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La défense des femmes et fillettes au Mali et en France selon "Kolomba"

Résumé : Au Mali et en France, l’association Kolomba,combat toutes les formes de violences faites aux femmes et aux fillettes, en particulier la pratique de l’excision, en s’appuyant sur la culture et l’accès au travail.

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Programme

  • Démarrage : 1999 (Mali) et 2007 (France)
  • Lieu de réalisation : Bamako (Mali) et Aubervilliers (France)
  • Budget : 37000 €
  • Origine et spécificités du financement : Ventes (artisanat, tickets d’entrée), dons, Mairie, Gouvernement malien, Fondation Orange
  • Télécharger l’annexe n°1

Organisme(s)

  • Association Kolomba
  • Mme Dembélé Fatoumata 52 rue Charles Tillon (boîte n° 1003)
  • 93 300 Aubervilliers (France)
  • Salariés : 1
  • Bénévoles : 90
  • Adhérents : 50
Site Internet

Localisation

Comité de lecture

  • Date de lecture de la fiche :  23/08/2014
Solution(s) : Culture, sport et loisirs Démocratie et bonne gouvernance Education Santé
Pays :  France, Île-de-France
Envergure du programme :  Internationale
Opérateur(s) :  Association, ONG
  • Bénéficiaires :  Femmes
  • Domaine(s) :  Santé, Éducation, Formation, Droits fondamentaux, Culture

Fiche collectée dans le cadre du programme RESOLIS « Pauvreté France » (Aubervilliers)

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0 ( http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/ )
Pour citer un texte publié par RESOLIS : Toure Fantani , « La défense des femmes et fillettes au Mali et en France selon "Kolomba" », **Journal RESOLIS** (2014)

Origines et contexte du programme

L’excision est une pratique qui persiste aujourd’hui à cause de la tradition, la faible scolarisation et des sources de revenu qu'elle génère pour les praticiennes (4 à 6€ reçu par acte).
Fantani Touré, née dans une famille polygame malienne, a été témoin de la souffrance des femmes de sa famille et a créé l’association Kolomba (en 1999 au Mali et en 2007 en France) en réaction à ces pratiques.

Objectifs du programme

- Sensibilisation auprès des exciseuses : Dissuader les exciseuses de pratiquer leur métier ; Lutter contre les mutilations sexuelles, les mariages forcés et toutes les violences faites aux femmes
- Accompagnement des femmes excisées ou sujettes à l’excision : Promouvoir et protéger les Droits de l’Enfant et de la Femme ; Aider les femmes victimes de l’excision et du VIH/Sida (les femmes sont en moyenne plus touchées que les hommes), et sensibiliser sur la santé reproductive.
- Renforcer les capacités des femmes entrepreneurs
- Promouvoir le développement du tourisme

Actions mises en oeuvre

- « Festival Au Féminin – Les Voix de Bamako » : ateliers et conférences/débats pendant 4 jours (depuis 7 ans, à Bamako). La parole est donnée aux femmes et les occidentaux sont invités à découvrir la culture malienne et la lutte de Kolomba.
- Actions de sensibilisation et communication sur le dépistage du Sida et distribution gratuite de préservatifs masculins et féminins.
- « Festival International Au Féminin d’Aubervilliers » depuis 2 ans
- Construction du centre artistique et culturel Kolomba à Bamako, pour promouvoir l’accès à la Culture, et donner une formation aux femmes en difficulté pour les autonomiser (restauration, chant, artisanat ; rémunération en fonction de leur production)
- Travail de terrain (en France et au Mali), à la rencontre des exciseuses, des femmes, des mères, des fillettes et des hommes : informer, comprendre la réalité de l’excision et expliquer ses côtés néfastes, lutte contre les préjugés (tradition musulmane, déviances sexuelles) et faire en sorte que cette lutte soit transmise à l’entourage
- La sensibilisation sur la santé de la reproduction se fait au centre et sur le terrain, lors de discussion, d’ateliers de parole.

résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs, des actions mises en oeuvre

- « Festival au Féminin – Les Voix de Bamako » de 2013 : 75 000 entrées (gratuites) comptabilisées
- « Festival International Au Féminin d’Aubervilliers » de 2011: 260 entrées
- Depuis sa création, Kolomba a pris en charge une centaine de bénéficiaires maliennes et françaises :
Impact positif sur 60% des femmes rencontrées et sur 20% des exciseuses (les 6 exciseuses, ayant suivi une formation dans la restauration ou la chanson sont maintenant reconnues et vivent de leur travail).
En France : une centaine de femmes sensibilisées, et une quarantaine aidées concrètement (discussion, conseil et orientation).
- Au Mali : une centaine aidées via le programme de formation et d’accès à l’emploi. Les bénéficiaires sont reconnaissantes et reviennent à l’association pour aider. Elles luttent à leur tour contre l’excision dans leur propre entourage. Le Gouvernement malien a décrété une journée nationale contre l’excision (le 6 Février) et inscrit le festival dans l’agenda culturel de Bamako.

Originalité du programme

- Troquer un couteau d’exciseuse contre une formation et surtout un travail
- La lutte contre les violences et l’excision à travers l’art et la Culture.

Partenariat(s) développé(s) dans le cadre du programme

Le Gouvernement malien (Ministère de la Culture, Ministère de l’Artisanat et du Tourisme du Mali), le Haut Conseil de la Lutte Contre le SIDA (Mali), Maggi, La mairie d’Aubervilliers

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés durant la mise en oeuvre du programme :

- Du fait de problèmes financiers (suite à la crise au Mali), l’association a dû quitter son premier centre à Bamako.
- Aucune subvention n’est attribuée au quotidien de l’association et au centre Kolomba.
- Résistance culturelle sur le terrain : équipe locale mal-reçue car l’excision et le mariage « arrangé » sont vus comme une tradition, et l’excision reste un sujet tabou pour les maliens.
- 3 exciseuses sont reparties exercer leur activité.
- Difficile quantification des bénéfices du travail de sensibilisation (message véhiculé par la radio, la télévision, etc.)

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

En attendant la construction du 2e centre, les femmes profitent du logement personnel de Fantani Touré à Bamako. L’administratrice salariée et les bénévoles accueillent et coordonnent les maliennes arrivant au centre.

Améliorations futures possibles :

- Construction du centre Kolomba à Bamako ou location d’un lieu en attendant cette construction
- Obtenir des moyens financiers et logistiques afin de se déplacer dans les campagnes et de subventionner le centre.

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou transposition du programme :

PRESENTATION DES FACTEURS DE REUSSITE POUR LA MISE EN ŒUVRE DU PROGRAMME
- L’engagement, la lutte, et la ténacité, dus à l’histoire personnelle de la présidente-fondatrice de Kolomba
- Les jeunes mamans et la diminution du nombre d’exciseuses (en allant au centre) vont changer les mentalités
- Fournir une formation et un travail aux anciennes exciseuses

CONSEILS POUR UNE GENERALISATION OU TRANSPOSITION DU PROGRAMME
- Aller sur le terrain (sensibilisation) ET avoir un centre d’accueil
- Etre préparé au blocage culturel
- Agir sur plusieurs fronts : parler, expliquer pourquoi l’excision est dangereuse, inviter les femmes à discuter, diffuser le message à grande échelle (radio, télévision), etc.

Références bibliographiques

Film « La vie des femmes », TV5Monde.

Pour en savoir plus

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