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La médiation par l’image selon Clichés Urbains

Résumé : Depuis 2007, Clichés Urbains contribue par l’image à l’éducation culturelle, créative et citoyenne de jeunes, souvent en situation précaire. Cette association organise des ateliers et stages ludiques pour apprendre différentes techniques photographiques (argentiques, numérique, sténopé, panoramique, montages, imagerie digitale…), des studios photos mobiles ouverts à tous les habitants et des projets artistiques solidaires à l’étranger. Installée au cœur d’une cité du 19e arrondissement de Paris, elle cherche à décloisonner le territoire et valoriser ses habitants en proposant animations et expositions ancrées dans l’espace urbain et en occupant régulièrement l’espace public.

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Programme

  • Démarrage : 2007
  • Lieu de réalisation : 19e arrondissement de Paris
  • Budget : 100000 €
  • Origine et spécificités du financement : 50% subventions publiques (Politique de la ville de Paris et Commissariat Général à l'Egalité des Territoires) + 35% subventions privées (Fondation BNP Paribas, Fondation WFS et Fondation Seligmann) + 15% prestations (Mairie du 19e, Immobilière 3F, Paris
  • Télécharger l’annexe n°1

Organisme(s)

Site Internet

Localisation

Comité de lecture

  • Date de lecture de la fiche :  10/01/2018
Appréciation(s) du comité : Source d’inspiration !
Solution(s) : Culture, sport et loisirs Education Exclusion et isolement
Pays :  France, Île-de-France
Envergure du programme :  Locale
Opérateur(s) :  Association, ONG
  • Bénéficiaires :  Adolescents, Elèves, étudiants, Population urbaine, Universel
  • Domaine(s) :  Culture, Éducation, Formation, Moyens de communication, Participation citoyenne

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0 ( http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/ )
Pour citer un texte publié par RESOLIS : Devise Marie-Charlotte , « La médiation par l’image selon Clichés Urbains », **Journal RESOLIS** (2018)

Origines et contexte du programme

Après une année de tests au Brésil, l’association Clichés Urbains voit le jour en 2007 à Montreuil. Elle déménage en 2008 dans le 19e, un arrondissement parisien densément peuplé (188 712 habitants, Insee décembre 2016) dont 40% âgés de moins de 30 ans, affichant un taux de chômage élevé (15,4%, Insee 2014) et disposant d’un maillage associatif dense (3 500 associations, Recherches et Solidarités 2012). Ses premiers ateliers à l’école primaire Mathis remontent à 2009. Aujourd’hui, Clichés Urbains est domicilié dans l’îlot Orgues de Flandres, où résident 5 000 personnes et qui fait l’objet d’un programme de rénovation urbaine jusqu’en 2024. Flandre/Aubervilliers est un quartier classé prioritaire (QPV) selon la Politique de la ville. Il abrite des cités où d’importantes rivalités existent avec les jeunes du 18e arrondissement.

Objectifs du programme

- Initier à une technique artistique des enfants et adolescents résidents de quartiers urbains prioritaires
- Favoriser lien social, dialogue et décloisonnements
- Sensibiliser aux valeurs citoyennes, à l’environnement et à l’économie sociale et solidaire (ESS)

Actions mises en oeuvre

ACTIVITES JEUNESSE
- « les ateliers du mercredi » : pendant l’année scolaire, organisation d’ateliers hebdomadaires gratuits (14h-16h) dans les locaux de l’association pour 10 à 15 enfants (hors vacances scolaires). A l’issue des ateliers, des expositions sont organisées et un book d’une vingtaine de tirages remis à chaque participant (ex. de thématiques : lightgraff, sleeveface, visage fantômes...).
- Temps d'Activités Périscolaires (TAP) : 1h30 d’ateliers tous les mardis et tous les vendredis dans 2 écoles primaires différentes par an (Ourcq et Barbanègre pour l’année 2017-18)
- Stages pour les adolescents pendant les vacances scolaires (depuis 2011) : les participants traitent des sujets de société ou liées au quartier tout en s’initiant à la maîtrise des outils de communication professionnels (de la production des images et textes à leur diffusion). Les participants choisissent le plus souvent le thème et produisent l’essentiel des contenus (GIF, vidéos, interviews, photo-reportage…). Ex. de thématiques : problématiques environnementales actuelles en partenariat avec l’agence de communication June Twenty First et portraits d’entrepreneurs sociaux en partenariat avec Les Canaux (Maison des économies solidaires et innovantes)
- Formations individuelles ponctuelles pour les collégiens les plus motivés

ACTIVITES SUR LE TERRITOIRE
- Participation à des événements du territoire (Paris plage, La Fête de la Récup', repas partagés, rencontre convivial de quartier, marche pour la paix en novembre 2017…) : Clichés urbains s’inspire de la tradition du studio africain et propose des studios photo éphémères s’adaptant au thème de l’événement (New-York, Voyage dans le temps, droits des enfants…). Il réalise des portraits d’habitant et de passants sur différents fonds (tissus wax, photos, décors…) et mettant à disposition des déguisements. Les photos sont imprimées sur place et mises à disposition numériquement aux participants qui les affichent et les partagent à leur tour.
- Projet « Point d’Orgues.org » en partenariat avec la Ville de Paris, la Mairie du 19e, Immobilière 3F et les acteurs institutionnels et de terrain (depuis 2016) : projet de médiation par l’image visant à accompagner la rénovation des Orgues de Flandre. Clichés urbains coordonne la création par les habitants d’un mémoire multimédias de leur quartier tout en documentant en image ses mutations.

ACTIVITES A L’ETRANGER
Chaque année un partenariat est noué avec des acteurs locaux à l’étranger (Afrique du Sud, Mali, Brésil…) pour y proposer des ateliers photos en lien avec les thèmes abordés en France : échanges entre jeunes, développement d’un projet de voyage, studios photos conduits à cheval entre les deux territoires…

résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs, des actions mises en oeuvre

- Chaque année : environ 130 ateliers et 5 à 6 événements co-organisés; 2 000 à 5 000 participants dont 150 jeunes (130 enfants d’écoles primaires et 30 adolescents) ; en moyenne, une dizaine de jeunes par atelier organisé dans les locaux de l’association et une vingtaine par session à l’école
- Bonne assiduité des jeunes tout au long de l’année et d’une année sur l’autre pour un tiers des participants
- Régularité : certains participants et leurs fratries suivent les ateliers depuis des années
- Les jeunes s’inscrivent souvent aux activités de l’association de leur propre initiative, beaucoup ont découvert Clichés Urbains à l’école ou dans un évènement
- Bons liens avec les mamans et familles
- L’association est régulièrement sollicitée pour faire des studios photo (Mairie du 19e, bailleurs sociaux…)
- Assimilation de diverses compétences et connaissances par les participants : créativité, techniques visuelles (de la prise de vue à l’édition), esprit critique, expression orale, notions historiques et citoyennes
- Evolution des comportements des jeunes : gain en confiance, meilleure estime de soi, persévérance, concentration, changement du rapport des jeunes à leur quartier, respect mutuel et recul de stéréotypes
- Agrément « Jeunesse & Education populaire »

Originalité du programme

Clichés Urbains veille à proposer des activités à la fois créatives et intelligentes. Ses activités ne se limitent pas à l’apprentissage des techniques de photographies, elles abordent toujours des thématiques citoyennes visant à sensibiliser aux valeurs républicaines. Elles intègrent également des outils pour former l’esprit critique et pour encourager l’appropriation et la documentation par les participants de leur environnement. De plus, Clichés Urbains fonctionne selon une démarche de proximité ancrée dans la durée.

Partenariat(s) développé(s) dans le cadre du programme

Alliance française, Association Parisienne d'Etudes Spirites (APES), Atelier parisien d'urbanisme (APUR), Cafézoïde, Caisse d'Allocations familiales (CAF), Centre social Rosa Park, Conseil de quartier Pont de Flandre, Direction des Affaires Scolaires (DASCO), Equipes de Développement Local du 19e, I3F, ICF La Sablière, June Twenty First, Korhom, Les Canaux, Ligue de l’enseignement, Maison du Combattant et des Associations du 19e (MdCA), Mairie du 19e, Paris Habitat, OGIF, la Pépinière Mathis, Régie de quartier, Valophis, Ville de Rio de Janeiro et plusieurs bibliothèques, écoles élémentaires et collèges du 19e

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés durant la mise en oeuvre du programme :

- Recruter le public : d’une part les jeunes sont livrés à eux-mêmes, ils sont en bande dans la rue parfois dès l’âge de 4 ans (les jeunes les plus à l’abandon sont les plus difficiles à fidéliser) ; d’autre part, la communication est difficile avec les parents du fait de la langue et du manque de temps (travail précaire…)
- Composer des groupes d’enfants d’âge homogène : les enfants viennent souvent accompagnés de leurs petits frères et/ou sœurs
- Fragilisation des ressources humaines suite à la suppression des contrats aidés
- Peu de disponibilité des écoles
- Contraintes sécuritaires suite aux attentats pour organiser des activités dans l’espace public
- Besoin de renouveler le matériel

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

- Séduire en premier lieu les enfants : prospection en direct sur le terrain et tractage dans les écoles
- Flexibilité sur le critère de l’âge
- Recrutement de services civiques, mobilisation accrue des bénévoles, intensification du travail du bureau et de la directrice

Améliorations futures possibles :

- Améliorer le modèle économique de l’association
- Organiser des ateliers multigénérationnels avec les habitants : faire écrire sur des thématiques citoyennes puis restituer avec des photos mettant en scène leurs idées (vivre ensemble, propreté…)
- Essaimage et développement d’une action en réseau en France et à l’international

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou transposition du programme :

ANCRAGE TERRITORIAL
- Membre du « Collectif Flandres » : une quinzaine d’associations qui échangent et collaborent pour animer ensemble le territoire avec une offre culturelle pertinente
- Bonne réputation auprès des acteurs locaux et reconnaissance de leur expertise de terrain
- Bon réseau à l’échelle locale, notamment des liens privilégiés avec la Mairie du 19e et la politique de la ville de Paris

CONSEILS CONCERNANT LES ACTIVITES PROPOSEES
- Qualité des productions et valorisation du travail des participants par des expositions
- Effort pour varier le programme pédagogique des ateliers
- Aller vers le public : sorte de « maraudes de jour » pour démarcher les jeunes
- Outil de suivi : compte-rendu de chaque séance pour collecter les informations au fur et à mesure (nombre d’enfants, thèmes de la séance, difficultés rencontrées…)
- Activités gratuites. Une adhésion unique (5€) est demandée par famille quel que soit le nombre d’enfants.
- Format des ateliers : 1h30, 2 encadrants (1 artiste + 1 service civique), coût environ 100€ (rémunération des artistes) / Format des studios photo : 3 à 5 bénévoles

Idée de sujet(s) de recherche fondamentale ou appliquée, utile(s) pour le présent programme :

Un éclairage universitaire serait utile pour développer la notion du temps (passé / futur) dans l’urbanisme du point de vue sociologique et anthropologique.

Pour en savoir plus

- Site internet compilant les actions des adolescents : www.planete-marianne.org
- Site internet du projet Orgues : www.point-d-orgues.org


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