
La Mairie de Guiba (Région centre sud) approvisionne les cantines scolaires de sa circonscription en produits alimentaires locaux depuis 2017. Cette opération est la traduction concrète de la vision gouvernementale de privilégier les produits locaux dans les achats institutionnels. Grâce à ces commandes publiques, les produits locaux que sont l’huile, le haricot et à un degré moindre le riz, sont livrés aux cantines de la circonscription communale.
Démarrage : 2017
Lieu de réalisation : Guiba
Budget : 47000000
Origine et spécificités du financement : budget communal (Fcfa)
Mairie de GUIBA
Guiba –Guiba
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Le 31 janvier 2017, le gouvernement Burkinabè a pris un arrêté visant à prioriser les produits locaux dans les achats de denrées alimentaires par les structures étatiques. S’agissant spécifiquement de l’approvisionnement des cantines scolaires, le gouvernement a transféré les compétences et les ressources aux communes pour commander le riz, les haricots et l’huile. La mise en œuvre de cette mesure gouvernementale est effective dans la commune de GUIBA (Région Centre-Sud) depuis l’exercice 2017. Les vivres sont commandées par la mairie puis livrées aux cantines scolaires des 21 villages de la commune.
L’objectif de cette initiative est de contribuer à l’amélioration du taux de scolarisation dans les zones rurales, grâce aux cantines scolaires, en améliorant leur approvisionnement. Il s’agit aussi de promouvoir la consommation de produits alimentaires locaux.
La commune reçoit une notification budgétaire du Ministère de l’éducation, précisant le montant alloué à l’achat de vivres au profit des cantines scolaires. Ce montant est inscrit au budget communal. Après approbation du budget,un appel à concurrence est lancé pour sélectionner les fournisseurs, ceux retenus sont notifiés et doivent livrer les vivres dans un délai de 60 jours.
Un cabinet agro-alimentaire mandaté par le Ministère de l’Education procède à l’expertise du stock au magasin de transit de la commune. La mairie accuse alors réception des denrées et donne l’ordre aux fournisseurs d’acheminer les vivres dans chaque école bénéficiaire.
En 2017 et 2018, les acquisitions ont été faites par appel à concurrence et les vivres ont été livrées au mois de novembre.
– 1 opérateur a été retenu en 2017. Il en a été de même pour 2018.
– 30 écoles réparties sur 21 villages ont été ravitaillées ;
– Parmi les produits utilisés, le haricot, l’huile et le riz étuvé sont exclusivement issus de productions locales, mais pas le riz blanc.
– La dotation financière en 2017 pour cette opération était de 47 millions de Fcfa. Elle a été de 42 millions en 2018 et 2019
Achats réceptionnés en 2017
-Riz : 1430 sacs de 50 kg ; Haricot : 367 sacs de 50kg; huile : 403 bidons de 20 litres
Achats réceptionnés en 2018
-Riz : 1462 sacs de 50kg ; Haricot : 317 sacs de 50kg ; huile : 351 bidons de 20 litres
L’approvisionnement des cantines scolaires en produits alimentaires locaux via les achats institutionnels est une expérience concrète de localisation de l’alimentation.
La cantine est très importante pour maintenir les taux de fréquentation scolaire en milieu rural, et les déficits en vivres peuvent occasionner des abandons.
Le Ministère en charge de l’éducation Nationale est le principal partenaire de cette opération.
Les procédures de passation des commandes publiques sont assez lentes et retardent les livraisons. En 2018, l’un des opérateurs a contesté les résultats de l’appel à concurrence. L’autorité de régulation des marchés publics (ARCOP) a été saisie et un recours a été fait au tribunal, ce qui a retardé les délais de livraison.
Les montants alloués par le ministère ne permettent de couvrir que les besoins alimentaires d’un seul trimestre.
L’approvisionnement en riz local n’est pas encore totalement effectif. Les organisations paysannes de la circonscription communale ne sont pas très outillées pour répondre à ces marchés publics.
La description faite du riz local dans le guide de gestion des cantines scolaires élaboré par le ministère de l’éducation ne concorde pas avec la spécification faite par les marchés publics, les fournisseurs ne se voient donc pas obligés de livrer du riz local.
En cas de rupture de stocks, des cantines endogènes sont suscitées pour assurer le relais et combler le déficit, ce qui signifie que les populations villageoises contribuent à l’approvisionnement en vivres.
Une convention de fourniture de riz et haricot est envisagée avec l’Union Nationale des Producteurs de Riz. Elle permettra de passer un marché sous forme de convention en lieu et place de l’appel à concurrence, pour réduire les délais liés aux procédures.
Facteurs de réussite : la grande attention accordée au dossier cantine scolaire par la Mairie de Guiba fait que cette opération se déroule bien dans la commune. Il faut retenir que la conduite d’une telle opération requiert beaucoup de prudence, il est impératif de respecter les règles administratives pour éviter les contentieux.
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**