
Depuis plus de 10 ans, Loos N’Gourma soutient les paysans de Kantchari au Burkina Faso dans un programme de développement rural par l’agro-écologie qui a pour objectif la sécurité alimentaire et qui répond également à la progression du Sahel et aux incertitudes climatiques.
Démarrage : 2004
Lieu de réalisation : Commune de Kantchari et village de Sampiéri au Burkina Faso Province de la Tapoa
Budget : 40390
Origine et spécificités du financement : Région Nord Pas-de-Calais, Conseil Général du Pas-de-Calais, Ville de Loos en Gohelle, Fondation Nicolas Hulot, Comité Français de Solidarité Internationale / Fondation de France
Dans la région de Kantchari, l’agriculture est l’activité principale mais la pauvreté des sols, les aléas climatiques, des pratiques culturales inadaptées, le manque d’aménagement et le faible niveau d’organisation et de formation des producteurs donnent des rendements extrêmement bas avec comme corollaire une grande pauvreté. L’association Loos N’Gourma a alors proposé l’agro-écologie à son partenaire, le groupement paysan FIIMBA, une voie associant le développement agricole à la protection de l’environnement et la reconnaissance des savoir-faire paysans. La visite de centres agroécologiques et d’anciens élèves de Pierre Rabhi a incité les paysans à s’engager dans cette voie.
– Soutien à l’agriculture familiale par la promotion d’une agriculture durable et la protection de la biodiversité.
– Sécurité et souveraineté alimentaires, autonomie des communautés et lutte contre l’exode rural.
– Valorisation des savoir-faire locaux et des relations Sud-Sud ;
– Création d’une organisation paysanne de producteurs agro-écologistes.
– Développement et accès au programme pour les paysannes et paysans de Kantchari (70000 habitants).
– Favoriser la reproductibilité de l’action.
– Depuis 2005, 3 formations sont menées chaque année:6 formateurs endogènes assurent le suivi des 600 paysans. Un centre de formation avec un champ pilote a été créé en 2008 pour répondre à la demande croissante. – L’adduction d’eau depuis un barrage vers le centre de formation a encouragé le maraîchage, tout comme la réalisation de deux forages par an depuis 2011 dans les villages partenaires. Des pépinières ont assuré la sauvegarde de la biodiversité et la création d’un arborétum.
– Une ferme pédagogique complète le centre de formation depuis 2013 pour en faire une école paysanne pour les jeunes ruraux.
– Le programme s’étend à 30 villages. Sur les 600 paysans formés, 300 pratiquent au moins une des méthodes préconisées et une trentaine sont des maîtres paysans. L’augmentation des rendements se voit dès l’application des méthodes enseignées, passant de 400 kg/hectare à près de 2 tonnes.
– L’agro-écologie renforce la cohésion sociale, la participation des femmes aux projets, valorise le savoir-faire des paysans et contribue à lutter contre la désertification tout en permettant la préservation des ressources. .
– Les impacts sur la santé et la scolarisation des enfants sont visibles. Un autre effet a été le rapprochement des différentes ethnies.
– L’agro-écologie, encore méconnue il y a 10 ans, illustre par des exemples pratiques de développement local la synergie entre la lutte contre la désertification, l’adaptation au changement climatique et le maintien de la biodiversité.
– La formation et l’alphabétisation sont essentielles pour le développement et l’autonomie des communautés. Les partenariats Sud-Sud et la valorisation des ressources locales renforcent cette autonomie.
– La démarche participative, en mettant les populations au centre des décisions.
– La reproductibilité de l’action et les échanges Sud-Nord et Sud-Sud contribuent à la promotion de l’agro-écologie.
– Le groupement FIIMBA de Sampiéri, les groupements villageois de Kantchari et l’Association pour la Vulgarisation et l’Appui Agro-écologique au Sahel (AVAPAS), le Conseil National pour l’Agriculture Biologique (CNABIO), Terre et Humanisme, Caproset et les services déconcentrés de l’Etat au Burkina Faso. .
– Lianes Coopération, Agir à l’International DRAPP, Cap Solidarités, le Centre de Recherche et d’Information pour le Développement (CRID), l’Université d’Orléans, les collectivités territoriales, la Fondation Nicolas Hulot et le Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI) en France.
– Les pesanteurs sociales et culturelles, le manque d’information et l’analphabétisme.
– Difficultés d’ordre technique (accès à l’eau), économique (pauvreté de cette région débouchant sur le manque d’outils agricoles), ou commercial (importation frauduleuse des pesticides dans cette région frontalière avec le Niger).
– L’avancée du projet ne se fait pas sans heurts et soulève de nouveaux obstacles, notamment pour assurer l’autonomie du centre de formation et de l’école paysanne.
– Pour vaincre les pesanteurs sociales et culturelles, le partenariat avec l’AVAPAS a été des plus profitables et les cours d’alphabétisation ainsi que l’école paysanne y contribuent aussi, celle-ci doit cependant encore trouver son autonomie. – Pour le manque d’eau, Loos N’Gourma finance depuis 2011 deux forages par an.
– Pour les pesticides, la présence des radios locales et leur intérêt pour l’agro-écologie ont permis de réaliser et diffuser des émissions radiophoniques avec l’AVAPAS.
– Les excédents de récolte et les animaux d’embouche sont vendus et dégagent des revenus assurant le fonctionnement de la structure.
– La reconnaissance de l’école paysanne par les ministères compétents est en cours. Elle apportera un statut officiel à l’établissement et un soutien des pouvoirs publics au programme agro-écologie.
– Le renforcement des organisations paysannes est également prévu. L’objectif est de leur permettre de défendre et promouvoir l’agriculture familiale et de gagner en autonomie dans la gestion du centre de formation et de l’école paysanne.
La réussite du projet dépend essentiellement de la concertation et de l’appropriation par les populations. Les visites initiales chez les agro-écologistes ont apporté un exemple concret des vertus de l’agro-écologie, exemple qui s’est ensuite reproduit sur le champ pilote et chez les premiers paysans formés. La connaissance du milieu socioculturel est aussi importante pour adapter les enseignements. Plus généralement, l’agro-écologie est davantage une méthode qu’une technique. Basée sur les conditions du milieu et les savoirs locaux, elle s’adapte à chaque milieu sans reproduire un schéma préconçu.
Le programme développé fait déjà l’objet d’une recherche dans le cadre du programme BIOSOL mené par l’Université d’Orléans avec différents acteurs associatifs et institutionnels français et burkinabé. L’expérience de Sampiéri fait l’objet de différentes études en ethnologie, pédologie, géographie, etc. A plus long terme, les retombées sociales et économiques de ce programme conjugué aux autres actions de Loos N’Gourma pourraient être étudiées. Ce partenariat de plus de 30 ans a en effet vu le développement de la région de Sampiéri.
Les ouvrages diffusés, réalisés ou édités par le GRAD Groupe de réalisations et d’animation pour le développement
de Ravignan, F., La faim pourquoi ?
Pérez-Vitoria S., Les paysans sont de retour
Rabhi P., Du Sahara aux Cévennes ; L’offrande au crépuscule ;Le recours à la terre
Perez-Vitoria S. et Sevilla Guzman E., Petit précis d’agroécologie –nourriture, autonomie, paysannerie- – La ligne d’horizon
Robin M.-M., Les Moissons du futur
Agroécologie. Nourriture, autonomie, paysannerie, colloque d’Albi (http://www.lalignedhorizon.net/wikka.php?wakka=publicationscolloques)
Sampiéri, un choix, l’agroécologie, film Seguin B. (https://www.youtube.com/watch?v=YDiLYSU0hKU)
L’agroécologie, une solution pour l’agriculture au Nord et au Sud ?, (http://lianescooperation.org/wp-content/uploads/colloque-agroecologie-23mai2011-light.pdf)
Meunier J., Agroécologie et transition agraire en zone sahélo-soudanienne. Retour sur l’expérience de Sampiéri, Université d’Orléans
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**