Observatoire

De jeunes handicapés s’emparent de l’art contemporain avec l’association Orange Rouge

En Ile-de-France, l’association Orange Rouge provoque la rencontre insolite entre des adolescents en situation de handicap ou issus de milieux défavorisés et des artistes contemporains à travers la réalisation d’une œuvre collective.

Auteurs(s)

Corinne
Digard

Fiche rédigée par Julie Steyer

Programme

Démarrage : 2006

Lieu de réalisation : Île de France

Budget : 155000

Organisme(s)

Orange Rouge

Saint-Denis – 93200

6 quai de Seine

2Salariés

2Bénévoles

Site internet

Média sociaux

ORIGINE ET CONTEXTE

Il n’existe pas en France de projet artistique et éducatif destiné à des adolescents en situation de handicap mental, psychique ou sensoriel. Or, les professionnels s’occupant de ces jeunes constatent les bienfaits de ce type de projet. Malgré les efforts déjà existants pour intégrer les jeunes handicapés, notamment via les dispositifs ULIS (Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire), ces adolescents souffrent encore souvent de situations d’échec scolaire, d’un manque de confiance en eux et d’une forte marginalisation.
L’association Orange Rouge développe des partenariats avec des établissements scolaires classés « éducation prioritaire » situés dans des « zones urbaines isolées » ou « zones urbaines sensibles ». Les offres culturelles y sont limitées voire inexistantes ou inadaptées aux intérêts des jeunes. Le projet Orange Rouge répond ainsi à un besoin social spécifique d’offres culturelles.

Objectifs

– Pour les jeunes : Apprendre autrement, interagir avec les autres et renforcer l’esprit de groupe, favoriser la communication, l’estime de soi, s’exprimer et développer sa création, trouver de la reconnaissance notamment grâce à la valorisation publique de l’œuvre, acquérir de nouvelles compétences et découvrir des métiers.
– Pour les artistes : Développer une expérience nouvelle et originale, transmettre et partager sa pratique artistique, promouvoir sa pratique auprès de différents publics.
– Pour les enseignants : découvrir de nouvelles capacités chez les élèves, s’ouvrir à de nouvelles techniques pédagogiques
– Pour les familles : Fierté parentale, échanger avec les artistes, les participants aux projets et d’autres familles, découvrir le potentiel de leur enfant, accéder à un patrimoine culturel avec leur enfant et sensibilisation à l’art.
– Pour les commissaires : Mener une expérience nouvelle et originale d’exposition, découvrir des artistes, toucher de nouveaux publics.

ACTIONS MISES EN OEUVRE

Le projet prend la forme de 40 heures minimum d’atelier réparties sur une période de 2 à 8 mois. L’artiste donne un point de départ après avoir rencontré l’enseignant et les enfants, mais le projet s’élabore collectivement, au fil des séances.
A ceci s’ajoutent une dizaine d’heure de visites et sorties en lien avec le projet.
A la fin de l’année scolaire, une restitution a lieu dans les établissements, et environ 8 mois après, une exposition collective qui rassemble l’ensemble des réalisations se tient dans un lieu dédié à l’art contemporain. Corinne Digard s’associe chaque année avec un commissaire pour sélectionner les artistes, suivre chaque projet et donner forme à l’exposition finale.
Orange Rouge édite aussi des publications liées aux expositions et organise des conférences autour de celles-ci.

Résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs

– Le projet Orange Rouge est renouvelé chaque année avec de nouveaux artistes. Environ 50% des enseignants choisissent de renouveler d’année en année la participation de leur classe ULIS, permettant ainsi à certains élèves de bénéficier des projets Orange Rouge de la 6° à la 3°.
– Quantitativement nous notons : le nombre d’élèves participants, le nombre d’heures partagées entre l’artiste et les adolescents, le nombre de sorties réalisées, le nombre de parents mobilisés autour du projet, le nombre de parents présents lors des sorties, le nombre de visiteurs des expositions.
– Qualitativement nous retenons : l’entente entre l’artiste, les adolescents, les parents et les enseignants; la motivation et l’implication des adolescents; les progrès des adolescents au cours du projet; les bénéfices apportés en termes pédagogiques, les réactions et témoignages des visiteurs des expositions.

Originalité

Le projet se distingue par :
– La création collective d’œuvres dont les auteurs sont autant les adolescents que les artistes.
– L’exigence artistique et pédagogique: nos artistes sont engagés dans des carrières à un haut niveau. Cette exigence et la valorisation des œuvres jouent un rôle important dans la prise de confiance en eux des jeunes et leur appropriation des apprentissages.
– L’exposition des œuvres collectives dans un espace d’art contemporain reconnu.
– Le rapprochement de mondes qui se côtoient rarement : les enseignants, les collégiens et leur famille et les acteurs du monde de l’art, ainsi que les institutions culturelles et entreprises avec lesquelles nous collaborons. Ainsi, le projet crée du lien social.
– La façon dont il fait évoluer le regard des collégiens, des équipes éducatives et du grand public sur le handicap, en valorisant les capacités créatives des jeunes handicapés et en les éloignant de la passivité à laquelle ils sont souvent cantonnés.

Partenariat(s)

– 11 collèges et un Institut Médico-éducatif
– Structures culturelles partenaires (accès privilégié aux visites, conception d’activités pédagogiques personnalisées,…) : Musée du Quai Branly, Musée Guimet, Musée de la chasse et de la nature, Studio 13/16 du Centre Pompidou
– Partenaires publics : DRAC Ile-de-France, Agence Régionale de Santé, ministère de l’Education Nationale, Conseil général du Seine-Saint-Denis, Conseil Général de Seine et Marne, Ville de Paris, Ville de Saint-Denis, Mairie du 19ème, CAF de Paris, CAF de Seine-Saint-Denis, CAF de Seine-et-Marne.
– Partenaires privés : Fondation SNCF, Fondation Julienne Dumeste, ADAGP (Société des Auteurs dans les Arts graphiques et plastiques), Fondation Société générale, Fondation 29 Haussmann.
– Ecole nationale supérieure d’art de Paris Cergy : partenariat en cours d’élaboration pour développer un projet de recherche-action avec les étudiants.

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés pendant la mise en œuvre :

Le désengagement d’un enseignant ou d’un artiste participant au projet

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

Grâce au réseau acquis au cours des 10 ans de projets Orange Rouge, nous parvenons facilement à relocaliser le projet dans un autre collège ou à organiser l’intervention d’un nouvel artiste.

Améliorations futures possibles :

– Impliquer davantage les parents des élèves concernés.
– Que les adolescents puissent suivre l’œuvre après la fin de l’atelier : comment l’artiste continue à la travailler, si elle est montrée dans des expositions…
– Nous cherchons à doubler notre action en développant les projets en Seine et Marne, et à plus long terme, en province.
– Nous souhaitons aussi renouveler nos publications en une revue régulière annuelle.

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou un essaimage :

– Implication et motivation de l’artiste
– Implication des enseignants
– Stabilité financière

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Comité de lecture
Date de lecture de la fiche
2016-10-27
Localisation
France
seine-saint-denis
Appréciation(s) du comité
Source d’inspiration !
Domaine
Education et formationSanté, Bien-êtreCulture, sport et loisirs
Type de structure
Association, collectif, ONG
Envergure du programme
Locale
Bénéficiaires
AdolescentsElèves, étudiantsPersonnes en situation de handicap
Localisation
Licence

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0
Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**