
Le projet débuté en octobre 2012 mené pendant trois ans, vise à développer la filière lait, en augmentant la production et en structurant la filière. Il s’agit d’améliorer les conditions de vie des ménages ruraux du département de Dagana, et d’assurer une meilleure couverture des besoins nationaux en valorisant le potentiel de marché des produits laitiers locaux.
Démarrage : Octobre 2012
Lieu de réalisation : Département de Dagana Sénégal
Budget : 966478
Origine et spécificités du financement : Fondation de France- CFSI (PAFAO), AFD, FDF, coopération monégasque
Groupe de recherche et d’échanges technologiques (GRET)
Dagana
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Le Gret a appuyé la laiterie du Berger (entreprise sénégalaise), dans l’approvisionnement en lait local. En effet, la production laitière sénégalaise est faible et fortement marquée par une variation saisonnière, elle ne parvient donc pas à répondre aux besoins nationaux couverts à 50 % par des importations de lait en poudre. Malgré le développement des laiteries au Sénégal, permettant de relier la production rurale aux marchés urbains, le manque d’organisation des éleveurs et des transformateurs conduit à un manque de disponibilité du lait et freine le développement de la filière.
Le projet a pour objectif d’améliorer les conditions de vie des ménages ruraux du département de Dagana en augmentant et en améliorant la production laitière et les revenus des familles d’éleveurs. Il s’agit aussi de renforcer le rôle des éleveurs dans l’environnement de la filière lait et de favoriser la concertation et la collaboration entre acteurs professionnels, collectivités locales et services de l’État.
Le projet met en œuvre cinq catégories d’actions.
– D’abord, il soutient les laiteries dans la mise en place de rayons de collecte primaire et du suivi des volumes collectés.
– Il vise ensuite pour les producteurs, la facilitation de l’accès aux soins vétérinaires et la formation à l’hygiène, l’alimentation et la santé animale.
– Le projet appuie le renforcement de l’organisation des éleveurs par la création de centres de services de proximité (CSP) et la mise à disposition d’intrants.
– Il aide les acteurs de la filière à se mobiliser, à travers le développement d’un cadre de concertation politique à l’échelon territorial et national.
– Enfin, le projet met en place un dispositif de suivi-évaluation, soutient la capitalisation et la communication sur les enjeux de la filière (via des tableaux de bord, des documents de capitalisation, des émissions et spots de sensibilisation à la télévision et la radio locale).
– Quatre axes de collecte primaires sont fonctionnels à la fin de la première année, et trois nouveaux circuits de collecte sont développés. Ils permettent la collecte de 946 tonnes de lait (+32% par rapport à 2013) par 892 fournisseurs fin 2014.
– 80% des fournisseurs ont un revenu moyen issu de la vente de lait supérieur à 20 000 FCFA,
– au cours de la 2ème année, 1200 personnes ont été sensibilisées et formées à l’hygiène dans la production, la collecte et la transformation du lait , et formées à l’alimentation et la santé animale (avec une forte représentation de femmes),
– la filière se structure autour des 17 CSP crées, qui regroupent 838 producteurs laitiers et mettent à disposition 503 tonnes de fourrages en 2013-14,
– un cadre de concertation multi-acteurs regroupant services de l’État, collectivités locales, éleveurs et des organismes d’appui est mis en place et a défini un plan d’actions pour 2015.
La création de centres de services de proximité (CSP), proches des lieux de production, et qui visent à rendre accessible un ensemble de services adaptés aux besoins des éleveurs, constitue l’élément innovant du projet. Ainsi les usagers identifient dans chaque CSP, les services les plus importants en lien avec leurs objectifs prioritaires. Le mode d’organisation social des CSP est également innovant, car il vise à renforcer la responsabilité sociale professionnelle des éleveurs. Les CSP peuvent également mobiliser des cotisations qui peuvent leur servir de fonds de roulement pour disposer d’un service collectif.
Des partenariats ont été développés avec le groupement d’intérêt économique des collectivités locales du département de Dagana (GIE Dagana), l’Association Sud-Ouest pour le développement international agricole (Asodia), et la laiterie du Berger.
– Appropriation du projet par les éleveurs et partenaires opérationnels difficile ;
– Abandon du projet de création de centre de services indépendant financés par les CSP du fait de leur non solvabilité à la suite de la mauvaise pluviométrie en 2012, qui a entraîné une baisse de la production et de la collecte de lait ;
– Difficultés à mettre à disposition des fourrages à bas prix pour les familles d’éleveurs ;
– Difficultés à concilier l’adoption de nouvelles pratiques d’alimentation, d’hygiène, et de gestion des troupeaux avec l’amélioration des revenus laitiers et de la résilience des exploitations familiales (les investissements nécessaires étant nombreux).
– Reformulation des axes stratégiques et plans d’actions à la fin de la première année, pour un recentrage sur la production laitière et sur des stratégies opérationnelles adaptées à chaque contexte ;
– Priorité donnée au renforcement du service de mise à disposition d’aliments, plutôt qu’à la structuration trop rapide d’un centre indépendant non viable. L’alimentation des troupeaux est une priorité pour assurer la croissance de la production et renforcer la résilience des éleveurs aux aléas climatiques. Un appui fort à la laiterie du Berger, qui met déjà en œuvre des services aux éleveurs, a donc été décidé.
– Améliorer l’analyse de la situation des femmes et les moyens d’accroître leur participation aux activités du projet et au développement de la filière;
– Évaluer comment l’organisation de formations techniques spécifiques pour les femmes pourrait ou non entraîner un accroissement de la production de lait, par rapport aux formations dispensées aux hommes.
– Mise en place d’un dispositif basé sur une coalition d’acteurs privés, publics et associatifs.
– Il faudrait approfondir le processus de suivi d’indicateurs socio-économiques. Il serait intéressant de poursuivre la collaboration avec l’IFPRI afin de créer un atlas de la filière lait sur le département de Dagana et des documents de capitalisation sur le développement de services aux éleveurs en zone soudano-sahélienne.
https://gret.org/projet/acces-aux-services-et-structuration-des-exploitations-familiales-delevage-phase-3-2/
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**