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Le camping-car "Médiation nomade", pour retisser des liens avec les jeunes des cités

Résumé : L’association Médiation nomade se déplace au cœur des quartiers difficiles la nuit grâce à son camping-car, y tisse des liens avec les jeunes et joue le rôle de médiateur entre ces derniers et les acteurs locaux.

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Programme

  • Démarrage : 2012
  • Lieu de réalisation : France
  • Budget : 160000 €
  • Origine et spécificités du financement : Public (Municipalités, Etat)

Organisme(s)

  • Médiation nomade
  • 5 impasse Jean-Jacques Rousseau
  • 78520 Limay
  • Salariés : 2
  • Bénévoles : 8
  • Adhérents : 25
Site Internet

Localisation

Comité de lecture

  • Date de lecture de la fiche :  08/09/2015
Appréciation(s) du comité : Impacts élevés !
Solution(s) : Démocratie et bonne gouvernance Education
Pays :  France, Île-de-France
Envergure du programme :  Nationale
Opérateur(s) :  Association, ONG
  • Bénéficiaires :  Population urbaine, Elèves, étudiants, Adolescents
  • Domaine(s) :  Participation citoyenne, Éducation, Formation

Fiche collectée dans le cadre du programme RESOLIS « Agissons ensemble contre le décrochage scolaire » (2015)

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0 ( http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/ )
Pour citer un texte publié par RESOLIS : Kherfi Lakdar , « Le camping-car "Médiation nomade", pour retisser des liens avec les jeunes des cités », **Journal RESOLIS** (2015)

Origines et contexte du programme

Yazid Kherfi, après un parcours délinquant l’ayant mené en prison, a décidé de s’engager auprès des jeunes des quartiers difficiles. En tant qu’animateur puis directeur d’une structure à Chanteloup les Vignes, il a constaté qu’il existait une forte carence dans l’accueil des jeunes des quartiers difficiles la nuit, surtout pour les 16 - 25 ans, alors que la nuit (entre 20h et minuit) est un moment propice à la discussion avec eux. Avec ses proches, il réfléchit au projet « Médiation nomade » et crée l’association « Pouvoir d’agir 93 » en avril 2012 qui devient Médiation nomade en 2015 pour promouvoir la démocratie locale et une véritable citoyenneté active, notamment en favorisant la parole et l’écoute de chacun.

Objectifs du programme

- Retisser des liens entre jeunes et adultes n’arrivant plus à se rencontrer et souvent en rupture avec les institutions
- Réoccupation de l’espace public en soirée par les adultes
- Améliorer le diagnostic nocturne
- Réinterroger les pratiques professionnelles avec ces publics et accompagnement des équipes sur le terrain pour améliorer leur pratiques.

Actions mises en oeuvre

1/ Une commune ou un acteur local demande à l’association de venir dans un quartier
2/ Les membres de l’association rencontrent une 1ère fois les acteurs locaux pour mieux connaître le contexte, et fixer ensemble un calendrier d’intervention (une fois par semaine pendant un à trois mois en Ile-de-France, ou 3-4 jours d’affilée en province). Le lieu où le camion stationnera est également discuté.
3/ Le jour J, Yazid Kherfi, accompagné d’éducateurs ou d’étudiants bénévoles (il est professeur à l’Université de Nanterre), gare le camping-car, installe des chaises pour pouvoir accueillir les habitants du quartier à partir de 19-20h. Du thé à la menthe, des gâteaux, des jeux… leur sont proposés. En général, les 10-15 ans viennent les premiers, les parents ensuite, et les jeunes « des halls » viennent à partir de 22h. Yazid, les éducateurs, bénévoles sont là pour les écouter, leur proposer un moment convivial et quelques activités. Les acteurs locaux sont également invités.
4/ Réunion de bilan avec l’ensemble des acteurs pour débriefer collectivement et envisager la suite à donner.

résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs, des actions mises en oeuvre

- En 2014, 8 villes ont accueilli « Médiation nomade », grâce au bouche à oreille et à la médiatisation du programme
- Fin 2016, 185 soirées "médiation nomade" réalisées en France dans les quartiers sensibles. En moyenne une trentaine de personnes par soirée, soit un total de 5 500 personnes.
- 3 200 personnes en tout y ont participé : élus locaux, acteurs institutionnels et associatifs, étudiants…
- A Avignon, des acteurs locaux ont repris le principe de « Médiation nomade » en mettant en place un minibus qui sillonne la ville le soir pour aller voir les jeunes
- A Bagneux, la ville a acheté un véhicule et la aménagé et se lance en pied d'immeuble en soirée. Des salons urbains en pied d'immeuble prennent le relais en journée.
- Forum national "la nuit nous appartient" organisé le 2 juin 2016 à Bondy sur la thématique de la nuit "à qui appartient la nuit".
- Une opération de 8 mois réalisée dans les quartiers nord de Marseille cette année 2016 a été une constructive, 16 soirées ont été réalisées la nuit.

Originalité du programme

De nombreuses maraudes sont organisées la nuit pour les SDF par exemple, mais très peu pour la médiation avec les jeunes. « Médiation nomade » a au contraire choisi ce créneau d’intervention car il est propice aux discussions avec les jeunes ciblés. Le fait d’être nomade permet aussi de circuler de quartier en quartier, et de pouvoir s’installer au pied de l’immeuble, dans des endroits clés du quartier tout en étant suffisamment sécurisés.

Partenariat(s) développé(s) dans le cadre du programme

- Les communes qui reçoivent le projet : Trappes (78), La Verrière (78), Bondy (93), Nanterre (92), Pierrefitte (95), Villeneuve Saint Georges (94), Villiers sur Marne (94), Colmar (68).
- Partenariats financiers: Fondation Abbé Pierre les premières années ; Fondation Julienne Dumeste ; municipalités ; Etat (CGET et FIPD).

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés durant la mise en oeuvre du programme :

- Il y a eu quelques difficultés avec la municipalité des Mureaux qui voulait modifier le public cible du projet
- Difficultés pour changer les habitudes des acteurs ; la remise en cause n’est pas complètement acceptée. De plus, les financements étant en baisse, il y a une certaine retenue pour innover
- Problème de mixité : 85% des jeunes qui viennent sont des garçons (au contraire, 80-85% des bénévoles sont des filles).
- Difficultés pour gérer les jeunes qui ont des addictions

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

- Prévoir des sujets qui touchent les filles. Mais c’est aussi aux acteurs locaux d’aller chercher les filles.
- Travailler avec les acteurs locaux dès le début
- Partir avec "un après médiation nomade" facilite la mise en œuvre. Ouvrir un lieu la nuit, former des intervenants à être la nuit sur ces quartiers...

Améliorations futures possibles :

- Améliorer le projet « médiation nomade » en fonction des constats du terrain
- A la rentrée, expérience pilote avec des chercheurs et un comité scientifique pour améliorer l’action de « médiation nomade »
- Organiser un deuxième Forum avec la ville de Paris en 2017 rencontre nationale pour parler de la nuit dans la métropole de Paris, et faire se rencontrer l’ensemble des personnes qui ont participé/accueilli une « médiation nomade ».
- Développer un séminaire de formation pour former des médiateurs locaux à l’approche de « médiation nomade"

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou transposition du programme :

- L’implication des acteurs locaux ; s’ils ne jouent pas le jeu c’est difficile
- Lieu où le camping-car stationne: il faut qu’il y ait une prise de courant, pas de danger, sur une place un peu protégée
- Bien choisir le programme proposé aux jeunes, et bien doser entre proposer des activités et ne pas faire de remplissage pour laisser venir les gens et s’adapter à eux.
- Le mieux est de venir une fois par semaine pendant 3 mois, car il faut du temps pour tisser des relations de confiance. Pas plus de trois mois car la médiation reste nomade et que l’association n’a pas vocation à se substituer aux acteurs locaux.

Idée de sujet(s) de recherche fondamentale ou appliquée, utile(s) pour le présent programme :

La nuit est le temps le plus sensible où basculent de nombreuses vies ; c’est le temps de tous les risques. Ce temps doit faire l’objet d’un intérêt particulier pour innover en termes d’actions sociales, de médiation, d’éducation. Toute expérience doit être un terrain de recherche et développement.

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