Logo L’oiseau bleu

POPS -Point Précarité Santé- : favoriser l’accès à la santé des personnes en situation de précarité en Isère

Résumé : Créé en 1994, le PoPS (Point Précarité Santé) est un service de l’association l’Oiseau Bleu. Il intervient sur le département de l’Isère. Des accompagnements santé individuels, des actions collectives d’éducation à la santé ou encore des appuis auprès des professionnels contribuent à faire du droit et de l’accès à la santé une réalité même pour les personnes les plus démunies.

Partager cette fiche

Programme

  • Démarrage : Décembre 1994
  • Lieu de réalisation : Isère
  • Budget : N/C
  • Origine et spécificités du financement : ARS Rhône-Alpes, Département Isère, Grenoble Alpes Métropole, Mildeca, municipalités, prestations

Organisme(s)

  • L’oiseau bleu
  • 5 place de l’Eglise
  • 38610 Gières
  • http://www.oiseaubleu38.fr
  • Salariés : 82
  • Bénévoles : 5
  • Adhérents : 43
Site Internet

Localisation

Comité de lecture

  • Date de lecture de la fiche :  16/10/2015
Appréciation(s) du comité : A généraliser !
Solution(s) : Santé
Pays :  France, Auvergne-Rhône-Alpes
Envergure du programme :  Locale
Opérateur(s) :  Association, ONG
  • Bénéficiaires :  Bottom Of the Pyramid (BOP)
  • Domaine(s) :  Santé, Droits fondamentaux, Coopération

Fiche collectée dans le cadre du programme RESOLIS « Pauvreté France » (Grenoble)

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0 ( http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/ )
Pour citer un texte publié par RESOLIS : Lecarpentier Camille , « POPS -Point Précarité Santé- : favoriser l’accès à la santé des personnes en situation de précarité en Isère », **Journal RESOLIS** (2015)

Origines et contexte du programme

L’action a commencé en 1994 auprès des allocataires du RMI (Revenu Minimum d’Insertion, aujourd’hui devenu RSA), à l’époque où il n’y avait pas encore de CMU (Couverture Maladie Universelle). L’accès aux soins leur était donc très difficile. La DDASS (Direction Départementale des Affaires Sociales, dissoute en 2010) a mandaté l’association L’Oiseau Bleu pour porter un service expérimental composé d’un médecin et d’une infirmière, afin d’aider à la prise en compte de la santé des bénéficiaires du RMI. Aujourd’hui, le service PoPS est composé d’un médecin, d’une chargée de missions, de 5 infirmières animatrices santé et d’une médiatrice en santé soit 6,73ETP.

Objectifs du programme

Objectif général : faciliter l’accès à la santé (droit, prévention, et soins) des personnes en situation de précarité.
Le public visé :
- Personnes en situation de précarité : allocataires du RSA, jeunes, travailleurs pauvres, migrants,….
- Professionnels en lien avec ce public

Actions mises en oeuvre

Cette action s’organise autour de trois missions interdépendantes :
- Accompagnement santé individuel : réalisé par une infirmière et généralement proposé par un travailleur social avec l’accord de la personne, il est global (accès aux droits, aux soins, et à la prévention). Il s’entend tel que d’écrit dans la « charte de l’accompagnement santé individuel ». Il doit s’adapter à la personne pour la fréquence, la durée et le lieu des rencontres (y compris à domicile). L'objectif est d’amener la personne à prendre en charge par elle-même sa santé et qu’elle puisse faire appel aux structures de droit commun.
- Actions de promotion de la santé en fonction des besoins : Interventions collectives d’éducation à la santé auprès de groupes (adultes et jeunes en insertion, cours de Français Langue Etrangère, …) pour aborder le thème de la santé, et selon les demandes, des thématiques plus spécifiques (alimentation, sommeil, travail,…).
- Appui auprès des professionnels et institutions : soit par des conseils ponctuels, par exemple sur une situation ou un cas particulier, soit par des appuis méthodologiques, par exemple sur le montage d’un projet « santé précarité » ou l’organisation d’un événement sur cette thématique.

résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs, des actions mises en oeuvre

- Accompagnement individuel : en 2015, 51% des personnes bénéficient de la CMUc à l’entrée dans l’accompagnement. 14% ont une mutuelle, 17% n’ont pas de complémentaire et 14% n’ont aucune protection. 4% ont l’AME. A la fin de l’année, les personnes sans complémentaire ne sont plus que 5%, 74% ont la CMUc, il n’y a plus que 2% de personnes sans protection.
- En 2015, le service a réalisé 146 accompagnements sur le long terme, ainsi que des appuis ponctuels auprès de 77 personnes. Des permanences auprès de missions locales et PIMMS ont permis de rencontrer 225 personnes.
- Actions collectives : en 2015, 137 animations ont été réalisées dans 67 structures, soit près de 1427 personnes participantes. S’y ajoutent 5 forums qui ont touché 215 personnes et 2 expositions (sur l’alcool et l’hygiène) qui ont été diffusée auprès de 560 personnes environ.
Au total, ce sont environ 2650 personnes qui ont été touchées en 2015.
- Appui professionnel : 556 professionnels de plus d'une centaine de structures ont bénéficié de conseils et d’accompagnements en 2015

Originalité du programme

- L’aller vers : peu de structures ont encore la possibilité d’aller jusqu’au domicile des personnes pour rendre plus accessible leurs services
- L’adaptabilité aux besoins : tant en accompagnement individuel qu’en séances collectives, le PoPS adapte ses interventions en fonction des besoins et des souhaits des personnes
- La connaissance de la thématique santé-précarité, qui est transversale et donc difficile à traiter
- Apprendre et agir ensemble : s’appuyer sur la parole et l’expérience du public (connaissances, représentations, comportements, compétences) et sont étayées par des apports théoriques et pratiques.

Partenariat(s) développé(s) dans le cadre du programme

Institutions : ARS, CG, CPAM, IREPS (Institut Régional Education et Promotion de la Santé, Mutualité Française, missions locales, CCAS, communes, ONG, services d’addictologie
Travail partenarial : une centaine de partenaires sur l’ensemble du département : précarité et santé

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés durant la mise en oeuvre du programme :

- Accès aux droits : difficultés administratives, notamment de demandes récurrentes de papiers justificatifs, qui rendent les démarches longues et complexes.
- Refus de soin : difficultés persistantes avec certains médecins car tous ne sont pas réceptifs et coopératifs
- Territoire vaste et demandes croissantes ; difficile d’y faire face avec des moyens qui eux restent constants, d’autant plus qu’une partie du département est rurale et montagneuse, ce qui rend plus difficile l’accès aux soins des personnes notamment les plus isolées.
- Urgence : beaucoup de situations sont prises tardivement et sont donc plus ancrées et difficiles à traiter, avec des répercussions plus graves sur la santé.

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

- Demandes de financements pour augmenter les moyens
- Continuer à faire de la médiation avec les praticiens afin d’améliorer la prise en charge des personnes, accompagner les personnes qui acceptent de porter plainte
- Partenariats forts et nombreux qui permettent d’adapter les actions aux difficultés et particularité de chaque personne.

Améliorations futures possibles :

Nous cherchons à étendre nos actions afin de répondre aux besoins que nous avons identifiés mais cela demande des moyens supplémentaires. Comment faire avec plus de demandes et moins de moyens ?

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou transposition du programme :

Connaissance du public et adaptabilité : lorsqu’on s’adapte aux besoins et aux demandes des personnes plutôt que de leur imposer une forme d’aide, le public est plus en confiance, il délivre plus de choses et assimile plus facilement les conseils donnés.
- Prendre en compte la personne dans sa globalité : intervention sur la santé mais en faisant attention à tout ce que la personne peut dire sur les autres aspects de sa vie (emploi et logement) pour l’orienter vers les structures partenaires compétentes dans ces domaines. L’écoute et l’empathie indispensable à la prise en compte de la personne dans sa globalité permettent de faire émerger ses besoins et de traiter les situations plus profondément, plutôt que juste les symptômes.
- Expérience et évaluation : actif depuis 1994, le PoPS a plus de 20 ans d’expérience de terrain, et connaît les obstacles à éviter, les erreurs à ne pas répéter, les facteurs de réussite et leviers à mettre en œuvre, notamment grâce à une démarche volontaire d’évaluation constante de ses actions

Conseils pour une généralisation :
• Aller vers et agir avec
• Ne pas agir seul : avoir connaissance des actions similaires et de leur retour d’expérience, et avoir un réseau de partenariat fort pour démultiplier sa force d’action.

Partager cette fiche
Télécharger la fiche