
Stephen et Sibylle DE PEYRELONGUE sont agriculteurs à Chamberet au cœur du parc naturel régional de Millevaches, en Corrèze. Ils s’attachent à développer une agriculture durable, respectueuse de l’Homme, de la nature et du bien-être animal . Le bio et le plus d’alimentation à l’herbe possible y sont maîtres-mots.
Démarrage : 2002
Lieu de réalisation : Chamberet (Corrèze)
Origine et spécificités du financement : Subvention Europe et conseil général de Corrèze pour la mise en défense des cours d’eau (subvention à 80%
Stephen DE PEYRELONGUE a repris l’exploitation familiale en 2002 situé au cœur du Limousin sur la commune de Chamberet. Il a débuté sur 100 hectares, en agriculture extensive avec 60 vaches (broutards et vaches de réformes) et 240 brebis (production d’agneau de bergerie et d’agneau d’herbe). Mais rapidement il s’est rendu compte qu’il était difficile de gérer les multiples ateliers de la ferme. Il a donc arrêté l’engraissement des génisses à l’ensilage de maïs pour faire des produits de qualité et revenir sur une alimentation des animaux à l’herbe. Ensuite c’est le projet d’installation de son épouse Sibylle sur la ferme qui l’a conduit à se tourner vers l’agriculture biologique. C’est donc depuis 2008 qu’ils travaillent ensemble. La ferme a mis en place différents changements sur la partie production. Un atelier de transformation a également été créé sur la ferme.
Le GAEC de Saint Dulcet souhaite être au maximum autonome. De plus, le GAEC souhaite produire des produits de qualité en nourrissant le plus sainement possible leurs animaux. Les produits sont vendus localement afin de mieux les valoriser économiquement tout en protégeant l’environnement (eau et sol).
– Changements très progressifs, sauf pour la diminution du cheptel.
– Alimentation des brebis à l’herbe pour éviter la production des agneaux de bergerie qui rapportait peu d’argent (achat de soja tracé sans OGM très couteux) :
95 hectares en herbe.
4 ou 5 hectares de méteil (mélange céréales seigle, avoine, triticale et petit pois) séchés pour avoir de la paille (agnelage, jeunes bovins, engraissement des mâles)
– Diminution des cheptels lors du passage en agriculture biologique :
60 à 40 vaches.
240 à 130 brebis (pas de renouvellement).
Renouvellement de 20 agnelles par an actuellement.
– Construction d’un atelier de découpe pour faire de la transformation sur l’exploitation en 2008.
– Vente :
Création d’un marché sur la ferme le samedi matin (avec un paysan boulanger, une maraîchère, un éleveur de volaille).
Depuis 2017, création d’un marché à Chamberet et arrêt du marché sur la ferme.
Vente à la ferme le samedi matin une fois par mois : colis commandés que les gens viennent récupérer.
Magasins locaux (Tulles, Naves, AMAP à Brive, un panier à côté de Limoges).
Marché à Madranges le mardi soir.
– Fertilisation avec de la matière organique animale issus de la ferme depuis 2007 (compostage de 80 tonnes de fumier) : arrêt des apports de carbonates, d’azote et d’engrais triphosphates.
– Prairies avec pâturage tournant :
Aucun apport en plus du pâturage.
Semis de trèfle blanc, lotier, luzerne lupiline ou minette des sables (pour capter l’azote), pâturin, plantin, ray gras anglais, fléole et un peu de dactyle.
Le but à l’avenir serait de laisser grainées des prairies (5 – 6 ha par an) pour les refaire petit à petit.
– Au niveau sanitaire : prévention
Réalisation de coprologie.
Travaillent avec le Comptoir des plantes à Treignac : soins avec des mélanges de plantes (10 différentes qui servent à éliminer une partie des parasites et fait pour que l’animal puissent faire son immunité).
– En agriculture biologique et sous label bio cohérence : cahier des charges beaucoup plus strict que le cahier des charges bio d’aujourd’hui (reprend le cahier des charges de l’ancienne AB). Par exemple 1 seul traitement par animal et par an (et non 3), pas le droit d’utiliser d’engrais qui vienne hors de l’exploitation, ….
– Reproduction naturelle.
– Changement des races à partir de 2017
Vaches : passage de la race limousine à l’Aubrac (2020 : 14 vaches limousine, dans 3 ans tout le cheptel sera en Aubrac).
Vache moins stressée lorsqu’on les amène à l’abattoir : impacte la qualité de la viande.
Vache qui valorise mieux l’herbe, capacité d’ingestion plus importante
Veau qui se finissent au près (veau rosé).
Les brebis : croisement de races Texel et Charollais
Valorisation de la laine : laver (dans l’Allier), filer (en Creuse), puis création de poncho, veste, pulls, … (à Chamberet).
A la recherche d’une autre race pour avoir une meilleure qualité de laine : Roussin de la Hague. Achat de 19 brebis de cette race en 2019 (20 de plus en 2020).
– Mise en défens des cours d’eau en 2019 (dossier réalisé avec la Communauté de Communes) :
Pose de clôture tout le long des 2 ruisseaux.
2 pompes à museau pour l’abreuvement des bovins.
Source captée : pompe solaire qui remonte l’eau dans un réservoir qui dessert 4 abreuvoirs gravitaire.
– Présence d’arbres isolés dans les parcelles : abri pour les animaux.
– Alimentation herbe : réduction du coût de production des animaux et meilleure qualité en finalité.
– Diminution cheptel : très rapidement avec les 130 brebis, le GAEC dégage plus de valeur ajoutée qu’avec les 240 que comptait l’ancien cheptel avaient avant.
– Pâturage tournant : élimination des rumex, assainissement des prairies (hormis le chardon).
– Economique : réduction des achats extérieurs.
– Protection de la ressource en eau.
N/A
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Maîtrise des coûts de production avant de passer en bio.
C’est une philosophie : il faut se renseigner, faire des formations.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**