
L’objectif de ce projet est que ces jeunes femmes de Diongaga soient économiquement autonomes grâce à une technologie de maraîchage novatrice augmentant substantiellement les rendements, tout en régénérant la fertilité des sols, par des hydro-rétenteurs réduisant l’eau d’irrigation et par une production toute l’année grâce à des voiles de protection anti-UV accroissant leurs revenus.
Démarrage : 2013
Lieu de réalisation : Diongaga, Cercle de Yélimané, Région de Kayes (Mali)
Budget : 67120
Origine et spécificités du financement : Conseil régional Ile-de-France, Conseil Général 94, Co-Dev Mali
Centre d’Echanges et Promotion des Artisans en Zones à Equiper (CEPAZE)
Diongaga
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L’insécurité alimentaire prévaut dans la commune avec rareté des fruits et légumes. La faible productivité est liée aux conditions climatiques extrêmes de cette région. Les femmes, traditionnellement chargées des cultures maraîchères pour les besoins familiaux, revendiquent leur statut d’actrices économiques. En réponse à leur demande, nous avons initié, avec notre partenaire local, l’ADR (Association d’appui aux Activités de Développement Rural), une nouvelle méthodologie de maraîchage qui doit rendre 100 jeunes femmes économiquement autonomes par l’accroissement de leurs revenus, tout en régénérant la fertilité des sols.
– Accroître les rendements de 1 à 5 ou 6 à l’hectare pour garantir la sécurité alimentaire et éviter la malnutrition chronique pendant la période de soudure,
– Diminuer la quantité d’eau destinée à l’irrigation de 80%, malgré souvent 50°C,
– Restaurer la fertilité des sols,
– Autonomiser les jeunes femmes par la commercialisation des surplus et la transformation des produits maraîchers grâce à l’utilisation de séchoirs solaires (projet monté en synergie) qui permettent de vendre toute l’année au lieu de vendre à perte au seul moment de la production.
Un périmètre maraîcher d’1,5 ha a été aménagé : clôture, forage, 2 citernes de 5m3, pompage solaire, rétenteurs d’eau et voiles de protection anti-UV des cultures, kits d’irrigation goutte à goutte. Tout est installé sur place. Les femmes ont fait creuser des fosses à compost par les jeunes et ont appris la manière de les remplir, ainsi que les composants nécessaires à l’obtention d’un compost biologique.
Ils pourront être évalués à l’issue du projet. A l’aune d’autres pays (cf. Annexe), les impacts sont :
– une meilleure sécurité alimentaire (rendements 100t/ha), production toute l’année, alimentation bio diversifiée ;
– social :création de 100 emplois, professionnalisation autour de la méthodologie, renforcement des capacités organisationnelles (exploitation individuelle, mais mutualisation des moyens pour la production et le stockage) et diversification de la commercialisation grâce à des séchoirs solaires), et des revenus (caisse d’épargne) ;
– économique : revenus x 10 pour lutter contre la pauvreté ;
– environnemental : réduction hydrique, fertilisants naturels (compost, etc.), lutte contre l’érosion des sols.
Ce projet doit faire de Diongaga un village pilote au Mali. La Région Ile de France, entre autres, attend les résultats pour dupliquer cette technologie novatrice, qui donne de très bons résultats dans d’autres pays sahéliens ou tropicaux (cf. Annexe).
– JTS (Les Semences du Jardin Tropical), devenue JTAgro (Jardin Tropical Agro -Agri Tropic Solutions -),
– Association d’Appui aux Activités de Développement Rural (ADR),
– Conseil Général du Val de Marne, Conseil Régional IDF, Co-Dev Mali.
– Difficulté à mobiliser les ressources: l’Île-de-France finance uniquement des investissements, et verse seulement 30 % du montant de sa subvention (12500€) au début, le solde étant versé à la fin du projet, imposant un pré-financement important. Le fait que ce projet bénéficie d’un financement multi-bailleurs, lesquels ont des exigences différentes (le Co-Dev Mali a pressé les entrepreneurs chargés d’aménager le terrain, dont certains ont une faible capacité, et d’installer les kits d’irrigation afin de pouvoir clôturer le projet). Au lieu de faire appel à une sous-soleuse qui devait retourner le périmètre sur 40cm de profondeur comme l’exige la nouvelle méthodologie, non disponible à l’époque, un tracteur l’a donc retourné sur 10 cm. Ce projet est temporairement bloqué car la sous-soleuse est maintenant disponible, mais les fonds manquent.
Une demande d’avenant a été sollicitée auprès de l’IDF, ainsi qu’une demande d’acompte.
Des arceaux métalliques gainés de plastique permettront de suivre la culture des légumes grimpants (gombos, tomates, etc.) dès que les fonds seront disponibles.
– Connaissance de l’importance des techniques d’entretien au JTA (Jardin Tropical Amélioré) par les bénéficiaires,
– Meilleure maîtrise des techniques culturales et d’entretien du JTA,
– Constat par les bénéficiaires sur les méfaits d’un apport élevé en eau.
– Connaissance des techniques de protection des cultures.
– Le partenaire local est venu en France pour être aussi formé à cette technologie
– La Région Ile de France, ainsi que certaines ONG (Agro Action Allemande) attendent avec impatience les résultats afin de les répliquer sur d’autres sites de la Région de Kayes et du Mali.
Le laboratoire de chimie de la Faculté des Sciences et Techniques de Bamako a déjà été approché afin de pouvoir répliquer localement, à moindre coût, le matériel novateur.
Jean-Marie Cordier « Innovations majeures en agronomie tropicale, Le JTA, atout de l’agrisphère tropicale pour nourrir l’humanité », Editions JTS, 2013, 175 p.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**