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Précarité énergétique : Zoom sur une action d’accompagnement à domicile

Résumé : Face à l’importance des impayés d’énergie dans une partie du Vaucluse (Nord Vaucluse), le CEDER a mis en place une action préventive d’accompagnement à domicile pour aider des familles locataires et bénéficiaires des minima sociaux à maitriser leurs factures d’énergie.

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Programme

  • Démarrage : Mai 2010 à juillet 2010 puis novembre 2010 à février 2011
  • Lieu de réalisation : Haut Vaucluse
  • Budget : 35375 €
  • Origine et spécificités du financement : Fonds Départemental Unique de Solidarité Logement (FDUSL)
  • Télécharger l’annexe n°1

Organisme(s)

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Localisation

Comité de lecture

  • Date de lecture de la fiche :  15/06/2014
Appréciation(s) du comité : Source d’inspiration !
Solution(s) : Précarité énergétique
Pays :  France, Provence-Alpes-Côte d'Azur
Envergure du programme :  Locale
Opérateur(s) :  Association, ONG
  • Bénéficiaires :  Universel, Bottom Of the Pyramid (BOP)
  • Domaine(s) :  Énergie

Fiche collectée dans le cadre du programme RESOLIS « Précarité énergétique »

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0 ( http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/ )
Pour citer un texte publié par RESOLIS : Pellerey Laëtitia , « Précarité énergétique : Zoom sur une action d’accompagnement à domicile », **Journal RESOLIS** (2014)

Origines et contexte du programme

L’action est partie du constat que le Haut-Vaucluse concentrait la plus forte demande d’aides curatives au paiement des factures de tout le département : avec un taux de 33% sur toutes les demandes du département. Afin de traiter le problème en profondeur et d’en éliminer les causes plutôt que les symptômes, une action préventive a été mise en place en 2010 de façon expérimentale.

Objectifs du programme

- Réduire la consommation énergétique et/ou améliorer le confort des familles suivies
- Nombre de familles concernées : 30
- Public ciblé : des locataires, en priorité les bénéficiaires du RSA, et les bénéficiaires de minima sociaux, présentant des factures d’énergie élevées ou ayant demandé à plusieurs reprises des aides au paiement des factures.

Actions mises en oeuvre

- Repérage par le travailleur social qui signale le ménage au CEDER par une fiche de liaison. Le ménage se voit alors proposé l’accompagnement, qu’il peut choisir de suivre sur la base du volontariat.
- Mise en place de 3 visites effectuées par la responsable chargée de la lutte contre la précarité énergétique au sein de CEDER (2 phases de test, mai-juin et octobre décembre, 15 familles par test et 1 visite par mois sur 3 mois) :
• 1ère visite (en présence d’un travailleur social) : prise de contact, diagnostic logement et comportement, préconisation petits travaux (entre mai et juillet 2010)
• 2ème visite : remise du matériel économe, engagement de la famille à appliquer les gestes d’économie d’énergie
• 3ème visite : bilan de l’action
- Création d’un fonds spécial permettant d’allouer un budget de 500€ par famille pour financer le matériel économe ou des petits travaux
- Répartition du temps consacré à l’action : 105 jours au total
• Visites à domiciles : 3 demi-journées par famille soit 90 jours au total
• Montage et suivi du projet (création des outils, réunions avec les travailleurs sociaux, etc…) : 5 jours
• Logistique (achat du matériel et suivi des stocks) : 10 jours

résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs, des actions mises en oeuvre

- Quantitatifs (comparaison des factures avant-après) :
• Une première évaluation un an après a permis de mesurer des économies pouvant aller jusqu’à 540€ (énergie et eau)
• Les économies totales réalisées ont été de 5454€ pour un investissement de 35375€.
- Qualitatif (questionnaire) :
• 93% des participants déclarent avoir ressenti le besoin d’être accompagnés à domicile pour mettre en place et s’approprier les gestes d’économie d’énergie
• La période hivernale apparaît comme le meilleur moment pour mettre en place ce type d’action : l’augmentation des factures d’énergie en hiver incite les ménages à envisager ce type d’action.
• Plus-value sociale : Les familles se sentent actrices du changement, voire valorisées : l’appropriation du savoir transmis leur permet de le partager avec des voisins, de se sentir plus légitime pour faire part du besoin de travaux à leur propriétaire, ou se réapproprier leur logement (peinture, petits travaux...)
• Les familles suivies avec des techniques de « communication engageante » ont mieux appliqué les recommandations d’économie d’énergie (voir facteurs de réussite)

Originalité du programme

Ce programme est intéressant en tant que bonne pratique, et tire son originalité de la qualité du suivi et de l’évaluation des actions et des résultats. Celle-ci a pu être possible car les bailleurs ont accepté de financer l’évaluation à part entière, un an plus tard, ce qui a permis d’affecter du temps et des ressources humaines à cette partie souvent délaissée du cycle de projet. Cette évaluation de l’efficacité et de la pertinence des actions expérimentales est indispensable à leur transposition, généralisation ou pérennisation, afin de savoir ce qu’il est possible de reproduire.

Partenariat(s) développé(s) dans le cadre du programme

- Financements : Unité territoriale du Haut-Vaucluse, Service Solidarité Logement du Conseil Général (CG84), ADEME, Conseil Régional (PACA), Fédération Caisse d’Epargne PACA-Corse.
- Accompagnement : coopération avec les travailleurs sociaux des centres médico-sociaux afin d’apporter une compétence d’accompagnement social (et les pôles solidarités des fournisseurs historiques)

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés durant la mise en oeuvre du programme :

- Suivi des consommations : difficile d’évaluer les économies réalisées car peu de familles conservent une trace de leur facture des années précédentes
- Pertinence de l’accompagnement par un travailleur social : la présence du travailleur social est un facteur fortement influent, positivement ou négativement :
• Dans certain cas (la majorité) il a été constaté que le ménage se livrait plus facilement lorsque le travailleur social n’était pas là (lors des 2ème et 3ème visites), sans doute par peur d’être jugé en révélant certains comportements à une personne qui les suit régulièrement.
• Dans certain cas (les ménages les plus en difficulté), il a été constaté que la présence d’un travailleur social permettait de centrer la visite sur le thème de l’énergie.

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

- Suivi des consommations : grâce au partenariat des centres sociaux avec les plateformes solidarité des fournisseurs d’énergie, mise en place d’espaces privés en ligne permettant aux familles de consulter leurs factures lorsque celles-ci avaient été perdues.

Améliorations futures possibles :

- Meilleure évaluation qualitative et surtout quantitative des effets de la « communication engageante »
- Ajustement de l’accompagnement par un travailleur social en fonction des familles concernées

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou transposition du programme :

- Appui d’une chercheuse en « communication engageante » et « méthodologie du changement de comportement » (Valérie Fontiat, Professeur des universités, Université Paul Verlaine, METZ ) afin de mieux présenter la démarche et de favoriser une bonne acceptation et une bonne appropriation des conseils par les familles : les résultats ont été visibles sur les comportements.

Pour en savoir plus

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