Alimentation du Ministère de l’Agriculture. Dans le cadre de ce PNA, la DRAAF soutient financièrement les projets mais n’intervient pas dans leur réalisation, ils sont donc menés de façon autonome. Un Comité Régional de l’Alimentation est également mis en place une fois par an afin de mettre autour de la table les différents acteurs pour échanger sur les thématiques des 4 axes composant le PNA (éducation alimentaire de la jeunesse, lutte contre le gaspillage alimentaire, ancrage territorial de l’alimentation, justice sociale).

Auteurs(s)

Marie-Alice
Martinat
Hélène
Portal

Fiche rédigée par Flore Tissone

Programme

Démarrage : 2010

Lieu de réalisation : Région PACA

Budget : 96000

Origine et spécificités du financement : Ministère de l’agriculture, de l’alimentation et de la fôret

Organisme(s)

Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt

Marseille – 13000

132 Boulevard de Paris

Site internet

Média sociaux

ORIGINE ET CONTEXTE

La première loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche datant de 2010 a lancé la politique publique de l’alimentation : le programme national pour l’alimentation (PNA). La Direction Régionale de l’Alimentation du Ministère de l’Agriculture est en charge de son animation en collaboration avec d’autres ministères (notamment ceux en charge de la Santé, Environnement, Consommation, Justice, et celui de l’Éducation). En 2014, une nouvelle loi de modernisation a été promulguée en déclinant le PNA autour de 4 axes :
– Éducation alimentaire de la jeunesse ;
– Lutte contre le gaspillage alimentaire ;
– Ancrage territorial de l’alimentation ;
– Justice sociale.
Il est associé au Programme National Nutrition Santé (adoptant une entrée « Santé ») et se propose d’accompagner la mise en œuvre des « plans régionaux de l’agriculture durable » (PRAD) sous la forme de Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) qui eux adoptent une entrée « agriculture » pour l’axe « ancrage territorial ».

Objectifs

– L’objectif général est de contribuer à la sécurité alimentaire.
– Le PNA vise donc à « offrir à tous l’accès à une alimentation diversifiée, en quantité suffisante, de bonne qualité gustative et nutritionnelle et produite dans des conditions durables ».
– « Le programme national pour l’alimentation encourage le développement des circuits courts et de la proximité géographique entre producteurs agricoles, transformateurs et consommateurs. Il prévoit notamment des actions à mettre en œuvre pour l’approvisionnement de la restauration collective, publique comme privée, en produits agricoles de saison ou en produits sous signes d’identification de la qualité et de l’origine, notamment issus de l’agriculture biologique. »

ACTIONS MISES EN OEUVRE

– Le PNA est décliné en région PACA et deux personnes de la DRAAF PACA sont en charge, à mi-temps, de sa mise en œuvre.
– Mise en place de plusieurs CORALIM (COmité Régional ALIMentation) : ce sont des réunions de concertation globale qui ont lieu sur une journée une fois par an. Elles regroupent plusieurs personnes aux profils divers (santé, éducation, etc.) afin d’aborder des questions en lien avec les différents axes du PNA (présentation des outils, réalisation d’ateliers, etc.).
– Organisation des réponses aux appels à projet nationaux par la DRAAF et soutiens de plusieurs projets régionaux.
– La DRAAF anime un des groupes de travail de l’Observatoire des Circuits-courts (ORCC).
– Mise en place d’un partenariat et d’échanges d’informations avec le Réseau Rural Régional et l’ORCC.

Résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs

Entre 10 et 14 projets autonomes régionaux ont été soutenus financièrement par la DRAAF :
– Le musée des fruits et des légumes à Avignon (Epicurium).
– Travail avec les Francas 13 sur les animations pendant les Temps d’Activités Périscolaires (TAP).
– Soutien et financement du kit pédagogique « Au fil des saisons » par la MSA du Vaucluse pour sensibiliser plusieurs milliers d’enfants.
– Un projet sur le gaspillage alimentaire est en cours en partenariat avec la Direction interrégionale des services pénitentiaires (DISP).
– Soutien du futur Projet Alimentaire Territorial (PAT) 13.
– Réalisation de formations d’infirmières scolaires dans le cadre du déploiement des « classes du goût » dans le 83 et 84.
– Dans le cadre de l’animation d’un groupe de travail de l’ORCC : une journée concernant les outils pédagogiques en lien avec l’alimentation a été organisée le 21 juin réunissant 80 participants autour de stands pour diffuser plusieurs outils pédagogiques.
Plusieurs CORALIM ont été réalisés depuis 2009 et réunissent entre 50 et 70 personnes de profils très divers :
– « CORALIM jeunesse » (2014), en partenariat avec le Conseil Régional et l’ORCC sur le thème de la restauration collective et de l’approvisionnement en circuits courts (en lien avec l’éducation à la production locale, au goût, etc.) ;
– « CORALIM Justice sociale » (2016), concernant l’aide aux plus démunis, les dons, etc. (en lien avec la lutte gaspillage alimentaire) ;
Un « CORALIM Éducation alimentaire de la jeunesse et ancrage territorial » est prévu pour 2017 et s’inscrit dans une démarche globale d’approvisionnement de proximité qui est devenue une priorité, également pour les préfectures.

Originalité

Les Comités Régionaux de l’Alimentation sont l’occasion pour plusieurs personnes, relevant de différents secteurs d’activité, de se rencontrer et de partager autour des différents axes du PNA qui sont des enjeux transversaux. Ces comités permettent ainsi de décloisonner les approches, mutualiser les outils et favoriser le partage d’informations.

Partenariat(s)

– Gaspillage alimentaire : ADEME, Conseil Régional PACA, CNFPT, DISP, etc.
– Éducation alimentaire de la jeunesse : ARS, CRES PACA, Rectorat (classe du goût), etc.
– Justice sociale : DRJSCS, etc.
– Ancrage territorial et PAT : réseau rural, ORCC

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés pendant la mise en œuvre :

(1) Les thématiques abordées par certains CORALIM étaient parfois trop larges (comme par exemple « Justice sociale ») : de nombreux acteurs n’ont pas fait le déplacement car seulement une heure sur toute la journée les concernait.
(2) Les critères de sélections des appels à projets tel que « structurant », « d’ampleur », « fédérateur », ne correspondent pas à la réalité du terrain. De très nombreuses petites structures répondent à ces appels à projets en ayant une autre notion et définition de ces termes, d’où leur inéligibilité.
(3) Les différentes structures sont en attente d’outils, de formations, de réunions : c’est davantage un besoin d’animation que de fonds mais il y a un manque de ressources humaines pour faire ces travaux de communication et d’animation pourtant essentiels.
*On remarque que les territoires ruraux présentent plus de projets que les territoires urbains (les territoires urbains qui font le plus face à des situations précaires répondent le moins aux appels à projets).
*Manque d’implication de certains services et secteurs d’activité du fait de différentes priorités et de contraintes temporelles.
*Chaque année, l’organisation de CORALIM, est en décalage avec les projets menés sur un an et demi en général ce qui rend difficile la réalisation de bilans.
*La restauration commerciale n’est pas sollicitée.
*Être dans le co-financement est parfois très compliqué car il faut « rentrer dans toutes les cases ».

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

(1) La DRAAF a recentré les journées CORALIM sur des thématiques plus spécifiques.
(2) Il n’y a plus d’appel à projets régionaux réalisés pour l’instant.
(3) Certaines animations vont être externalisées à d’autres structures déjà existantes sur le territoire (identifiées comme têtes de réseaux) afin de réaliser ce travail.
*Une priorité est donnée aux axes « éducation alimentaire de la jeunesse » et « justice sociale » pour les territoires faisant face à une forte précarité car les axes « Lutte contre le gaspillage alimentaire » et « ancrage territorial » sont transversaux.

Améliorations futures possibles :

N/C

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou un essaimage :

– Partenariat avec des structures existantes afin de se baser sur le travail déjà réalisé pour ne pas faire ce qui existe déjà (exemple : partenariat avec le CRIPT pour ce qui est de l’entrée « Culturelle » liée à l’alimentation).
– Échange et mobilisation des acteurs.
– Animation de réseau (réunions, circulation de l’information).

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Comité de lecture
Date de lecture de la fiche
2016-11-30
Localisation
France
bouches-du-rhone
Domaine
EnvironnementParticipation, gouvernancePauvretéprécaritésAgricultureAlimentationEducation et formationExclusion et isolement
Type de structure
Collectivité territoriale, EtatAssociation, collectif, ONGEtablissement public
Envergure du programme
Locale
Bénéficiaires
Universel
Type d’action
Mise en relation des acteurs
Type d’objectif
Amélioration de la santé par une alimentation saineCréation et renforcement du lien socialDécarbonation, performance énergétiqueCommunication auprès des enfantsSensibilisation des consommateurs
Localisation
Licence

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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**