
L’Institut de Coopération et de Développement (ICD) Afrique accompagne des groupements féminins au Sénégal dans la création d’activité génératrice de revenus en milieu rural (production/transformation de fruits et légumes biologiques). Une coopérative de produits biologiques a été créée, leur permettant de mutualiser les moyens et d’optimiser la génération de revenus.
Démarrage : Automne 2014
Lieu de réalisation : Sénégal
Budget : 377042
Origine et spécificités du financement : AFD, Coopération Belge, Région Wallone, Fondation du Roi Baudoin
Dans les villages ciblés, avant la mise en œuvre de ce projet, les tentatives de productions maraîchères échouaient très souvent pour deux raisons principales: le manque d’eau du fait de l’absence de puits et de bassins à proximité des périmètres maraîchers; et l’absence de clôture très problématique car les animaux d’élevage à proximité des périmètres détruisaient toutes les cultures.A cela s’ajoute l’utilisation massive d’intrants chimiques. Les Groupements de production agricole, majoritairement féminins, ne disposaient pas des moyens pour améliorer et valoriser leur production et d’en retirer des revenus. L-Afrique est présent depuis 20 ans sur ce territoire.
– Accompagner et former les femmes des GIE (Groupement d’intérêt économique) dans la création de leur activité professionnelle génératrice de revenus en milieu rural
– Sensibiliser les femmes à l’importance de pratiques agricoles biologiques pour préserver à la fois l’environnement et la santé de leur famille et des populations
– Former les femmes à la transformation de fruits et légumes afin de valoriser leur production et de s’assurer des revenus stables tout au long de l’année
– Accompagner les femmes des GIE bénéficiaires dans la structuration d’une coopérative d’achat et de vente afin d’améliorer leur pouvoir de négociation et d’optimiser leurs revenus.
– Construction d’infrastructures et dotation en matériel
– Formation technique des femmes : production et transformation de fruits et légumes, fabrication de savons biologiques, transformation d’huile d’arachides
– Formation en gestion financière et administrative, entrepreneuriat et commercialisation
– Accompagnement dans la création d’une coopérative de produits biologiques
– Sensibilisation des populations à la consommation de produits biologiques
– Le projet travaille principalement avec des femmes même si des hommes sont acceptés dans les groupements, ils n’occupent pas de fonctions de prise de décision. Le respect des procédures d’accès des femmes à la terre dans le projet est acquis.
– Plus de 20 tonnes de légumes récoltées depuis les premières récoltes.
– 100% des fruits et légumes produits selon des procédés biologiques (aucun intrant chimique n’est utilisé). L’agro-écologie a des conséquences vertueuses sur le changement climatique, la qualité de l’air, le reboisement, la dégradation des terres, la disponibilité et la qualité de l’eau, la biodiversité, etc. Les arbres fertilitaires utilisés dans les périmètres agroforestiers restaurent la fertilité des sols et également augmentent la productivité agricole de 30% sans engrais ni pesticides chimiques (qui dégagent des gaz néfastes à l’environnement). Les populations disposent ainsi de produits de qualité saine pour l’alimentation.
– Impacts sur les femmes: 294 formatrices formées, et au total près de 3000 femmes formées. Elles se sont appropriées les méthodes et l’intérêt de la production biologique. Elles savent désormais collecter des semences bio, fabriquer leurs biopesticides, utiliser des modes d’économie d’eau pour l’irrigation, pailler, faire du compost… Elles tiennent désormais une comptabilité. Près de 5 millions de Francs CFA de bénéfices réalisés depuis le début. Impact très positif sur leur autonomie et la valorisation de leur rôle socio-économique.
Le projet comporte plusieurs aspects originaux:
– Recours aux procédés de l’agriculture biologique et transformation des fruits et des légumes sur un territoire où cela n’existe pas
– Formation pratique des bénéficiaires par des voyages d’études dans une ferme-école exemplaire (Kaydara)
– Organisation en coopératives d’achats et de ventes favorisant la réduction des coûts de production, la mutualisation des moyens et la réduction de la concurrence en favorisant la complémentarité des productrices afin de leur permettre d’améliorer leur force de négociation vis-à-vis de grands commerçants et de mieux valoriser leur production.
– Partenaires institutionnels locaux : Communes concernées, Agence Régionale de Développement, Direction Régionale du Développement Rural (Tambacounda)
– Partenaires techniques : Jardins d’Afrique (agriculture biologique), APAF (agroforesterie), Enda-Pronat (formation genre), Kedge Business School (marketing)
– Partenaires financiers : Agence Française du Développement, Direction générale Coopératio au développement et aide humanitaire de Belgique, Wallonie Bruxelles International, Fondation du Roi Baudoin
– Maîtrise de l’eau : les 7 périmètres sont dotés chacun d’un seul puits à exhaure d’eau manuelle. La pénibilité du système annihile les efforts de production maraîchère soutenue pouvant être transformée en plus-value dans la génération de revenus pour les femmes
– Amendement des sols : déficit de formation des femmes sur les techniques de compostage à base de fumure organique et de mise en place des fosses à compost adaptées
– Dynamique organisationnelle et gestion entrepreneuriale : l’analphabétisme des femmes, notamment des membres du bureau, constitue un obstacle de taille par rapport à la tenue des outils de gestion. Cela impacte fortement l’esprit entrepreneurial recherché chez ces GIE.
– Equiper les puits en pompes solaires pour réduire la pénibilité de l’exhaure d’eau et permettre aux femmes de mieux s’occuper d’autres activités comme la transformation et la valorisation de leurs productions
– Renforcer les capacités en technique d’amendement des sols par le compostage et d’autres techniques d’acquisition de fumure organique
– Développer chez les femmes l’alphabétisation fonctionnelle par l’ouverture de classes d’alphabétisation pour améliorer la tenue des outils de gestion et le suivi des indicateurs de réussite de leurs activités
– Disponibilité permanente de l’eau pour un arrosage régulier et raisonné
– Augmentation progressive et durable des productions
– Transformation des produits pour une plus-value
– Augmentation et valorisation des revenus générés par l’activité dans des secteurs comme la santé, l’éducation, l’habitat, etc.
– Visibilité de la production bio de qualité en quantité suffisante pour les consommateurs
– Promotion sociale et politique obtenue grâce à la puissance économique générée par l’activité
– Bonne mobilisation des bénéficiaires grâce à l’intégration du projet dans l’environnement socioéconomique et culturel
– Impact positif du programme en tant que réponse à une demande sociale exprimée
– Partage d’expérience avec les acteurs intervenant dans les domaines similaires
– Mise à disposition des connaissances et des savoirs auprès des populations pour une large appropriation et une vulgarisation de la méthode
– Thème de recherche : Phyto-parasite/Protection des végétaux : Etablir un calendrier répertoriant tous les types de maladies et de ravageur responsable. Utilisation de feuilles de différentes variétés d’Acacia Nilotica pour les transformer en poudre afin de produire un pesticide bio. Déterminer le dosage et la fréquence des traitements selon la saison
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Pour citer un texte publié par RESOLIS:
Petit Monique, « Atelier 44, un atelier de menuiserie où l’esprit et le geste ne font qu’un », **Journal RESOLIS**