Observatoire

Le SEVEN (Solidarité et Éco-Vivre en Espace Naturel), un jardin en permaculture partagé et solidaire

Partant du constat que des habitants de Nocé ne parviennent pas à consommer régulièrement des fruits et légumes de qualité, la commune de Nocé et deux associations nouent un partenariat et créent un jardin partagé en permaculture, le SEVEN. Le jardin favorise l’accès des populations défavorisées à une alimentation plus saine, dynamise la vie locale en participant à des événements et favorise le lien social par les activités qu’il propose.

Auteurs(s)

Bernard
Hoffman

Fiche rédigée par BUR Clara

Programme

Démarrage : janvier 2017

Lieu de réalisation : commune de Nocé, Parc Naturel Régional du Perche

Origine et spécificités du financement : Participation de la commine

Organisme(s)

Association SEVEN (Solidarité et Eco-Vivre en Espace Naturel)

Perche-en-Nocé – 61340

Mairie de Perche-en-Nocé, rue de Courboyer, Nocé

40Bénévoles

40Adhérents

Site internet

ORIGINE ET CONTEXTE

Les premières réflexions autour du projet remontent à 2017, partant d’un constat : un certain nombre d’habitants de Nocé ne parviennent pas à consommer des fruits et légumes de qualité et frais. Les raisons pouvant être de différente, concernant des facteurs financiers (prix d’achat des végétaux en agriculture biologique), logistiques (pas de jardin ou d’outils), méconnaissance ou manque d’assurance (sur les techniques de jardinage, les propriétés des plantes ou les méthodes de préparation culinaire des ingrédients), manque de temps, handicaps physiques. Un partenariat entre la commune de Perche-en-Nocé, le Secours Catholique et le groupe permaculture de l’association Eco-Pertica a permis la réalisation concrète du jardin.

Objectifs

– Permettre l’accès pour tous et gratuitement à des légumes et fruits issus du jardin, dont la récolte est prioritairement réservée aux habitants n’ayant pas les moyens de cultiver un jardin et disposant de revenus limités ;
– Promouvoir la philosophie générale et les techniques de la permaculture, constituer un terrain d’expérimentation pour mettre en application les découvertes ;
– Inciter à un mode d’alimentation utilisant les produits du jardin, favoriser l’évolution des familles vers une alimentation plus éthique et meilleure pour la santé ;
– Développer les échanges transversaux au sein des populations (intergénérationnels, interculturels) et participer à la dynamisation de la commune;
– Attirer des populations peu intéressées par la permaculture et créer un pôle d’attraction et de visites dominicales ;
– Créer un lieu de rencontre et de partage qui donne le goût du collectif et réaffirmer la supériorité des actions collectives sur le repli individuel

ACTIONS MISES EN OEUVRE

– Appui de la municipalité qui a mis à disposition un terrain de 6500 mètres carrés à proximité de logements sociaux, d’un ruisseau et de prés non-traités aux pesticides;
– Solutions de la mairie : prêt de matériel de bureau et d’une tondeuse, salle de réunion mise à disposition ;
– Organisation horizontale : un bureau collégial pour les décisions administratives, ouvert à tous les membres. N’exclut pas une structuration avec des animateurs : finances, comptabilité, communication, techniques de jardinage
– Les volontaires se réunissent chaque mercredi, occasion pour préparer les projets à venir et prendre des décisions de façon collective;
– Organisation d’actions de sensibilisation et de dynamisation de la vie locale, : Fête des jardiniers, exposition sur les plantes sauvages régionales, Fête du village, etc.

Résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs

Construction d’un espace public collectif où producteurs et récoltants sont acteurs : les membres sont une dizaine à venir par semaine l’hiver, une vingtaine l’été, ils sont issus de tous horizons sociaux et âgés de 3 à 90 ans ;
En septembre et octobre 2019, trois livraisons de légumes ont eu lieu grâce à un partenariat avec la Banque Alimentaire d’Alençon: une quinzaine de familles a reçu 7 cageots de légumes, puis 2 cageots et un dernier en fin de saison ;
En 2020, un partenariat avec la Banque Alimentaire d’une commune voisine (Colonard) a été noué: deux mercredis par mois, les légumes récoltés seront destinés aux bénéficiaires de la Banque, avec possibilité d’accueil des bénéficiaires au jardin ;
Grande variété de légumes, fruits et légumineuses cultivés: haricots, pois , fèves, pommes de terre, tomates, cucurbitacées, carottes, radis noirs, poireaux, betteraves, panais, fraises, etc.

Originalité

Partenariat pérenne avec la municipalité et avec le tissu associatif local ;
Inclusion de la permaculture au cahier des charges : partenariat avec des semenciers « éthiques » ;
Organisation horizontale et collégiale,
Jardin permacole expérimental: l’objectif n’est pas de démontrer que la permaculture est plus productive que les techniques traditionnelles mais d’effectuer un “tâtonnement expérimental” pour découvrir, améliorer, comparer les techniques permacoles, c’est pourquoi les productions du jardin ne sont pas pesées.

Partenariat(s)

Jardin né d’une démarche participative entre la commune de Perche-en-Nocé, l’association « Secours Catholique » et le groupe « Permaculture » de l’association « Eco-Pertica » ;
Convention de partenariat signée avec le PNR du Perche : arbres fruitiers locaux plantés, une mare en construction pour constituer une réserve d’eau utilisable l’été;
Relations avec d’autres structures : associations, établissements scolaires, Comité des fêtes, etc;
Partenariats avec des agriculteurs voisins: fourniture de semences, de foin pour le paillage, etc.

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés pendant la mise en œuvre :

Difficulté pour faire venir les habitants, motiver et engager les bénévoles sur la durée ;
Besoin de trouver un local de cuisine pour l’animation des ateliers de préparations culinaires « Du jardin à l’assiette ».

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

Les ateliers de préparations culinaires pourraient permettre de fédérer les bénévoles sur la durée autour d’un autre projet commun et nouer des liens plus pérennes avec les volontaires;
Un abri de jardin a été éco-conçu en 2019 pour accueillir la cuisine. Le bois est issu d’une scierie de Nocé, l’isolation a été conçue avec des matériaux naturels (liège, chanvre) fournis par Eco-Pertica.

Améliorations futures possibles :

Participation de plus d’enfants à l’avenir, par collaboration avec le Conseil des parents d’élèves ;
Essaimage de l’initiative dans d’autres villes, certains membres étant issus d’autres communes;
En 2020: installation de ruches, construction de 3 composteurs, achat d’un groupe électrogène pour faciliter l’arrosage et l’éclairage.

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou un essaimage :

Initiative issue d’un noyau de personnes très engagées et convaincues, l’idée étant que si 10% des citoyens opèrent une transition vers une alimentation durable et responsable, la transition s’accélèrera et essaimera d’autant plus par la suite.

Partager sur

Comité de lecture
Date de lecture de la fiche
21/02/2020
Localisation
France
orne
Appréciation(s) du comité
Impacts élevés !Source d’inspiration !A généraliser !
Domaine
EnvironnementPauvretéprécaritésAgricultureAlimentationExclusion et isolement
Type de structure
Association, collectif, ONG
Envergure du programme
Locale
Bénéficiaires
Population précaireElèves, étudiantsPersonnes en situation de handicapUniversel
Type d’action
Alimentation solidaire
Type d’objectif
Amélioration de la santé par une alimentation saineCréation et renforcement du lien socialDécarbonation, performance énergétiqueMaintien et amélioration de la biodiversitéDépollution des modes de production agricole (introduction d’alternatives aux intrants chimiques, pesticides, fongicides…)Valorisation du patrimoine technique (savoir-faire)Communication auprès des enfantsSensibilisation des consommateurs
Localisation
Licence

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0
Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**