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Développer l'investigation dans les enseignements au Québec

Résumé : A une période de réforme des programmes en Sciences au niveau primaire, deux commissions scolaires québécoises ont fait appel à la Fondation La main à la pâte pour adopter un enseignement basé sur les démarches d’investigation. Cette pédagogie a ensuite été étendue à 8 autres commissions scolaires, au secondaire, et aux mathématiques.

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Programme

  • Démarrage : 2002
  • Lieu de réalisation : Canada
  • Budget : 250000 $CA
  • Origine et spécificités du financement : Privé et gouvernemental (commissions scolaires)

Organisme(s)

  • Pôle régional pour l'enseignement de la science et de la technologie (PREST)
  • 2121, 119e Rue Est Saint-Georges
  • G5Y5S1 Saint-Georges (Québec)
  • Salariés : 3
  • Bénévoles : 0
Site Internet

Localisation

Comité de lecture

  • Date de lecture de la fiche :  10/03/2015
Appréciation(s) du comité : Impacts élevés !
Solution(s) : Coordination des actions Education
Pays :  Canada
Envergure du programme :  Internationale
Opérateur(s) :  Établissement Public
  • Bénéficiaires :  Elèves, étudiants
  • Domaine(s) :  Science, Éducation, Formation

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0 ( http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/ )
Pour citer un texte publié par RESOLIS : Baillargeon Stéphan , « Développer l'investigation dans les enseignements au Québec », **Journal RESOLIS** (2015)

Origines et contexte du programme

Le Québec a lancé une réforme importante en 1999, incitant le système scolaire à passer de programmes par objectifs à des programmes exprimés par compétences pour l’enseignement de la science et de la technologie. Les commissions scolaires ont alors fait une veille pédagogique, dans laquelle la pédagogie « La main à la pâte » (Lamap), ressort. Lamap promeut la démarche d’investigation dans l’enseignement des sciences.
En 2002, Roger Delisle visite un centre pilote et des classes Lamap, et en parle aux commissions scolaires (CS) de la Beauce-Etchemin et de la Capitale. Enthousiastes, elles lancent un projet pilote avec 50 enseignants volontaires en primaire.
Comme cette nouvelle pédagogie a reçu un très bon accueil, le projet s’est développé dans d’autres commissions scolaires, mais n’a pas suivi un plan stratégique.
NB : le Ministère de l’Education Nationale Canadien définit les programmes, mais les commissions scolaires (équivalent des rectorats en France) choisissent les façons de les appliquer.

Objectifs du programme

- Objectif général : offrir aux enseignants une formation pédagogique adaptée et efficace
- Au départ : former tous les enseignants du primaire des deux commissions scolaires.
- Evolution des objectifs :
-> Former les enseignants du primaire dans 10 commissions scolaires
-> Missions du Pôle Régional pour l’Enseignement des Sciences et de la Technologie (PREST) : déployer les méthodes pédagogiques dans les autres commissions scolaires du Canada, étendre au niveau secondaire, étendre à l’enseignement des mathématiques, créer un réseau entre les enseignants et les formateurs, trouver des façons de s’autofinancer

Actions mises en oeuvre

- 1ère phase :
-> Année 1 : formation de 2 formateurs dans les deux commissions scolaires pilotes par deux formateurs Lamap + visite d’une semaine de la formatrice Lamap pour travailler sur la stratégie, visite de classes…
-> Année 2 : co-formation avec les formateurs Lamap de formateurs et d’enseignants, toujours dans ces deux commissions scolaires + semaine de travail
-> Année 3 : formation de formateurs et d’enseignants, toujours dans les deux commissions, mais seulement par les formateurs québécois.
- 2ème phase : déploiement dans 8 autres commissions scolaires. Même déroulement que pour la phase 1, mais sans formateur Lamap + organisation de rencontres régionales (4 à 5 fois par an)
- Création du PREST (Pôle Régional pour l’Enseignement de la Science et de la Technologie)
-> adaptation pour le secondaire, puis organisation des formations
-> déploiement géographique des formations
- > adaptation de la méthode à l’enseignement des mathématiques
-> traduction en anglais et espagnol des ressources pédagogiques en sciences et technologie (en cours)
-> développement d’une plateforme en ligne pour la formation à distance en sciences et technologie et pour favoriser les échanges entre enseignants

résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs, des actions mises en oeuvre

- 2 formateurs formés par Lamap au début, puis ont formé 40 formateurs
- Pour les sciences et la technologie en primaire : 1200 enseignants du primaire formés dans les 15 commissions scolaires (formation de 30h) + essaimage entre les professeurs non chiffré ; 40 000 élèves de primaire touchés par l’enseignement en sciences chaque année, soit plus de 220 000 élèves touchés depuis le début
- Pour les sciences et la technologie dans le secondaire : 40 000 élèves du secondaire touchés ; 1 500 enseignants formés dans le secondaire (10h de formation)
- Pour les mathématiques en primaire : 3 600 000 élèves du primaire touchés en mathématique ; 3600 formateurs formés pour les mathématiques et 90 000 enseignants formés (40h de formation)
- Au bout de la 9ème année, questionnaire envoyé aux enseignants :
-> 70% des enseignants appliquaient tout ou grande partie des outils pédagogiques
-> Presque tous les enseignants continuent, après 9 ans, d’utiliser les ressources pédagogiques
- Evaluation plus formelle du programme en cours pour connaître les impacts sur les élèves
- Retours des formateurs très positifs : avec les restrictions budgétaires, ils doivent être de plus en plus polyvalents, et sont donc satisfaits d’avoir des outils clés en main pour former les enseignants en sciences.

Originalité du programme

COLLABORATION AVEC LAMAP
- Les commissions scolaires voulaient pouvoir se baser sur ce qui existait déjà pour changer les programmes en sciences, et la méthode Lamap correspondait le mieux à leurs envies.
- Se sont inspirés du concept de centre pilote pour créer le PREST
- Satisfait du transfert de compétences depuis Lamap, mais aurait aimé qu’il y ait plus de collaboration entre les partenaires, afin d’échanger ses idées et partager certains développements en lien avec des besoins communs.

Partenariat(s) développé(s) dans le cadre du programme

- Chaque commission scolaire a financé le développement du programme localement
- Centre de démonstration en Sciences Physiques : pour approfondir les connaissances scientifiques de formateurs
- Université McGill : pour mener une recherche dans 2 écoles documentant l’intérêt des enfants
- Faculté des sciences et de génie, Université de Laval : pour PREST, pour organiser des concours régionaux en sciences avec les primaires. Aides financières et matérielles
- Faculté des sciences de l’éducation, Université de Laval : pour mener une recherche sur les impacts des formations
- Mécanium : pour créer des dessins techniques pour le secondaire
- Institut National de Santé public du Québec: pour adapter le projet « Vivre avec le soleil » (sur l’hygiène, les effets néfastes du soleil)
- Pequeños científicos : pour adapter le programme aux mathématiques en Colombie
- Institut national d’optique du Canada : optimisation des composantes de notre microscope 100X

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés durant la mise en oeuvre du programme :

- Manque de ressources financières permettant d’avoir des ressources humaines suffisantes
- Le Canada est un territoire immense, faible densité de population ; c’est donc difficile d’atteindre tous les enseignants, et les frais de déplacement sont importants
- Pas facile d’arriver à mobiliser les différents étages décisionnels (direction d’école, gestionnaire…)
- Les enseignants titulaires doivent choisir entre plusieurs formations, et vont plus vers les maths et le français que vers les sciences
- La majorité des enseignants au primaire manquent de connaissances scientifiques
- Disponibilité du matériel en primaire

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

- Création d’une plateforme en ligne, permettant de faire une partie de la formation des enseignants à distance : permet de toucher plus d’enseignants, et de donner envie aux enseignants de demander une formation en sciences
- Création d’un centre de ressources pour mieux gérer le matériel : des mallettes pédagogiques à disposition, avec un système de prêt pour le matériel non périssable
- Elaboration de listes de matériel détaillées (quantité, photo, fournisseur, coût)
- Participation à des rencontres de gestionnaires éducatifs pour présenter le dispositif
- Implication d’ingénieurs, physiciens et autres scientifiques pour approfondir les connaissances

Améliorations futures possibles :

- Mieux utiliser les nouvelles technologies dans la démarche d’investigation, en particulier tablettes, iPod et smartphone
- Que les élèves puissent documenter leurs investigations et les diffuser. Développer le réseautage entre les élèves
- Favoriser l’éducation des parents par les enfants

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou transposition du programme :

- Projet né de la base, construit avec les enseignants, et qui a su évoluer en fonction des besoins.
- Réussir à mobiliser les différents niveaux de décideurs
- Plus facile d’étendre la méthode d’expérimentation pour les mathématiques, y compris dans d’autres pays, car les programmes et leurs chronologies varient moins qu’en sciences (ex : tout le monde apprend d’abord à compter, puis les additions et les soustractions).

Pour en savoir plus

Evolution des ressources humaines et financières :
- Les premières années, deux ETP (Equivalent Temps Plein)
- Coût des formations + développement des ressources pédagogiques : 200 000$ canadiens par an.
- Pour le développement dans les 8 autres commissions scolaires, besoin d’une personne ressource et des formateurs + frais de déplacement : 800 000$ canadiens par an. La réalité culturelle étant la même entre les commissions scolaires, pas besoin d’adapter les ressources pédagogiques
- Maintenant, seulement 2,6 ETP pour développer le programmes, budget annuel de 250 000 – 300 000 $canadiens (ce qui ne comprend pas les personnes ressources que chaque commission scolaire mobilise)
Pour en savoir plus sur la démarche d’investigation : http://www.fondation-lamap.org/fr/search-document-pedagogique?facet%5Bim_categorie_pedagogique%5D%5B191%5D=191


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