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La plateforme de prévention CRESUS : lutter contre le surendettement en France

Résumé : Depuis 2009, le réseau CRESUS accompagne les personnes victimes de surendettement en leur proposant des conseils budgétaires et des solutions de rééchelonnement de leurs dettes. Il travaille en étroite collaboration avec les établissements financiers selon un système de prescription et les aide notamment à détecter leurs clients fragiles.

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Programme

Organisme(s)

  • Groupe CRESUS (association, fondation)
  • 25, rue de Lausanne - B.P. 8
  • 67064 Strasbourg
  • Salariés : 30
  • Bénévoles : 600
Site Internet

Localisation

Comité de lecture

  • Date de lecture de la fiche :  13/10/2016
Appréciation(s) du comité : Impacts élevés ! Innovant !
Solution(s) : Economie solidaire
Pays :  France, Grand Est
Envergure du programme :  Nationale
Opérateur(s) :  Association, ONG
  • Bénéficiaires :  Universel, Bottom Of the Pyramid (BOP)
  • Domaine(s) :  Énergie, Budget

Fiche collectée dans le cadre du programme RESOLIS « Pauvreté France » (2016)

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0 ( http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/ )
Pour citer un texte publié par RESOLIS : Pekkip Maxime , « La plateforme de prévention CRESUS : lutter contre le surendettement en France », **Journal RESOLIS** (2016)

Origines et contexte du programme

La plateforme de prévention du surendettement CRESUS (Chambres Régionales du Surendettement Social) a été créée en 2009, en partant du constat qu’avec un diagnostic complet effectué par des professionnels et une détection en amont par les établissements financiers, il était possible de briser la spirale du surendettement. La plateforme de prévention du surendettement CRESUS a été créée en 2009 avec LBPF et LASER COFINOGA et compte maintenant 25 partenaires qui ont transmis et détecté plus de 14000 bénéficiaires.

Objectifs du programme

- Détecter les clients fragiles le plus tôt possible avant que la situation soit irrémédiablement compromise
- Apporter un accompagnement administratif, économique, juridique et social, et un soutien aux ménages endettés jusqu’au remboursement complet des crédits en cours
- Proposer une alternative concrète et impliquer les acteurs économiques dans une démarche socialement responsable bénéficiant à leurs clients en difficulté
- Créer une base de données afin de mieux connaitre les origines du surendettement et améliorer la maitrise du risque

Actions mises en oeuvre

Les bénéficiaires peuvent être envoyés vers CRESUS par des travailleurs sociaux ou les établissements financiers.
- ACCOMPAGNEMENT : le bénéficiaire est pré-endetté, dans une situation de fragilité économique, et bénéficie d’écoute et de conseils budgétaires : Accueil, écoute, diagnostic objectif de la situation financière, explication de la situation au bénéficiaire (droits, obligations), propositions pour une gestion financière plus prudente
- ACCOMPAGNEMENT ET MEDIATION : le bénéficiaire est mal-endetté (difficultés dans la gestion d’un budget, dans la communication avec le banquier, etc.) : soit un bénévole suit un bénéficiaire durant plusieurs mois (analyse de la situation et propositions d’actions), soit groupes de consultation (bénéficiaires discutent de la situation exposée par un volontaire), soit 10 semaines (1 séance/semaine) de cours d’éducation budgétaire et bancaire (gestion du budget familial, risques encourus par les crédits, surendettement)
- SURENDETTEMENT : le bénéficiaire est surendetté et ne peut plus faire face même avec des rééchelonnements, il bénéficie d’un accompagnement lors du dépôt de dossier de surendettement à la Banque de France.
- MICRO-CREDIT PERSONNEL : Après un refus de prêt de la banque, l’usager fait une demande de micro-crédit (2.000 à 3.000€), en général dans une perspective professionnelle. Crésus évalue le projet et prépare un dossier à destination du Crédit Municipal de Paris, puis intervient aussi dans la gestion de ces micro-crédits.
- VERS LES PARTENAIRES : Reporting qualitatifs et quantitatifs, réalisation d’études spécifique, formation des salariés, ajustement des méthodes de détection en faisant l’inventaire des bonnes pratiques et en affinant en fonction des typologies.

résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs, des actions mises en oeuvre

Phase pilote 2010/2013 :
10.000 DOSSIERS TRAITES DONT 30 % Clôturés. 43% des bénéficiaires font l’objet d’un dossier de surendettement ou d’une demande de délais de grâce, 14 % d’une médiation, 43% d’un accompagnement budgétaire suffisant à leur rétablissement. Seul 2% des bénéficiaires font l’objet d’une réactivation après rétablissement constaté.

- 2014 (24 conseillers + back office + cluster) 10.000 dossiers
- 2015 (48 CONSEILLERS + back office + cluster) 25.000 dossiers
- 2016 (96 conseillers + back office + cluster de formation) réduire de 33% LE SURENDETTEMENT EN FRANCE) 50.000 DOSSIERS

Originalité du programme

- La prescription par les établissements financiers est une innovation majeure.
- Le surendettement provient le plus souvent d’une mauvaise connaissance des systèmes bancaires. Il existe une carence réelle d’accompagnement personnel et sur le long terme, par des professionnels du milieu, pour les personnes endettées, qui sont souvent livrées à elles-mêmes et courent le risque de se retrouver dans une situation d’exclusion non seulement financière, mais aussi éventuellement sociale.

Partenariat(s) développé(s) dans le cadre du programme

- FINANCEURS
Fondation Macif, Cetelem
- MECENAT DE COMPETENCES
Allianz SE, Mac Kinsey…)
- ETABLISSEMENTS PRESCRIPTEURS
Centres d’Action Sociale – CCAS, Emmaüs, Resto du Cœur, France bénévolat, LBPF, Laser Cofinoga, BNPPF, CACF, BFM, Malakoff Médéric…

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés durant la mise en oeuvre du programme :

- Champ d’action qui implique de lever des problématiques CNIL et relevant du secret bancaire
- Expérimentation préalable, afin de créer toutes les méthodes et charter le processus
- Pas de suivi des usagers une fois leur dossier déposé à la Banque de France
- Dans certaines situations (grande pauvreté), il demeure difficile pour le bénéficiaire de gérer ses finances plus prudemment
- Certains dossiers sont refusés par la Banque de France en cas : d’endettement suspect sur une période récente, de dettes professionnelles, de possession d’un patrimoine pouvant être vendu
- Dans les permanences, taux d’absentéisme de 20% des usagers envoyés par les services sociaux imputable à leur sentiment de honte et d’échec.
- La tenue d’un poste de chargé d’accueil téléphonique (particulièrement difficile moralement)

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

- Mise en place d’une charte signée par le bénéficiaire pour lever les principaux obstacles législatifs.
- Dès 2014, mise à disposition d’une plateforme téléphonique nationale et d’un numéro dédié aux assistants sociaux lorsqu’ils auront un usager en situation de surendettement
- Dès 2014, (in)formation des bénévoles et salariés sur les nouvelles lois et le règlement intérieur de la Banque de France, 2 fois/an

Améliorations futures possibles :

- Création de partenariats pour créer d’éventuelles aides en nature pour les bénéficiaires en précarité énergétique (logement et mobilité)
- Extension du réseau et traitement d’un plus grand nombre de dossier (+64% dans le Nord Pas de Calais en 2013)
- Création d’antennes dans les DOM-TOM
- Création d’un fichier positif
- Evaluation quantitative des actions (sur le suivi des dossiers) si cela n’est pas trop contraignant
- Formation plus adéquate et « poussée » des travailleurs sociaux afin d’identifier les problèmes financiers le plus tôt possible (non pas une fois que la justice est intervenue) ; et interventions préventives dans des collèges professionnels

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou transposition du programme :

Organisation :
- Prise en charge uniquement par prescription par les salariés de nos partenaires formés par nos soins.
- Création de d’outils en interne en concertation avec les partenaires
- Création d’un logiciel de gestion et de suivi en Cloud, permettant un reporting en temps réel et une extraction statistique en temps réel
- Audit, formation et recensement des bonnes pratiques auprès des partenaires.
- Financement sur la base de conventions fixant un engagement de transmission avec facturation à l’unité en cas de dépassement.
- Création d’une base actuaire à des fins de recherche et de développement

Méthode d’entretien :
- Bilan/diagnostic complet, déclaratif puis au réel
- Ecoute active
- Amener à la prise de conscience de la gravité de la situation
- Obtenir l’accord de la personne à recevoir une formation sur la gestion de son budget
- Démontrer l’intérêt de réaliser et de suivre un budget
- Formuler des recommandations avec outils et méthodes et s’assurer qu’elles sont suivies

Moyens mis en place :
- Création d’un réseau de référents auprès de tous les établissements et autres parties prenantes, afin de pouvoir agir en médiation (environ 400 par an), tout en nous faisant connaitre par les organismes.
- Développement d’une offre produit pro bono pour nos bénéficiaires (Micro –crédit, assurance, mobilité, services bancaires...) en collaboration avec les partenaires ou d’autres acteurs (Renault, Nickel, Bankin’)
- Création d’un Pool d’intégration et cursus de formation en interne et en externe.
- Élaboration de procédures uniques et standardisation documentaire en interne et en externe.
- Participation active aux projets touchant au sujet (Médias et documentaires, Plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté, Club initiative, action de lobbying…) et participation de bénéficiaires « témoins » à ces actions
- Création d’une base de supports audio et documentaire à des fins d’information, de formation ou de recherche.
- Publication de diverses études : typologique, impact, précarité énergétique, détention bancaire… Et diffusion auprès des parties prenantes.

Idée de sujet(s) de recherche fondamentale ou appliquée, utile(s) pour le présent programme :

- Étude et recherche sur les typologies et parcours du surendettement
- Étude d’impact de la structure sur le surendettement

Références bibliographiques

Trostriansky, O. « L’illettrisme de l’argent existe aussi » Libération (28 Janvier 2013)
« Relation à l’argent et surendettement » Réalités familiales (Décembre 2010) n°91
Bricault, M., Chalvin, P., Davenas, M., Perrot, N., Vilain, J-B. « Le surendettement vu par ceux qui le vivent » IEP Paris
Etudiants de l’IEP Paris, « Lutter contre l’illetrisme de l’argent en France » IEP Paris (Novembre 2011)

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