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SLIME – Services Locaux d’Intervention pour la Maîtrise de l’Energie

Résumé : Le SLIME vise à massifier le repérage des ménages en précarité énergétique. Il est mis en œuvre par une trentaine de collectivités locales. Les ménages sont identifiés par un réseau de donneurs d’alerte. Ils bénéficient ensuite d’un diagnostic sociotechnique à leur domicile, et sont orientés vers des solutions adaptées (aide à la rénovation, tarifs sociaux de l’énergie, conseils budgétaires, etc).

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Programme

  • Démarrage : Janvier 2013
  • Lieu de réalisation : France
  • Budget : 2000000 €
  • Origine et spécificités du financement : Collectivités locales

Organisme(s)

  • CLER (Réseau pour la transition énergétique)
  • 47 avenue Pasteur
  • 93100 Montreuil
  • Salariés : N/C
  • Bénévoles : 220
  • Adhérents : 11
Site Internet

Localisation

Comité de lecture

  • Date de lecture de la fiche :  18/06/2015
Appréciation(s) du comité : Impacts élevés !
Solution(s) : Coordination des actions Précarité énergétique
Pays :  France, Île-de-France
Envergure du programme :  Nationale
Opérateur(s) :  Établissement Public, Association, ONG
  • Bénéficiaires :  Population urbaine, Population rurale
  • Domaine(s) :  Logement, Énergie, Budget

Fiche collectée dans le cadre du programme RESOLIS « Précarité énergétique »

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0 ( http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/ )
Pour citer un texte publié par RESOLIS : Zeroual Bouchra , « SLIME – Services Locaux d’Intervention pour la Maîtrise de l’Energie », **Journal RESOLIS** (2015)

Origines et contexte du programme

Le CLER, Réseau pour la transition énergétique a coordonné le projet européen Achieve (2011-2014) qui a permis la réalisation de visites au domicile de ménages en précarité énergétique en France et plus de 1900 en Europe. Il s’est également appuyé sur une analyse comparée de dispositifs de lutte contre la précarité énergétique, rédigée par des sociologues de l’énergie qui préconise la réalisation systématique d’une visite au domicile du ménage en précarité énergétique. Fort de ces retours d’expériences, en tant que coanimateur du réseau RAPPEL, le CLER a proposé de déployer le programme SLIME, avec une coordination nationale et l’éligibilité aux certificats d’économies d’énergie.

Objectifs du programme

L’objectif d’un SLIME est d’intervenir rapidement et massivement auprès des ménages en difficulté dans leur gestion de l’énergie. Le dispositif SLIME cherche à :

- identifier les ménages en situation de précarité énergétique par l’organisation d’une chaîne de détection

- aider ces ménages à réduire leurs consommations et leurs factures d’énergie et d’eau

- organiser la chaîne des acteurs à même de proposer des solutions au cas par cas

Actions mises en oeuvre

Une collectivité qui pilote un SLIME met en œuvre les actions suivantes.
- sensibiliser et impliquer les « donneurs d’alerte » locaux en leur proposant une procédure simple de signalement
- effectuer des visites à domicile pour identifier les ménages concernés, et leur fournir gratuitement des conseils et des petits équipements d’économies d’eau et d’énergie
- orienter les ménages vers des solutions durables et locales leur permettant de sortir de la précarité énergétique
- mobiliser et impliquer les acteurs du territoire, grâce à un animateur SLIME désigné par la collectivité

résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs, des actions mises en oeuvre

Fin 2014 : 22 collectivités ont piloté un SLIME. Il s’agit de :
- Conseils généraux : Gers, Lot, Bas-Rhin, Jura, Aude, Pas-de-Calais, Hérault
- Communautés d’agglomération : Cap Calaisis, Pays de Romans, Pays de Montbéliard
- Communautés de communes : Lamballe Communauté, Lodévois-Larzac, Montagne Noire
- CCAS : Liffré et Saint-Etienne
- Communauté urbaine : Brest Métropole Océane
- Villes : Bordeaux, Ganges, Loos-en-Gohelle, Montfermeil, Saint-Etienne
- Conseil Régional de la Réunion
En 2015, le Conseil général du Maine et Loire et la Ville des Mureaux démarreront également un SLIME.

Ces dispositifs représentent une dépense totale de 2,7 millions d’euros pour lutter contre la précarité énergétique. Fin 2013 : près de 500 ménages ont reçu une visite à domicile. Au total, ce sont près de 7000 visites à domicile qui sont programmées sur la période 2013/2014.

Originalité du programme

Le SLIME s’est construit à partir de dispositifs existants. Sa méthodologie n’est pas donc pas originale, même si son efficacité est éprouvée.
En rendant uniquement les collectivités locales éligibles au programme, le CLER a souhaité s’assurer que le SLIME dépasse le stade de dispositif de visites à domicile mais peut devenir un véritable outil d’animation territoriale pour la lutte contre la précarité énergétique.

Partenariat(s) développé(s) dans le cadre du programme

Au niveau local, les collectivités travaillent avec de nombreux acteurs, qui diffèrent selon les territoires et qui peuvent être : les CCAS, les structures porteuses d’espace info énergie, les opérateurs logement de l’Anah, les associations de consommateurs, les acteurs de l’auto-réhabilitation…
Au niveau national, le CLER anime un comité de suivi qui réunit l’ADEME, la DGEC, l’ANAH, la Fondation Abbé Pierre (qui soutient également les SLIME localement), l’Assemblée des départements de France, l’Association des Régions de France et 2 sociologues de l’énergie.

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés durant la mise en oeuvre du programme :

Les collectivités peuvent rencontrer des difficultés à chaque étape du SLIME (identification, diagnostic sociotechnique, orientation).
Concernant l’identification, les travailleurs sociaux (1ers donneurs d’alerte mobilisés) manquent de temps et parfois d’intérêt pour le sujet. Sensibiliser une diversité de donneurs d’alerte est un travail fastidieux et répétitif, auquel les animateurs doivent consacrer beaucoup de temps, de pédagogie et d’énergie. Le secteur de la santé, par exemple, est difficile à atteindre, alors que ces intervenants sont en contact avec les ménages visés par le programme.
Le diagnostic sociotechnique est une activité nouvelle à développer et à professionnaliser à grande échelle, afin que les collectivités et leurs partenaires puissent s’appuyer sur des compétences identifiées.

Pour l’orientation, il s’agit de mettre en lien le ménage avec la solution préconisée. La principale difficulté n’est pas l’identification des solutions, mais leur rareté, leur inadaptation aux situations sur certains territoires.

Du point de vue du CLER, nous oeuvrons pour que de plus en plus de collectivités adhèrent au SLIME. Outre la motivation des collectivités à y participer (le programme est mis en œuvre de façon volontaire), le principal levier est financier. La valeur des certificats d’économie diminue fortement (environ 20% des dépenses des collectivités remboursé via le programme en 2014 contre 30% fin 2012). Le taux de valorisation des CEE est presque 4 fois plus faible pour le SLIME comparé à d’autres programmes, alors que le programme s’adresse aux ménages les plus vulnérables.

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

Les premières réponses apportées par le CLER sont :
- l’organisation d’un séminaire annuel pour donner un espace de retour de bonnes pratiques et de partage d’expériences aux collectivités et partenaires opérationnels.
- la conception et la diffusion d’une formation nationale sur le diagnostic sociotechnique. 29 formateurs sont en capacité de former les chargés de visites partout en France
- la mise à disposition d’un logiciel de suivi et de gestion des visites à domicile (en cours de démarrage)
- l’interpellation de la Direction générale énergie climat pour une meilleure valorisation des CEE produits dans le cadre du SLIME
- la formalisation des retours d’expériences, d’une évaluation qualitative et quantitative et des modalités concrètes de mise en œuvre au moyen d’un site web (avec boite à outils) et d’un guide de démarrage papier

Améliorations futures possibles :

- Proposer un module de sensibilisation à la précarité énergétique à destination des donneurs d’alerte
- Développer des partenariats de diffusion avec les structures en lien avec les collectivités (associations de collectivités par exemple)

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou transposition du programme :

- Le levier financier lié aux certificats d’économies d’énergie
- Une méthodologie complémentaire (et non supplémentaire) aux dispositifs existants
- Mise à disposition d’une hot line pour monter son dispositif
- Souplesse de la méthodologie qui permet aux collectivités d’adapter le dispositif à son contexte local et aux actions existantes
- Présence d’un comité de suivi (cf paragraphe 6) qui réunit des experts de la question de la précarité énergétique et aide à construire une vision stratégique pour le développement du SLIME

Idée de sujet(s) de recherche fondamentale ou appliquée, utile(s) pour le présent programme :

La mobilisation des donneurs d’alerte : nous le faisons de manière un peu intuitive, avec des outils et des arguments, qui doivent être adaptés aux différents publics. Nous avons besoin de trouver les arguments selon les types de donneurs d’alerte, la bonne posture de la part de l’animateur (pendant les temps de sensibilisation), identifier la fréquence, la méthode pour que les donneurs d’alerte s’approprient le SLIME.

Références bibliographiques

Beslay C., Gournet R., Zélem M.-C, Huzé M.-H, Cyssau R. « Analyse socio-technique comparée des dispositifs de réductions des situations de précarité énergétique et construction de stratégies d’intervention ciblées » Programme PREBAT ADEME-PUCA. (2010)

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