
Les producteurs togolais peinent à assurer leur propre sécurité alimentaire et à développer leur activité pour nourrir les villes. De plus, les consommateurs urbains sont largement dépendants des importations et, de ce fait, des cours mondiaux. Les producteurs s’appuient sur la vente groupée et le warrantage comme clés de réussite. Ce programme vise, depuis 2010, à augmenter les revenus des producteurs par l’augmentation de la productivité agricole céréalière et l’amélioration des conditions de stockage et de mise en marché.
Démarrage : Juin 2010
Lieu de réalisation : Togo
Budget : 104534
Origine et spécificités du financement : Financement réparti entre les 3 partenaires du porteur de projet – UPOPS – UAR – UGKO
AFDI
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La vulnérabilité alimentaire des producteurs locaux et des consommateurs urbains conduit les OP à agir sur les conditions de production agricole. D’une part, les producteurs ont des difficultés d’accès aux ressources financières et matérielles pour espérer obtenir des rendements suffisants et se retrouver dans une situation de sécurité alimentaire stable. D’autre part, la population urbaine consomme des produits importés du fait de leur disponibilité et de leur bas prix, ce qui conduit à la dépendance.
Pour répondre au double défi de l’approvisionnement des villes par des produits locaux et de l’amélioration de la sécurité alimentaire des producteurs locaux, le programme vise à augmenter les revenus des producteurs par l’augmentation de la productivité agricole céréalière et l’amélioration des conditions de stockage et de mise en marché. Ainsi, la vente groupée entre OP et les accès au stockage et au crédit, notamment à travers le warrantage, sont des solutions d’appui technique et financier dont bénéficient les producteurs et les groupements de producteurs.
– Accès aux intrants : négociations avec des institutions de microfinance (IMF), des coopératives et la direction de l’Agriculture, et premiers pas vers l’élaboration de contrats
– Formation et sensibilisation aux pratiques de warrantage, stratégies de commercialisation groupée, itinéraires techniques de culture et de production, gestion raisonnée des fertilisants, bonne gouvernance puis mise en place de comités de vente groupée
– Veille informationnelle, analyse de prix et prospection de nouveaux marchés.
– 700 tonnes de céréales vendues (issues de ventes groupées et de négociations de contrats d’approvisionnement non aboutis mais ayant permis des ventes ponctuelles)
– 19 contrats de warrantage signés
– 1 000 producteurs bénéficiaires du crédit-intrants en 2013, 349 bénéficiaires de la vente groupée et 365 bénéficiaires du stockage, plus de 700 producteurs ont un rendement supérieur de plus de 50 %
– Adhérents au Conseil à l’exploitation familiale (CEF) : 35 % d’augmentation des revenus de la culture du soja.
L’union des trois OP est innovante à divers niveaux : réduction des coûts de la prospection commerciale, échanges d’expériences, poids obtenu dans les négociations commerciales. De plus, pour pallier les difficultés de financement et de stockage rencontrées par les petits producteurs qui bradent leurs produits pour faire face à un besoin de liquidités imminent et qui n’ont aucun moyen de stockage, le warrantage paraît être un système qui fonctionne. En effet, cette idée innovante permet aux producteurs de garantir le prêt qui leur est consenti par leurs stocks de produits qu’ils entreposent dans un endroit prévu à cet effet. Ainsi, le prêt finance les intrants et les équipements, ce qui améliore, renouvelle et augmente la production.
Les trois OP sont à la fois cibles et partenaires du programme
– UAR : Union des agriculteurs de la Région des Plateaux
– UGKO : Union des groupements de Korbongou
– UPOPS : Union préfectorale des organisations paysannes de la Préfecture de Sotoboua.
1. Des problèmes juridiques antérieurs au projet et un difficile recouvrement des crédits ont perturbé l’organisation de l’UGKO entre 2012 et 2013
2. Certains engagements d’achats de stocks de céréales par certains organismes acheteurs n’ont pas été tenus
3. Concernant les négociations en crédit-stockage, les IMF exigent des garanties trop élevées par rapport aux possibilités des OP et producteurs (garantie sur le stock ainsi que garantie financière) du fait d’un manque de pratique du warrantage par ces instituts.
1. Renouvellement du conseil d’administration de l’UGKO lors de l’assemblée générale de l’année 2012 liée à une meilleure maîtrise de la gouvernance. Ceci a permis la mise en place d’une commission pour le recouvrement des crédits antérieurs
2. Les OP favorisent dans la limite du possible les engagements écrits
3. Des rencontres multiples et de tenaces négociations ont progressivement permis d’ancrer la dynamique warrantage dans l’esprit des IMF.
Les échanges d’expérience et la capitalisation entre les trois OP leur ont permis d’asseoir leur légitimité aux niveaux des interventions dans les filières céréalières et de la place occupée dans les OP de la région.
La Gestion intégrée de la fertilité des sols (GIFS) et le Conseil à l’exploitation familiale (CEF) ont favorisé l’appui du programme dans les dimensions technique, sociale et environnementale : maîtrise culturale, augmentation des revenus et gestion durable des ressources.
– Étude du NEPAD, « Les agricultures africaines – Transformations et perspectives », 2014
– Étude de l’AFDI, « Le warrantage ou crédit-stockage, un moyen pour les paysans de mieux valoriser leurs produits et une sécurisation du financement rural », 2007
– Étude du Gret, « Assurance indicielle et warrantage, quel intérêt pour les petits agriculteurs ? », 2011 http://www.alimenterre.org/ressource/assurance-indicielle-et-warrantage-quel-interet-petits-agriculteurs.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**