Observatoire

« Hope4U » accompagne l’insertion sociale et professionnelle des NEETs en Seine Saint-Denis

Ni formation, ni diplôme, ni travail : voici ce qui définit les NEETs. Cette population de 14 millions de jeunes en Europe, 2 millions en France, nécessite un accompagnement personnalisé pour réintégrer le système éducatif ou la sphère de l’emploi. Les Pouvoirs Publics français utilisent plutôt le terme « les invisibles ».

Auteurs(s)

Sandrine
FANSI

Fiche rédigée par Eliane GOUDET

Programme

Démarrage : Décembre 2019

Lieu de réalisation : Seine Saint-Denis

Organisme(s)

Hope4U

Villepinte – 93420

3 Allée Antonin Artaud

ORIGINE ET CONTEXTE

Hope4U est une auto entreprise dont l’activité est l’accompagnement à l’insertion sociale et professionnelle des personnes en situation de précarité dans les QPV notamment. Son nom, intentionnellement exprimé en anglais, le définit : Hope l’ESPOIR, reflète le pourquoi du projet à la fois individuel et collectif par le truchement du double sens de you dans la langue anglaise (tu et vous).

L’initiatrice de HOPE4U s’investit dans son projet depuis 18 mois sur le territoire de Bobigny, en Seine Saint Denis, un département de l’Ile de France touché durement par des problèmes complexes et récurrents : venir en aide aux habitants de ses quartiers « sensibles », tout particulièrement aux NEETs en utilisant son vécu personnel d’une décennie dans le 93.
.
Globalement, sur ce territoire la population des NEETs vit une grande instabilité au sein de familles monoparentales.
Il n’est pas rare qu’une famille monoparentale qui, au fil des jours, domine de moins en moins la situation, finisse par « jeter l’éponge ».
La population des NEETs concerne beaucoup plus de garçons que de filles et est frappée, entre autres difficultés de tous ordres, par le phénomène dit de décrochage.

Objectifs

– Démontrer le possible, un maître mot « quelles que soient les situations »,
– Entreprendre des actions à programmer dans le temps
– Actions de réparation sur le terrain de situations dégradées,
– Actions de prévention en milieux scolaires, universitaires, grandes écoles,
– Actions de sensibilisation dans un champ élargi aux jeunes adultes, parents d’adolescents,
Collectivités
– Actions d’incitation auprès des chefs d’entreprise et des DRH, pour prendre en compte des pistes de recrutement négligées à tort eu égard aux potentiels insoupçonnés des NEETs.

ACTIONS MISES EN OEUVRE

Elles révèlent l’appui sur des fondamentaux :
– posséder une grande connaissance du terrain, comme dix ans de vie quotidienne au Blanc Mesnil voire Bobigny, Drancy (communes voisines).
– se forger un réseau relationnel au gré des circonstances, par exemple, avec une famille (job au pair) avec des collègues de travail (job dans un hôtel).
– savoir saisir toute opportunité d’action qui se présente, quelle qu’elle soit, de la relation de voisinage avec la mère d’un jeune garçon décrocheur depuis la 5ème ou de la relation avec une association qui permet de rencontrer un jeune persuadé que « de toute façon il n’est bon à rien » …. Jusqu’à un événement repéré telle l’inscription à un concours.
– In fine, avoir compris dans son cas personnel, que faire connaître son propre parcours démarré dans un contexte de galère avait un effet boostant pour atteindre les objectifs de HOPE4U.

Par ailleurs :
Les actions mises en œuvre sont à considérer sous deux angles : celui de la construction de partenariats solides, à la seule initiative de la responsable du projet HOPE4U, avec la MIRE, la FIPA, la ICD BUSINESS SCHOOL Paris et celui des actions proprement dites que ces partenariats tissés au gré des circonstances lui ont permis de réaliser.

Partenariat avec la MIRE
La MIRE est une Mission intercommunale du 93 desservant Bobigny, Drancy et le Blanc Mesnil.
Comme toutes les missions locales, elle a pour objectif d’accompagner les jeunes de 16 à 25 ans en situation de grande précarité à titre individuel ou collectivement dans des ateliers animés par des conseillers(ères)et de les accompagner en particulier pour qu’ils bénéficient de la garantie jeunes dans toutes ses composantes (pécule mensuel de près de 500€ pendant 18 mois au maximum).
Il s’avère notable de constater que cette garantie jeunes sert aussi d’alibi à certains jeunes qui n’ont pas l’intention de se réinsérer et pratiquent le système « débrouille ».

La première démarche d’insertion personnelle de l’auteure du projet Hope4U avait été auprès de la Mission locale la MIRE de Blanc Mesnil. Elle y retourne cette fois pour aider à son tour.
La MIRE qui l’avait appréciée lui propose alors de travailler à la maison mère de Bobigny et d’en être la Marraine.
C’est à ce titre qu’elle est introduite auprès de groupes de jeunes, dans le cadre des ateliers organisés par la MIRE et expose alors brièvement son parcours d’insertion.
Ce moment s’avère capital pour amorcer un contact boostant.
Une simple feuille de papier mentionnant nom prénom et téléphone est distribuée. Elle concrétise pour ceux et celles qui souhaiteraient la remplir l’esquisse fragile d’un autre contact possible avec elle.

L’auteure du projet HOPE4U dispose à présent d’une salle de réunion pour un accueil individuel, chaque semaine durant environ 2 heures.
Elle envisage aussi un atelier qui a subi l’impact de la pandémie et qui aura pour thème : « gérer son budget ».

Partenariat avec la FIPA (Fondation Innovation Pour l’Apprentissage)

La FIPA développe l’alternance et l’apprentissage dans de grandes entreprises adhérentes, schématiquement à travers deux pôles, le pôle « alternance » et le pôle « Pro’pulseur »
le rôle de « Pro’ pulseur ». est confié à des personnes qualifiées ayant la capacité de par leur vécu d’aider des jeunes en grande difficulté à tracer leur chemin vers la réussite de leur vie sociale et professionnelle.
La FIPA offre aussi à ses « alternants » un coup de pouce pour devenir créateurs d’entreprise en organisant chaque année à leur intention un concours appelé Altern’up.
En tant qu’alternante à la Société Générale l’auteure du projet Hope4U s’est inscrite à ce concours et s’est placée dans le peloton des six finalistes.
Ce concours lui a ouvert une porte à la FIPA pour devenir Pro’pulseur et accompagner des jeunes appelés pro’pulsés dans la recherche de leur contrat d’alternance CAP et BAC PRO.

En ce qui concerne le CAP, cette voie leur est suggérée dans un large éventail de centres d’intérêt pour un métier, alors qu’ils n’ont aucune idée, voire envie, de savoir ce qu’ils veulent faire. C’est un premier pas à leur faire faire sans contrainte et patiemment qui leur permettra le cas échéant de ne pas en rester là.

Ceux et celles engagés dans un BAC PRO ont déjà franchi le pas de l’insertion ; mais ils sont à épauler sur un chemin déjà tracé en sorte qu’il ne se produise pas d’accident de parcours évitable.
Il apparaît ainsi que les actions menées tant à la MIRE qu’à la FIPA se conjuguent grâce aux partenariats acquis et s’en trouvent fortement renforcées. Il en sera de même avec ICD Business School Paris au niveau universitaire.

Partenariat avec ICD BUSINESS SCHOOL Paris

Ecole de commerce qui offre un programme Grande Ecole.
La porteuse du projet HOPE4U s’est trouvée elle-même étudiante pour préparer deux Masters dans cette école ce qui lui a donné l’opportunité de se faire apprécier dans son comportement et de devenir sa représentante auprès des étudiant(e)s.
Ils et elles sont de tous âges, de tous milieux, de toutes ethnies, confrontés à des problèmes très divers (exemples situation de sans-papiers, de handicap, de précarité financière)

Le rôle de référent (e) reflète trois missions porteuses d’humanité et de bienveillance :

– faire respecter la charte dont l’école s’est dotée,

– être à l’écoute de difficultés vécues au quotidien et les faire remonter, à toutes fins utiles, auprès de l’administration de l’école, en sachant que celle-ci est partie prenante de la Conférence des Grandes Ecoles (CGE) laquelle développe, entre autres objectifs, l’information, l’entraide et la solidarité,

– assurer une mission de sensibilisation auprès des étudiants et associations d’étudiants à titre de prévention pour trouver les moyens de dépasser leurs difficultés et ne pas hésiter à signaler des situations graves.

Résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs

En 8 mois 27 actions ont été menées pour tirer d’affaire 5 garçons et filles représentant typiquement la population des NEETs , 3 jeunes « pro’pulsés » et 19 personnes plus âgées, ayant dépassé la trentaine, en situation précaire.
Les 8 jeunes préparent un CAP et les 19 personnes plus âgées se sont retrouvées sur le chemin de l’emploi après avoir suivi une formation.
Toutes et tous ont trouvé ou retrouvé leurs points de repère pour mener leur vie sociale et professionnelle.

Originalité

À la sortie d’une galère durement vécue, le projet traduit un « élan vers l’autre » qui a besoin d’une main tendue.
Il s’appuie sur le parcours de son auteure qui a fait preuve de résilience, sur son histoire et ses origines pour apporter son soutien aux personnes qui peuvent s’identifier à elle.

Partenariat(s)

MIRE structure locale

FIPA (Fondation Innovation Pour l’Apprentissage) structure nationale

ICD / CONFERENCE DES GRANDES ECOLES (CGE) structure nationale

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés pendant la mise en œuvre :

Au cours de 18 mois d’expérimentation :
– 4 fondamentaux ont été mis à jour comme piliers du projet,
– 3 partenariats ont été durablement installés,
– 4 types d’action ont été définis (dont des actions de réparation concernant 27bénéficiaires).

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

Plutôt une remarque, le rapport au temps par rapport aux NEETs : 18 mois ont été consacrés à une mise en place du projet HOPE4U soit plus d’un an pour franchir une première étape incontournable : « apprivoiser » pour gagner la confiance. et démarrer une action. Cette étape étant franchie, tout devient ensuite relativement rapide et sans obstacles majeurs pour la mise en route et un suivi.

Seulement 18 mois d’expérience permettent d’avancer la nécessité de s’adapter sans impatience aux rythmes de celles et ceux dont on s’occupe et la nécessité de travailler en collaboration étroite avec les partenaires du projet, par exemple travailler en binôme avec les conseillers de la MIRE.

Améliorations futures possibles :

Dégager une méthodologie permettant de travailler sur une grande échelle sans banaliser les actions menées.

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou un essaimage :

Facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou transposition paraissent prématurés en ce qui concerne le projet HOPE4 U.

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Comité de lecture
Date de lecture de la fiche
2021-05-30
Localisation
France
seine-saint-denis
Appréciation(s) du comité
Impacts élevés !Source d’inspiration !
Domaine
Lien social, intergénérationnelPauvretéprécaritésExclusion et isolementEmploi et insertion
Envergure du programme
Locale
Bénéficiaires
ChômeursElèves, étudiants
Localisation
Licence

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0
Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**