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LE PROGRAMME MESO-VIETNAM POUR ENDIGUER LA DENGUE ET LA FIEVRE HEMORRAGIQUE DE DENGUE

Résumé : L’Institut National d’Hygiene et d’Épidémologie (NIHE) et l’Alliance pour le Développement ont mis en place le Programme Meso-Vietnam en octobre 2007 afin de lutter contre la dengue et la fièvre hémorragique de dengue ainsi que pour améliorer la qualité de vie dans quatre communes du projet.

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Programme

  • Démarrage : 2007
  • Lieu de réalisation : Communes de Minh Thuan, Trung Dong, Dien Kim et Dien Hai (Vietnam)
  • Budget : N/C

Organisme(s)

  • Alliance pour le Développement
  • 5 Espl. Charles de Gaulle
  • 92000 Nanterre
  • Salariés : N/C
  • Bénévoles : N/C
Site Internet

Localisation

Comité de lecture

  • Date de lecture de la fiche :  26/01/2015
Appréciation(s) du comité : Innovant !
Solution(s) : Education Environnement Santé
Pays :  Viêt Nam
Envergure du programme :  Locale
Opérateur(s) :  Établissement Public, Association, ONG
  • Bénéficiaires :  Universel
  • Domaine(s) :  Santé, Participation citoyenne, Coopération

Fiche collectée dans le cadre du programme RESOLIS « Pauvreté France » (2014)

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0 ( http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/ )
Pour citer un texte publié par RESOLIS : Julo Jean-Emmanuel , « LE PROGRAMME MESO-VIETNAM POUR ENDIGUER LA DENGUE ET LA FIEVRE HEMORRAGIQUE DE DENGUE », **Journal RESOLIS** (2015)

Origines et contexte du programme

En Asie du Sud-est, la fièvre de dengue et la fièvre hémorragique de dengue (DF / DHF) sont aujourd’hui parmi les principaux problèmes de santé publique. Au Vietnam, 1,3 million de cas et 25 000 décès ont été enregistrés durant les 25 dernières années. Sa fréquence et sa propagation révèlent une augmentation constante du nombre de cas et de formes de la maladie. Si la dengue est difficile à diagnostiquer, elle est aussi difficile à soigner, car il n’existe aucun traitement antiviral ni vaccin stable à ce jour. La seul seule façon pour lutter contre cette maladie est de réduire le nombre de moustiques aAedes, responsables de sa transmission.

Objectifs du programme

Entre 2007 et 2010, l’Institut National d’Hygiene et d’Épidémologie (NIHE) et l’Alliance pour le Développement ont mis en œuvre le Programme Meso-Vietnam afin de réduire les cas de DHF et d’améliorer la qualité de vie dans 4 communes (Minh Thuan, Trung Dong, Dien Kim, Dien Hai). Ce projet de lutte contre la dengue se basait sur un test biologique utilisant le Mesocyclops (cf. annexe) et sur l’établissement d’une forte implication communautaire afin de sensibiliser les populations à la transmission de la dengue et de réduire le nombre d’aedes par l’enlèvement des containers.

Actions mises en oeuvre

• Un Comité de Gestion Communautaire (CGC, cf. annexe) a était créé dans chaque municipalité (représentants des écoles, des services sanitaires, des administrations locales et de la communauté) pour mobiliser la communauté ainsi que pour planifier et organiser les activités
• Les collaborateurs ont installé une douzaine de containers pour la reproduction de mesocyclops dans chaque village (cf. annexe). Chaque mois, ils y contrôlaient la présence de mesocyclops à l’aide d’un kit de surveillance
• Des ateliers de formation pour les professionnels de la santé afin de consolider leurs connaissances de la maladie. Les collaborateurs ont reçu une formation en fonction de leurs rôles et les centres de santé ont renforcé leur surveillance sérologique
• Les professeurs (du secondaire) ont instruit leurs élèves sur les moustiques transmetteurs de la dengue et sur les mesocyclops (cours et ateliers)
• Des campagnes pour la collecte des déchets solides (site de reproduction potentiel) ont été menées chaque mois
• Des moyens de communication ont été créés et distribués : emplois du temps, affiches, tracts, panneaux d’affichage géants, messages radio et réunions d’information régulières
• 3 études CAP ont été conduites (100 personnes/commune/étude ; cf. annexe) pour évaluer l’impact final des activités de promotion sanitaire
• Surveillance entomologique (100 maisons) pour mesurer la présence de différentes espèces de mesocyclops dans chaque container et la distribution des moustiques aedes adultes et larves. Tous les 3 mois, une surveillance entomologique avait lieu offrant des données quantitatives et qualitatives de l’évolution des populations de moustiques adultes, de larves et de mesocyclops
• Dans les centres de santé communautaires, une analyse de sang a été effectuée sur tous les patients suspectés d’avoir la dengue

résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs, des actions mises en oeuvre

• 2008-2010, 12 rencontres ont été mises en place (réunions des salariés de 2 communes), les collaborateurs de 3 communes ont participé à 2 concours et un grand festival a été organisé avec des pièces, des chansons et des sketchs
• 277 665 visites régulières de collaborateurs : 96 % des ménages, 35 campagnes pour l’introduction du mesocyclops et 1614 containers traités avec des mesocyclops
• 35 campagnes de nettoyage ont été menées à bien ; 294 527 containers détruits ont été collectés ; 102 rencontres (27 705 participants)
• Ateliers de formation pour 40 professionnels de la santé : 102 équipes locales ont été succinctement formées, 2 stages de perfectionnement, et 35 professionnels de la santé ont reçu une formation supplémentaire
• 140 professeurs ont été formés 4 fois, ont eu une formation manuelle et ont intégré une formation spécifique sur le moustique transmetteur de la dengue
• À Minh Thuan, 37 discours sur la dengue ont été donnés devant : 16 540 lycéens, 67 classes, 4 664 étudiants. À Trung Dong, 30 discours ont été donnés devant : 8,064 élèves, 44 classes, 1,807 étudiants. À Dien Kim, 25 professeurs ont été formés pour donner des cours sur la dengue à 1 260 étudiants. 30 campagnes de nettoyage avec des étudiants ont été réalisées
• Au total, plus de 444 000 personnes de contact ont été directement informées sur la dengue et le programme en cours. À la fin du programme, 100 % des habitants avaient entendu parler de la dengue et savaient qu’il s’agissait d’une maladie dangereuse. 78,7 % peuvent reconnaître les symptômes sur un cas suspect. 96 % savent que la dengue est transmise par des moustiques (95 % savaient qu’il s’agissait du moustique-tigre). 96 % savaient que les méthodes de lutte contre la dengue consistaient principalement à contrôler les moustiques et les larves. 72 % savent maintenant que les poissons larvivores peuvent être utilisés pour le nettoyage régulier des containers d’eau et de déchets solides. Aussi, ils savent utiliser les mesocyclops.

Originalité du programme

L’utilisation de ces microcrustacés larvivores en tant que stratégie biologique de lutte contre la dengue à moyen et long terme permet lorsqu’elle est combinée avec des activités communautaires et une promotion sanitaire efficace de réduire considérablement le nombre de larve et de moustique présent. Il s’agit donc d’un moyen écologique de lutter contre le risque d’épidémies.

Partenariat(s) développé(s) dans le cadre du programme

Le ministère vietnamien de la Santé, le Centre pour la Médecine Préventive des Provinces respectives pour les tests sérologiques, le laboratoire NIHE, les Centres de Médecine Préventive

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés durant la mise en oeuvre du programme :

Compenser l’arrêt du financement externe à la fin du programme.

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

Un système de microcrédit générateur de revenus a été mis en place dans les 3 communes. Les profits permettront de soutenir les activités communautaires de contrôles des transmetteurs et de payer les collaborateurs.

Améliorations futures possibles :

Il pourrait être envisagé d’intégrer nationalement et officiellement un programme sur la fièvre de dengue au cursus des écoles secondaires vietnamiennes.

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou transposition du programme :

• Les rencontres ont encouragé l’appropriation du programme par les villageois. De plus, les échanges ont permis de recentrer les actions et les activités du programme en cas de besoin
• Les containers de stockage d’eau étant les principaux sites de reproduction des aedes, ce modèle d’intervention était particulièrement efficace
• Le leadership local a été renforcé aux niveaux national, provincial et local. Ce modèle d’organisation a amélioré de manière générale la capacité de surveillance, de diagnostic et de contrôle intégré de la dengue et de la DHF à tous les niveaux du système sanitaire vietnamien.
• Tout le monde semble s’accorder quant à l’implication du système scolaire
• Le gouvernement vietnamien, par le biais de son Programme National contre la Denge, continuera à jouer un rôle catalytique et à encourager les interactions multidisciplinaires
• Le programme confirme l’existence d’une alternative à l’usage systématique des insecticides pour contrôler la population des transmetteurs de la dengue.

Une généralisation nationale pourrait être envisagée. Cependant, cela demanderait une implication importante, efficace et multisectorielle afin de renforcer la participation communautaire et les changements comportementaux.

Références bibliographiques

Authors, “Validation of Mesocyclops (Copepoda) and community participation as an effective combination for dengue control in Northern Vietnam”, FACTS Reports in press

Pour en savoir plus

Au Vietnam, dix espèces de copépodes (microcrustacés larvivores) existent dans des milieux naturels et artificiels. Le mesocyclops spp. se nourrit de matière organique, mais aussi durant les premiers stades (1 & 2) de larve de moustique, en particulier d’aedes. Chaque mesocyclops peut tuer en moyenne entre 16 et 41 larves d’aedes ægypti par jour (Nam et coll., 2000).


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