Logo Frères Poussière

Le Théâtre des poussières, maison de la culture solidaire

Résumé : Frères Poussière est une association d’action artistique et culturelle basée à Aubervilliers, qui co-construit des projets avec des associations ou des acteurs locaux. Ces projets ont vocation à encourager des rencontres et des échanges inattendus entre des acteurs d’horizons très différents.

Partager cette fiche

Programme

  • Démarrage : 2005
  • Lieu de réalisation : Aubervilliers
  • Budget : 80000 €
  • Origine et spécificités du financement : Subvention municipale, appels à projet, fondations privées

Organisme(s)

Site Internet

Localisation

Comité de lecture

  • Date de lecture de la fiche :  27/03/2015
Appréciation(s) du comité : A généraliser !
Solution(s) : Culture, sport et loisirs Education
Pays :  France, Île-de-France
Envergure du programme :  Locale
Opérateur(s) :  Association, ONG
  • Bénéficiaires :  Universel
  • Domaine(s) :  Culture

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0 ( http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/ )
Pour citer un texte publié par RESOLIS : Roussel Guliain , « Le Théâtre des poussières, maison de la culture solidaire », **Journal RESOLIS** (2015)

Origines et contexte du programme

Le projet est né de la volonté d’ouvrir un théâtre dans la ville d’Aubervilliers. Mais quelques années plus tard, le bâtiment est jugé dangereux car il ne répond pas aux normes de sécurité, ce qui pousse l’association à devoir diversifier ses actions. Ces changements s’accompagnent d’une étude de terrain auprès des associations et de « personnes relais » pour dresser un état des lieux du quartier, des besoins et des attentes des habitants. Cela a mené à la philosophie actuelle de l’association et des actions qu’elle mène : s’éloigner du côté trop élitiste des lieux culturels et se proposer comme un lieu d’échanges d’idées et de savoir-faire, au lieu d’être un « distributeur de culture ».

Objectifs du programme

- L’objectif majeur est la « perméabilité » : créer un espace qui favorise des rencontres qui n’auraient pas lieu ailleurs : entre des cultures, des savoir-faire, des publics très différents.
- Transformer le regard des habitants sur leur territoire, physique ou social, grâce à ces échanges
- Rompre avec l’offre souvent trop élitiste des associations culturelles et s’ouvrir au public le plus large possible

Actions mises en oeuvre

- L’open théâtre (une fois par mois) : temps de rencontres et d’échanges informel entre personnes appartenant ou non à l’association. Propice à l’émergence de nouveaux projets
- La déambulation des lanternes (une fois par an depuis trois ans) : grand moment de rassemblement et de fédération dans un lieu public : maison de quartier, jardin partagé… et marche collective
- Atelier de sérigraphie (toutes les semaines depuis janvier 2015) : rassemblement des gens du quartier autour d’un savoir-faire particulier
- Activités ponctuelles et diverses co-construites avec des associations locale, telles que des ateliers cuisine, des ateliers d’apiculture (avec les ruches de l’association !) ou des bals, dont la programmation est évolutive (autour d’un atelier par mois)
Toutes ces activités sont ouvertes au public sans obligation d’adhérer à l’association
- Accueil à résidence de compagnies théâtrales
- Collaboration avec des associations étrangères (britannique, indienne) pour créer des rencontres ponctuelles et des échanges

résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs, des actions mises en oeuvre

Nette augmentation de la participation des gens aux activités
- L’open théâtre rassemble de 3 à 50 personnes tous les mois
- En 3 ans, la participation à la déambulation des lanternes est passée de 100 à 1000 personnes
- Les 4 bals qui ont eu lieu en 2014 ont rassemblé chacun une centaine de personnes
- En février 2015, le nombre d’abonnés à la newsletter de l’association s’élève à 700 personnes (l’abonnement à la newsletter est entièrement volontaire)
Des rencontres avec des personnes extérieures au projet ont conforté l’association dans ses actions, notamment des partenaires comme le programme européen sur l’éducation, ou des chercheurs à l’instar de Luc Bazin.

Originalité du programme

- La « perméabilité » dans les échanges entre acteurs, favorisée par l’association. Les acteurs sont trop souvent isolés les uns des autres dans les associations, ce qui peut nuire au développement local
- La rupture avec l’élitisme des lieux culturels qui ont tendance, en banlieue parisienne notamment, à être un « Paris délocalisé ». Dans cette optique, l’association veut répondre au mieux aux besoins et attentes spécifiques de sa ville et son quartier, et non lui imposer une vision particulière.
- La construction « organique » des projets, qui a pour conséquence de faire émerger les activités au fur et à mesure sans programmation préalable, sans calendrier construit à l’avance, ce qui donne une grande flexibilité à l’organisation des activités et la possibilité aux habitants du quartier d’y participer au mieux

Partenariat(s) développé(s) dans le cadre du programme

Partenaires opérationnels exclusivement étrangers avec qui ils sont en contact permanent et organisent des rencontres
- B arts, association britannique
- Wind Dancers, soutenue par Sangeeta Isvaran, une association indienne

Partenaires financiers
- La ville d’Aubervilliers, le seul partenaire financier permanent
- De façon ponctuelle, suite à des appels à projets : Le conseil général du 93, la communauté d’agglomération, la Région ile-de-France, la réserve parlementaire, le programme européen pour l’éducation, la fondation Asie-Europe.

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés durant la mise en oeuvre du programme :

- Développer une pérennité des financements et des ressources humaines
- Faire valoir son travail sur le terrain, notamment pour obtenir des financements proportionnels au travail réalisé
- Le manque de ressources propres de l’association, et donc l’impossibilité d’investir dans la rénovation et la mise aux normes du théâtre
- Etre reconnus comme une association culturelle par les institutions malgré l’étendu du public visé, souvent vu comme trop « populaire »
- La non-planification des activités, mise en avant comme une force mais qui pose aussi des difficultés d’organisation

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

- Communiquer de façon alternative sur les activités (réseaux sociaux, newsletter), pas de diffusion d’affiches ou d’invitations
- Discussions avec la nouvelle équipe municipale pour obtenir des fonds pour la rénovation du bâtiment

Améliorations futures possibles :

La rénovation du bâtiment permettra de régler beaucoup de problèmes, notamment celui de rassembler des gens dans les locaux de l’association

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou transposition du programme :

- S’appuyer sur un état des lieux précis du terrain sur lequel on travaille pour évaluer au mieux les besoins, et ne pas essayer d’imposer un projet préconçu sans prendre en compte le contexte. Il faut tenir compte des spécificités du terrain
- Travailler avec des associations et des « personnes relais » pour mieux cerner les enjeux locaux

Idée de sujet(s) de recherche fondamentale ou appliquée, utile(s) pour le présent programme :

Besoin d’un point de vue objectif sur les activités menées, à la lumière du contexte dans lequel elles sont construites. Besoin de faire rentrer ses actions dans un courant particulier comme « la pédagogie sociale », ou « l’éducation citoyenne »

Partager cette fiche
Télécharger la fiche