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Projet de sécurité alimentaire renforcée par l'élevage (SAREL) et d'appui au secteur de l'élevage (PASEL) au Niger

Résumé : Les projets SAREL et PASEL, opérant depuis 2003 dans la région de Dakoro au Niger, visent à lutter contre la vulnérabilité grandissante des éleveurs, par un appui technique et logistique des sociétés pastorales, ciblé sur l’accès aux services sanitaires pour les animaux, la gestion des conflits, et une meilleure gouvernance.

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Programme

  • Démarrage : année 2003
  • Lieu de réalisation : Région de Dakoro, Niger
  • Budget : 3000000
  • Origine et spécificités du financement : Fonds Belge de Sécurité Alimentaire, et en partie Vétérinaires sans Frontières

Organisme(s)

  • Karkara
  • Niger
  • BP 2045 Niamey
  • Salariés : N/C
  • Bénévoles : N/C
  • Adhérents : 19
Site Internet

Comité de lecture

  • Date de lecture de la fiche :  12/05/2014
Solution(s) : Environnement
Pays :  Niger
Envergure du programme :  Internationale, Locale
Opérateur(s) :  Association, ONG
  • Bénéficiaires :  Population rurale, Populations nomades
  • Domaine(s) :  Participation citoyenne

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0 ( http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/ )
Pour citer un texte publié par RESOLIS : Ibrahim Habibou , « Projet de sécurité alimentaire renforcée par l'élevage (SAREL) et d'appui au secteur de l'élevage (PASEL) au Niger », **Journal RESOLIS** (2014)

Origines et contexte du programme

De par les évolutions climatiques et démographiques, Dakoro est le théâtre d’intenses conflits entre populations sédentaires agricoles et nomades pastorales, principalement autour des questions foncières. Le système d’appartenance des terres et ressources (points d’eau, etc.) est complexe car trois registres de droit s’entremêlent (traditionnel, islamique, moderne). Les éleveurs sont dans ce contexte très affaiblis, aussi bien par ces conflits que par une situation économique de plus en plus difficile.

Objectifs du programme

Le but des programmes mis en place est d’améliorer les conditions de vie des éleveurs de la région de Dakoro. Cela passe par deux axes principaux : une optimisation de la gestion des animaux (aide technique, médicale, etc.), et la constitution d’une « force politique », c’est-à-dire une meilleure gouvernance des sociétés pastorales pour faire entendre leurs droits dans les questions de gestion des ressources naturelles et des conflits fonciers.

Actions mises en oeuvre

• mise en place de services vétérinaires de proximité (cliniques, campagnes de vaccination), réseaux des auxiliaires d’élevage (éleveurs ayant reçu une formation en santé animale)
• formation des éleveurs à l’agriculture liée à l’élevage (conservation des tiges de mil, d’herbe fraîche)
• mise en place de boutiques d’intrants zootechniques, de banques céréalières
• 71 ateliers intercommunautaires mis en place, auxquels ont participé agriculteurs, éleveurs, chefs traditionnels, maires, associations, ONG, etc.
• délimitation de couloirs de passage pour les éleveurs, suite à des discussions avec l’ensemble des acteurs publics et privés (47 points de passage balisés, 800km de couloirs pastoraux réalisés, et 128 comités de surveillance de ces couloirs créés).

résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs, des actions mises en oeuvre

• 50000 animaux vaccinés par an (contre 9000 avant le projet)
• meilleur rendement des animaux, diminution des maladies animales (épizooties)
• meilleur système d’information sanitaire, éleveurs maîtrisent mieux la santé de leurs bêtes
• conflits apaisés (presque zéro conflits autour des couloirs de passage balisés)

Originalité du programme

Les éleveurs ont développé de nouveaux savoir-faire (stock alimentaire par conservation du fourrage et tige de mil, complémentation stratégique des animaux faibles et d’usages domestiques, vaccination des animaux par les agents auxiliaires de services vétérinaires). L’introduction d’agents de santé animale, le renforcement des associations pastorales ainsi que les réunions intercommunautaires sont aussi des éléments originaux à Dakoro.

Partenariat(s) développé(s) dans le cadre du programme

Associations pastorales, Commission Foncière Départementale du Niger, chefs traditionnels, maires, représentants des agriculteurs, Vétérinaires Sans Frontières, Ministère Belge des Affaires Etrangères, par l’intermédiaire du Fonds belge pour la sécurité alimentaire.

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés durant la mise en oeuvre du programme :

Les éleveurs furent, au départ, réticents à changer leurs pratiques. L’Etat est peu impliqué dans ces enjeux socio-économiques, et l’inapplication du code rural est de mise.

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

Le constat des premières améliorations a encouragé les éleveurs dans l’évolution de leurs pratiques. Le désengagement de l’Etat a forcé les éleveurs à s’organiser eux même, d’où une émergence d’associations pastorales qui sont le pivot d’une collaboration entre l’ensemble des acteurs (éleveurs, agriculteurs, ONG, autorités étatiques et traditionnelles, etc.)

Améliorations futures possibles :

Les innovations de gouvernance présentées ici (comme les associations pastorales) méritent d’être approfondies, pour consolider les actions mises en œuvres, et accéder à une solidité et une durabilité pas encore acquises.

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou transposition du programme :

La prise en compte des valeurs sociales, la responsabilisation des associations d’éleveurs et les institutions traditionnelles de gestion de la terre ont permis d’aboutir à des projets consensuels et négociés. Toute sécurisation foncière doit s’appuyer sur un processus participatif pour fonctionner correctement.

Idée de sujet(s) de recherche fondamentale ou appliquée, utile(s) pour le présent programme :

Agriculture et élevage dans la région de Dakoro au Niger

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