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Des permanences énergie sur les lieux de résidences du public

Résumé : Parmi les solutions envisagées pour sensibiliser un public qui n’a pas le réflexe de consulter les Espaces Info Energie, le CEDER a expérimenté la mise en place de permanences directement dans des résidences de bailleurs sociaux. Faute de résultats concrets, l’action n’a pas été pérennisée, mais a le mérite de soulever la question de l’accès à certains publics.

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Programme

  • Démarrage : 2010
  • Lieu de réalisation : Résidences du bailleur social sur la commune d’Orange
  • Budget : N/C
  • Origine et spécificités du financement : Financé dans le cadre du programme EIE PACA : ADEME, Région PACA, Conseil Général du Vaucluse

Organisme(s)

Site Internet

Localisation

Comité de lecture

  • Date de lecture de la fiche :  15/06/2014
Solution(s) : Précarité énergétique
Pays :  France, Auvergne-Rhône-Alpes
Envergure du programme :  Locale
Opérateur(s) :  Association, ONG
  • Bénéficiaires :  Universel, Bottom Of the Pyramid (BOP)
  • Domaine(s) :  Énergie

Fiche collectée dans le cadre du programme RESOLIS « Précarité énergétique »

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0 ( http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/ )
Pour citer un texte publié par RESOLIS : Pellerey Laëtitia , « Des permanences énergie sur les lieux de résidences du public », **Journal RESOLIS** (2014)

Origines et contexte du programme

Le CEDER, reconnu comme Espace Info Energie par les Régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, a constaté que de nombreuses personnes vulnérables à la précarité énergétique ne faisaient pas la démarche de se rendre dans leurs locaux. Le CEDER a donc décidé de déplacer ses permanences pour aller directement à la rencontre de ces personnes, sur leur lieu de résidence.

Objectifs du programme

• Réduire les freins et les obstacles entre des publics potentiellement en précarité énergétique et l’information sur l’énergie
• Sensibiliser aux économies d’énergie et informer sur les consommations

Actions mises en oeuvre

Mise en place d’une permanence « Maîtrise de l’énergie » au sein de résidences d’un bailleur social motivé pour mettre en place cette action.

Personnel mobilisé : 1 conseiller CEDER et 1 gardien d’immeuble.
Lieu : Dans le local de permanence du gardien.
Durée de la permanence : 1 demi-journée. ; Durée totale de l’action : 3 permanences.
Communication autour de l’action : par affiche dans les cages d’escalier et flyers dans les boîtes aux lettres.

résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs, des actions mises en oeuvre

5 personnes se sont rendues à l’ensemble des 3 permanences. Quantitativement, cela représente donc beaucoup de moyens mis en œuvre pour peu de résultats. Il s’agit cependant de personnes qui n’auraient sans doute pas fait la démarche de se déplacer jusqu’à l’EIE sans cette permanence.

Originalité du programme

Ce programme a le mérite de délocaliser l’information et de trouver un moyen d’aller vers le public. Les personnes dont l’énergie n’est pas la difficulté prioritaire n’effectuent pas la démarche de se déplacer dans un Espace Info Energie, car ils ne se sentent pas concernés. Rapprocher l’information et l’apporter directement sur le lieu de résidence est un moyen original de supprimer au moins le frein créé par la distance géographique.

Partenariat(s) développé(s) dans le cadre du programme

• Financements : Région PACA, ADEME, Conseil Général du Vaucluse
• Bailleur social Vaucluse Logement (agence d’Orange)

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés durant la mise en oeuvre du programme :

- Difficile de trouver une forme de communication adéquate pour mobiliser ce public. Les affiches ne sont pas forcément le meilleur média pour attirer l’attention. Il faut vraiment qu’elles soient percutantes pour sortir du lot. La meilleure communication reste le bouche à oreille mais il s’agit d’une activité très chronophage et CEDER n’est pas assez connu sur ces quartiers pour être identifié.
- Absence de levier : même en se déplaçant sur le lieu de résidence, il faut que les personnes soient dans la démarche de s’investir et éprouvent un intérêt pour la thématique de l’énergie.
- L’urgence prévaut sur la prévention : tant qu’il n’y a pas réels danger et menace, les gens n’agissent pas. Les personnes en difficulté ont du mal à se projeter car elles sont trop occupées à gérer leurs difficultés au jour le jour. Depuis les hausses de 2011, il devient très difficile de répercuter les économies d’énergie de façon visible sur la facture : avec une hausse moyenne du coût de l’énergie de 5 à 7% par an, pour obtenir des économies financières, il faut donc réaliser au minimum 10% d’économies (avant 2006, éteindre les ampoules et les veilles permettait d’économiser 100€ par an, aujourd’hui, ce geste reste indispensable mais l’économie induite est bien moindre). Le levier incitatif financier est donc de plus en plus difficile à invoquer car les ménages ne voient pas de façon visible le résultat de leurs efforts d’économie d’énergie, ce qui peut conduire à un découragement.

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

Cette action n’a pas été reproduite, donc aucune solution n’a pu être testée.

Améliorations futures possibles :

• Communiquer en plusieurs langues pour toucher un public plus large et pour qui l’information est encore moins facilement accessible ; réaliser des plaquettes sans textes pour les personnes qui ne lisent pas.
• Travailler avec des CESF (Conseillères en Economies Sociales et Familiales), spécialistes du budget, en contact direct avec les ménages et qui sont généralement un bon relais pour informer sur la thématique de l’énergie.

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou transposition du programme :

• Travailler avec les associations des résidences ou de quartier qui sont identifiées et bénéficient de la confiance du public (les 5 personnes qui sont venues avaient eu connaissance de la permanence par une association de quartier. Lorsque l’on vient de l’extérieur, il est indispensable d’être introduit par une structure locale ou des personnes de confiance qui servent de relais sur place.
• Pédagogie et sensibilisation de fond : il faut un réel partenariat avec un technicien qui gère la partie énergétique, complétée par une partie pédagogique pour s’assurer que le discours soit compris et approprié. Il faut trouver comment adapter les discours (pour qu’ils ne soient pas trop techniques et rébarbatifs), créer des leviers incitatif, protéger les ménages en difficulté sans pour autant les déresponsabiliser par des aides trop systématiques, etc…
• Cette expérimentation a permis de tirer plusieurs leçons : pour que les publics rencontrés en logement sociaux se mobilisent, il faut :
* Que l’opérateur soit reconnu et identifié (ce qui n’était pas le cas de CEDER, car les EIE sont rarement connus des publics « en difficulté »)
* Qu’il y ait un avantage direct à retirer de la démarche, or, dans le cas présent, il s’agissait d’une permanence purement informative, sans offre matérielle (kit d’économie par exemple) ou de médiation (sur la négociation de délais de paiement par exemple)

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