
L’association Initiative Communautaire Changer la vie Nazemse (ICCV Nazemse) a créé en 2015 un restaurant communautaire et pédagogique dédié aux mets locaux à base de produits agricoles écologiques. Sept groupements féminins sont encadrés en périphérie de la ville de Ouagadougou pour approvisionner le restaurant et la boutique alimentaire de l’association. Les mets servis à la jardinière sont vendus à un prix social au profit des familles vulnérables qui ont également la possibilité de faire des achats dans la boutique alimentaire.
Démarrage : 2011
Lieu de réalisation : Ouagadougou
Origine et spécificités du financement : multi donateurs
L’association Initiative Communautaire Changer la vie Nazemse (ICCV Nazemse) a été créée en 2002 à Ouagadougou par des femmes et jeunes du quartier de Cissin, secteur 5, arrondissement 1. Elle regroupe 500 membres et intervient dans 4 secteurs : (i) éducation, (ii) accompagnement socioéconomique, (iii) santé et (iv) sécurité alimentaire. C’est à partir de 2015 que l’association a eu l’idée d’intégrer dans ses activités la promotion d’un espace de restauration sociale et solidaire dans le cadre du projet Réseaux d’Achats pour la Sécurité Alimentaire (RASA). Le restaurant « la jardinière » a ainsi vu le jour, permettant de faire la liaison ville-campagne.
L’objectif visé à travers la création du restaurant social et solidaire est de contribuer à promouvoir le manger local. Spécifiquement il s’agit de sensibiliser et enseigner la population sur la nécessité de manger local et sain, à travers un espace dédié à cette alimentation. Outre la pédagogie alimentaire, il s’agit également de créer une connexion entre la production dans les campagnes, la transformation et la consommation urbaine mais aussi de générer des ressources pouvant permettre de financer les activités sociales.
-structuration et formation des groupements à la production agro écologique (technique de buttes sandwich) ;
-aménagement d’un jardin urbain à but pédagogique pour les enfants ;
-aménagement de l’espace de restauration ;
Les denrées agricoles sont produites dans 6 communes rurales par des groupements de femmes sur des parcelles agroécologiques. Après stockage au sein des Maisons de la Femme, une partie est vendue à prix social au profit des familles vulnérables et une autre sert à approvisionner le restaurant. La transformation des céréales est faite au niveau des Maisons de la Femme. Les légumes frais sont livrés directement au restaurant qui est chargé de confectionner les mets locaux vendus à des prix sociaux au profit des consommateurs.
ICCV Nazemse compte une dizaine d’employés dont ceux du restaurant. Le nombre de groupements partenaires est passé à sept (7) à raison de 120 producteurs formés sur la technique agroécologique par site. Une production céréalière de 25 tonnes a été enregistrée en 2018. En plus du restaurant, l’association détient une boutique alimentaire à prix social, un jardin pédagogique agroécologique, deux centres féminins multifonctionnels à Cissin et à Koubri, une bibliothèque de 11.000 abonnés (la plus grande de la ville de Ouagadougou), une école maternelle et un centre de santé. Le restaurant « la jardinière » sert une centaine de plats par jour et accueille constamment des groupes d’écoliers en excursion de restauration.
Les actions menées en faveur des femmes dans l’agriculture et la transformation ont permis d’améliorer le niveau de revenus des femmes, et assure l’autonomie financière de certaines d’entre elles : participant aux dépenses domestiques, elles bénéficient d’une meilleure considération de la part de leurs époux.
Globalement l’activité de ICCV Nazemsé dans la chaîne de valeurs alimentaire favorise la disponibilité alimentaire tout au long de l’année pour les catégories les plus vulnérables du quartier de Cissin.
Le restaurant La jardinière se distingue par sa spécialisation dans les mets et jus locaux. Les produits cuisinés sont écologiques et proviennent des fermes des groupements encadrés par l’association. ICCV Nazemse a su intégrer parfaitement la restauration (consommation), la production de céréales et légumes, la transformation des céréales, et ses actions sociales (éducation et santé). Les revenus du restaurant sont réinvestis dans le développement des activités de la bibliothèque pour contribuer à l’éducation des enfants. Le restaurant permet de transmettre les bonnes pratiques alimentaires et nutritionnelles.
Les partenaires de l’association sont l’ONG italienne TAMAT qui a financé la réalisation des forages au profit des productrices et l’Association Sœur Emmanuelle Education (ASMAE) qui l’accompagne dans les activités d’éducation et d’accompagnement des adolescents.
Il y a également la Mairie de Ouagadougou ; de l’arrondissement N°1 et 6 et les communes de Komsilga, Komki Ipala, Loumbila, Koubri, Nagréongo, Guargaye qui apportent leur soutien institutionnel.
Des contraintes ont été observées au niveau de l’irrigation des cultures, notamment l’absence de forages appropriés.
A ce jour 5 forages sur un besoin de 7 forages ont pu être réalisés pour permettre l’irrigation des cultures et alléger les efforts des femmes membres des groupements.
ICCV NAzemse envisage développer davantage la prestation « pause-café » à base de jus locaux en diversifiant sa clientèle.
Les facteurs de succès reposent sur la démarche adoptée par ICCV Nazemse d’impliquer les bénéficiaires dans la conduite et l’orientation des activités. Ceux-ci ont force de proposition et d’action. En cas de réplication du modèle, il faut s’assurer de disposer d’un modèle de financement innovant qui puisse garantir la pérennité des activités.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**