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COMPAGNIE JIRAMA : REFORME DES SERVICES D’EAU A MADAGASCAR

Résumé : Jirama, compagnie nationale de distribution de l’eau et de l’électricité à Madagascar, a mis en place en 1999 un nouveau système pour le service des eaux, en déléguant la gestion des équipements de distribution à des collectifs d’usagers.

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Programme

  • Démarrage : 1999
  • Lieu de réalisation : Madagascar (étude sur deux villes en particulier : Antananarivo et Toamasina)
  • Budget : N/C

Organisme(s)

Site Internet

Comité de lecture

  • Date de lecture de la fiche :  23/05/2014 00:00
Solution(s) : Précarité énergétique
Pays :  Madagascar
Envergure du programme :  Nationale
Opérateur(s) :  Entreprise
  • Bénéficiaires : 
  • Domaine(s) :  Gouvernance, Biens essentiels

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0 ( http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/ )
Pour citer un texte publié par RESOLIS : MIAKATRA Landitiana Soamarina , « COMPAGNIE JIRAMA : REFORME DES SERVICES D’EAU A MADAGASCAR », **Journal RESOLIS** (2014)

Origines et contexte du programme

A Madagascar, la faillite de l’Etat gestionnaire, la faiblesse des institutions ainsi que le manque d’investissements ont conduit à une déficience importante du service public de l’eau, notamment dans les villes d’Antananarivo et Toamasina. Les quartiers pauvres, équipés en points d’eau collectifs, sont les premiers touchés par la dégradation des installations. L’une des causes évoquées pour expliquer ce problème est la non-implication des populations dans la conception des projets et dans la gestion des équipements et des services.

Objectifs du programme

L’idée est de confier le processus de gestion à des organismes issus de la société civile, pour permettre de pérenniser les équipements, éviter le gaspillage, assurer une bonne gestion des services, et favoriser un développement local mené par les habitants.

Actions mises en oeuvre

• promulgation du code de l’eau en 2000, faisant de l’accès à l’eau potable un service payant.
• construction de bornes fontaines à gestion payante, après consultation de la population pour identifier la meilleure localisation possible
• création de « comités de point d’eau » au sein des usagers, qui assurent la gestion du service
• réunions entre usagers et distributeurs afin de renégocier régulièrement les prix de l’eau, dans une logique équitable

résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs, des actions mises en oeuvre

-Construction et rénovation de nombreux sites d’approvisionnement en eau potable
-transformation du paysage politique et social
-résultats très mitigés. Augmentation importante des inégalités dans les villes d’Antananarivo et Toamasina, exclusion des plus pauvres dans l’accès à l’eau
-réinstauration du système de gratuité dans certaines villes
-l’opérateur du projet, Jirama, est très critiqué au sein de la population pour la qualité de service fourni.

Originalité du programme

Les usagers s’approprient progressivement le système payant. D’ailleurs, dans les quartiers non desservis par le réseau, la population fait appel à des petits opérateurs locaux informels (transporteurs livreurs d’eau ou auprès des ménages revendeurs d’eau).

Partenariat(s) développé(s) dans le cadre du programme

Partenariat Jirama/organismes de la société civile (surtout des associations de consommateurs), et soutient de grands bailleurs internationaux (Banque mondiale, Union Européenne, Banque Africaine de développement) par rapport au projet.

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés durant la mise en oeuvre du programme :

Hostilité de la population, car il y a eu incompréhension du nouveau système et manquement à la diffusion de l’information. Mouvements de contestation dénonçant des prix trop élevés. Faiblesse des institutions, qui ont du mal à faire appliquer correctement le programme.

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

Le maire d’Antananarivo a décidé de revenir à la gratuité. Celui-ci a été ministre de l’énergie et des mines (l’eau était une direction dans ce ministère jusqu’en 2008)

Améliorations futures possibles :

Installation d’une connexion domiciliaire, c’est-à-dire l’eau courante, dans les quartiers défavorisés. De plus en plus d’habitants le demandent, mais ne peuvent y avoir accès par le caractère illégal de leur quartier (pas de titre foncier, une condition exigée par la Jirama outre la capacité à payer).

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou transposition du programme :

Sensibilisation des citoyens à la gestion de biens publics.

Pour en savoir plus

www.eaurmc.fr/fileadmin/international/

http://www.pseau.org/outils/biblio/resume.php?pgmpseau_id=64&docu_document_id=2923


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