
L’association du Collectif Salonais souhaite montrer qu’il est possible de mettre en place une transition vers un modèle circulaire avec des solutions concrètes et adaptées au territoire pour nous adapter aux enjeux climatiques, énergétiques, économiques et sociaux de notre ère, tout en maintenant les emplois. Ce Collectif organise depuis 2011 de nombreux événements de sensibilisation et développe des projets sur son territoire en partenariat avec des acteurs locaux afin de faire émerger cette transition dans la société.
Démarrage : 2011
Lieu de réalisation : Salon de Provence
Budget : 16000
Origine et spécificités du financement : Adhésions ; Contributions volontaires pour chaque activités (sauf le festival au sein du Cinéma de la ville ou un tarif est fixé) ; État (1 emploi aidé)
Collectif Pays Salonais en Transition
Salon de Provence – 1330055 Rue Ampère
Le collectif Pays Salonais en Transition (PST) est né de la rencontre de deux habitants de Salon-de-Provence, ayant la volonté de passer à l’action. Pour Olivier DUMAS, il s’agissait d’une volonté de partager ses idées, ses convictions et poursuivre ses engagements pris depuis plusieurs années (jardinage biologique, respect de la Terre, intérêt pour les thématiques liées aux « communs », etc.). Pour Bruno MONTEL, dont les actions personnelles n’étaient pas forcément ouvertes sur l’extérieur, c’est la lecture d’un article de journal dans la presse sur la fin programmée du pétrole qui a suscité « le choc à la suite duquel on veut agir, ou le « Oh My God point » décrit dans Comment tout peut s’effondrer (Pablo Servigne, 2015) ». La découverte du mouvement « Villes et territoires en transition » lancé par Rob Hopkins à Totnes en Angleterre (2006) a déclenché leur action collective afin de « faire bouger les choses ensemble à leur échelle ».
– Sensibiliser un maximum de personnes.
– Créer du lien pour que les personnes aient « envie de faire ».
– S’appuyer sur la créativité locale pour co-construire les actions.
– Favoriser le montage de projets dans une approche permaculturelle en travaillant sur leur « design » pour mettre en place des actions, les auto-évaluer, les réajuster, en adoptant une démarche progressive qui sera pérenne sur long terme.
– La stratégie est d’utiliser différentes approches pour différents intérêts (qui peuvent être : la volonté de jardiner, de « faire marcher l’économie locale », de manger des produits de qualité, d’exercer une activité physique, etc.) ; et favoriser ainsi une prise de conscience.Peu importe si le vecteur de mobilisation premier n’est pas « la transition », l’essentiel est que les actions aillent dans son sens.
– Formation d’un groupe de réflexion et de lancement des actions, formation de groupes thématiques (« Tous jardiniers », « Anti-gaspi », « Cœur et Partage », « Café Transition »).
– Organisation du festival du cinéma « Terre et Avenir » qui consiste en des projections et des animations sur une période d’une semaine en début d’année.
– Organisation annuelle d’un « Forum ouvert » sur la transition ; « Journée anti-gaspi » ; « Café transition » une fois par mois sous le format : 1 café, 1 intervenant, 1 discussion/débat.
– Réalisation de jardins partagés et de chantiers collectifs.
– Diffusion d’un outil, par certains membres du collectif, au service de la relocalisation et de la création de lien : la monnaie locale complémentaire « La Roue » originaire du département voisin.
– Au départ, une vingtaine de personnes ont rejoint le groupe de lancement en 4 mois.
– Aujourd’hui l’association compte un emploi aidé et entre 500 et 600 sympathisants.
– Le festival du cinéma « Terre et Avenir » gagne en popularité rassemblant 500 visiteurs en 2014 et 2 600 en 2016 (dont 1200 scolaires). Les jeunes venus avec leur classe de lycée sont revenus le soir accompagnés d’autres amis et membres de leur famille.
– Le « Forum ouvert » sur la transition permet une fois par an de faire émerger les idées et les projets en fonction des préoccupations de chacun. Ces forums sont très riches et très variés. 40 personnes ont assisté au Forum ouvert de 2016, dont la moitié était « des nouvelles têtes ».
– Deux journées anti-gaspi ont été réalisées.
– Les « Café transition » ont lieu tous les mois depuis 5 ans.
– Le groupe « Cœur et Partage » a organisé des rencontres-échanges sur les plantes comestibles et manger bio et local entre autres.
– Le groupe « Tous jardiniers » organise des échanges de plantes, des permanences et l’accueil du public dans les jardins, des chantiers collectifs sur un champ d’olivier, etc. La distribution des récoltes se fait en fonction du travail fourni. Des enseignants font partie du collectif, et développent des petits potagers dans les écoles.
– La monnaie locale complémentaire « La Roue » prend de l’ampleur sur le territoire et touche 104 professionnels et 130 particuliers sur Salon-de-Provence.
– Le collectif Pays Salonais en Transition a de nombreux partenaires et essaie de tisser un maximum de liens avec les associations sur le territoire. Par exemple avec « L’œuvre des papillons blancs de Salon », un foyer de vie d’une quarantaine de personnes handicapées pour réaliser un jardin sur une partie de leur terrain.
– Un journal papier local réserve régulièrement une page d’information au Collectif Pays Salonais en Transition.
– Le collectif partage les informations et organise des formations avec d’autres territoires (Lambesc, Aix-en-Provence, Velaux, etc.) où des collectifs liés à la transition sont nés.
L’ambition du Collectif Pays Salonais en Transition est de montrer qu’il est possible d’aller vers un modèle circulaire, coopératif et générateur d’emplois. Il ne s’agit pas de développer « l’attractivité du territoire » pour faire venir les investisseurs d’un autre territoire, mais plutôt que les « investisseurs » émanent du territoire dans lequel ils se trouvent. Le collectif Pays Salonais en Transition et plus largement le mouvement des « Villes et Territoires en Transition » dans lequel il s’inscrit, vise à chercher « dans le global » les informations utiles pour mener des actions « sur le local ». Pour baisser les consommations d’énergies et atteindre la résilience du territoire, l’objectif est de relocaliser l’économie puisque de nombreux produits et services pourraient venir d’un territoire plus restreint.
– Partenaires citoyens principalement, privés (commerçants, producteurs locaux, etc.), associatifs
– Partenaires publics : globalement très peu (sur quelques actions spécifiques pour des prêts de locaux)
(1) Manque de reconnaissance des institutions à l’égard du collectif PST malgré leur volonté de créer des ponts et d’être reconnu comme acteur crédible pour venir en appui.
(2) Les manifestations publiques ponctuelles seules ne sont pas suffisantes pour entamer une réelle transition.
(3) Sur Salon-de-Provence, il est très difficile d’accéder (location ou prêt) à des terrains municipaux dans le centre-ville même s’ils sont inutilisés.
(4) La grande majorité des ressources sont humaines et bénévoles.
(5) Le mode de prise de décision basé sur une « gouvernance sociocratique » implique un apprentissage et ne doit pas entraver les actions.
(6) Difficultés pour mobiliser et rendre les gens actifs en vue d’être plus sobre énergétiquement, de manger des produits locaux, etc. alors que leurs actions s’inscrivent dans un contexte où tout pousse à la surconsommation (paradoxe).
(7)Trouver l’énergie de continuer au quotidien, des actions à la fois bénévoles et qui demandent du temps.
(1) Le collectif poursuit les actions, souhaite être exemplaire.
(2) Un véritable travail de fond par la possibilité de participer régulièrement à des groupes thématiques existants/potentiels.
(3) Ce sont des particuliers ou associations qui prêtent leur terrain pour l’instant : par exemple le haut du Foyer de vie Lou Calen (Oeuvre des Papillons blancs) à l’est de Salon ; et 700m² de terrain d’un particulier à l’ouest de Salon.
(4) Projet d’autofinancement pour générer des ressources sans rentrer en concurrence avec l’existant est en cours de réflexion.
(5) La décision est prise à partir du moment où soit « tout le monde est d’accord » soit « personne n’a d’objections » .
(6) Organiser des manifestations grand public, puis proposer des actions plus régulières en fonction des intérêts de chacun.
(7) Créer du lien et célébrer toutes les avancées réalisées par le collectif.
– Mise en place des outils comme la monnaie locale.
– Création d’emplois locaux.
– Éventuellement créer une plate-forme des alternatives locales.
– La population se pose de plus en plus de questions concernant les problèmes environnementaux et socio-économiques et essaie de se renseigner sur les solutions existantes.
– Allier manifestions ponctuelles et activités régulières pour toucher de plus en plus de monde.
– Création de groupes thématiques.
– « Le lien est l’énergie du collectif Pays Salonais » : Dynamique des réseaux (création de lien avec les adhérents, sympathisants, habitants, commerçants, associations, etc.).
– Pablo Servigne, «Comment tout peut s’effondrer », 2005.
– Rob Hopkins, The Power of Just Doing Stuff: How Local Action Can Change the World , 2013
Partager sur
Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0
Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**