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Déchets d'arts: transformation de déchets en oeuvre d'art (Seine-Saint-Denis)

Résumé : Déchets d’arts est une association francilienne qui part d’une réflexion écologique et philosophique sur le déchet et mutualise les disciplines artistiques afin de sensibiliser au réemploi des déchets, de créer une gamme contemporaine d’objets et accessoires de mode réalisés par les habitants du quartier et ainsi mener une action d’économie sociale et solidaire en même temps qu’artistique.

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Programme

  • Démarrage : 2006
  • Lieu de réalisation : Seine-Saint-Denis
  • Budget : 112000 €
  • Origine et spécificités du financement : Subventions et ventes de prestations

Organisme(s)

  • Déchets d'arts
  • 4 Villa Charles
  • 93800 Epinay-sur-Seine
  • Salariés : 3
  • Bénévoles : 0
  • Adhérents : 20
Site Internet

Localisation

Comité de lecture

Solution(s) : Culture, sport et loisirs Environnement
Pays :  France, Île-de-France
Envergure du programme :  Locale
Opérateur(s) :  Association, ONG
  • Bénéficiaires :  Universel
  • Domaine(s) :  Environnement, Culture

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0 ( http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/ )
Pour citer un texte publié par RESOLIS : Herrou Océane , « Déchets d'arts: transformation de déchets en oeuvre d'art (Seine-Saint-Denis) », **Journal RESOLIS** (0)

Origines et contexte du programme

La fondatrice du lieu, Anne-Dominique Gaté a vécu sur plusieurs continents et a été frappée en arrivant à Saint-Denis, un lieu où « il y a tous les pays du monde ». La mixité sociale et culturelle qui caractérise cet endroit l’ont inspirée et cette plasticienne a décidé de travailler avec eux sur le thème du recyclage des déchets. En 2006 elle crée l’association Déchets d’arts. Elle a souhaité valoriser la richesse culturelle de Saint-Denis ainsi que ses déchets.

Objectifs du programme

Déchets d’arts souhaite donner une autre vie au déchet et grâce à la collecte et à la réutilisation des matériaux abandonnés en faisant le tri de poubelles, de tiroirs, de placards, des rues… Le but est d’induire des comportements éco-responsables et de sensibiliser au tri et au recyclage au travers d’ateliers récréatifs, de performances et d’expositions itinérantes. Ce faisant, déchets d’arts vise à valoriser le multiculturalisme, véritable patrimoine immatériel de Seine-Saint-Denis en allant à la rencontre de savoir-faire, de techniques propres à chaque culture. Le but ultime de déchets d’arts est de mener une action d’économie sociale et solidaire originale en donnant aux habitants de Saint-Denis une formation à des techniques de production, et éventuellement un revenu.

Actions mises en oeuvre

L’association organise des ateliers afin d’enseigner des techniques de fabrication et de production comme le crochet ou l’assemblage plastique ou encore la modernisation d’ancien mobilier à partir d’objets de récupération. Ainsi les personnes participant à ces ateliers peuvent produire de petits objets ou accessoires de mode. L’association permet également aux habitants du quartier de participer à la création d’œuvres d’art, de décoration qui sont conçus par des artistes de l’association et produits par les salariés de l’association et des habitants de Seine-Saint-Denis. L’association propose des ateliers récréatifs adaptés à différents publics et destinés à réutiliser les déchets quotidiens en les métamorphosant afin d’induire des regards d’éco-citoyens. Des expositions itinérantes, des installations et des performances sont organisées afin de partager avec le public le travail de l’association.

résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs, des actions mises en oeuvre

En 2014, 90 ateliers on été organisés, 14 artistes se sont impliqués dans le projet et 1128 participants soit une cinquantaine de personnes par après-midi a participé à ces ateliers. L’esprit convivial des échanges a contribué à changer le regard des participants sur le « déchet » ou l’acte de tri en facilitant le tissage de liens humains autour du « faire ensemble ». Le medium symbolique du déchet permet également un travail sur l’estime et la valorisation de soi, tout comme le fait de réaliser par soi-même un objet, une œuvre d’art. Ce projet porté et créé des femmes, propose des prestations mixtes mais la pratique a révélé que la quasi-totalité des participants aux ateliers notamment sont des femmes. Ces ateliers représentent pour elles un moment de partage, d’échanges, elles se retrouvent et communiquent, elles expriment très clairement apprécier cet aspect des ateliers.

Originalité du programme

L’originalité du travail de déchets d’arts est de mêler l’artistique au plaisir du travail ensemble, à l’inter culturalité, dans une ambiance de partage. Utiliser l’art comme outil de sensibilisation ainsi que le déchet comme un médium symbolique est très original.

Partenariat(s) développé(s) dans le cadre du programme

Les réseaux, financiers et partenaires de Déchets d’arts sont Artefact93, Wiithaa, la graine Ile-de-France, la Plaine commune Promotion, l’office du tourisme Saint Denis Plaine Commune, la région Ile-de-France, la communauté d’agglomération Terres de France, l’agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances, la ville de Sevran, la ville d’Epinay-sur-Seine, la ville de Saint-Denis, le fond d’innovation social des entreprises sociales pour l’habitat, Osica, le fonds social européen, la communauté d’agglomération Plaine Commune, la Plaine commune habitat, Femmes actives, association B.a.ba, la main fine, Créassos et Paquetage.

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés durant la mise en oeuvre du programme :

Au départ, l’approche transversale et notamment le fait d’utiliser l’art pour parler à la fois d’environnement et d’inclusion sociale, à travers du médium déchet n’était pas très bien comprise. Ceci est dû à l’aspect original du projet qui a d’abord surpris et devait convaincre. Un projet était de créer une boutique afin de commercialiser les objets fabriqués mais cet objectif demandait de nouvelles compétences et ne correspondait pas vraiment à la demande et aux attentes des bénéficiaires et participants des ateliers.

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

Il a été nécessaire d’expliquer de façon répétitive afin que cette approche surprenne moins et soit plus facile à comprendre. Par ailleurs, en 10 ans l’association a fait ses preuves ce qui a aidé à garantir la crédibilité du projet. Cette manière de penser transversale s’est également répandue durant les 10 dernières années face aux limites des techniques plus classiques de sensibilisation. Le partage d’expériences avec d’autres associations a également été clé. Concernant la création de boutique, il a été nécessaire de se rendre compte que ce projet était quelques peu prématuré et se recentrer sur la demande des personnes : axer sur l’inclusion sociale, la convivialité et moins sur l’insertion professionnelle. Un exemple d’adaptation au public et à la demande est le projet « les street mamies » qui répond à la demande d’un public de dames assez âgées et volontaires.

Améliorations futures possibles :

Déchets d’arts est en train de repenser son orientation et d’envisager une expansion tout en respectant les demandes de ses bénéficiaires.

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou transposition du programme :

Le côté inventif et la qualité des propositions, le fait de travailler autour du déchet (matériau qui est attaché à une image particulière) tout en ayant de belles propositions artistiques originales et de qualité est le premier facteur de réussite de l’action de déchets d’arts. La qualité des propositions artistiques et leur originalité sont au cœur des projets.

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