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Choisir d'améliorer l'équilibre vie professionnelle, vie personnelle dans les métiers agricoles

Résumé : L’IGF (Intergroupes féminins) travaille depuis des années sur les risques psychosociaux et a fait le constat qu’il y avait beaucoup de choses à faire pour le monde agricole. Après une étude ergonomique et une série de conférences et formations, un événement sur l’équilibre des vies est prévu en mars 2017.

lauréat Candidat au Prix des Femmes Marjolaine 2016

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Programme

  • Démarrage : Février 2011
  • Lieu de réalisation : France
  • Budget : 60000 €
  • Origine et spécificités du financement : Casdar, fond de formation VIVEA, frais des participants, CCMSA

Organisme(s)

  • IGF (Intergroupes féminins)
  • 6 rue de la Rochefoucauld
  • 75009 Paris
  • Salariés : 0
  • Bénévoles : 17
  • Adhérents : 36
Site Internet

Localisation

Comité de lecture

  • Date de lecture de la fiche :  15/12/2016
Solution(s) : Agriculture et alimentation Emploi
Pays :  France, Île-de-France
Envergure du programme :  Nationale
Opérateur(s) :  Association, ONG
  • Bénéficiaires :  Professionnels, Population rurale, Femmes, Elèves, étudiants, Agriculteurs
  • Domaine(s) :  Travail, Santé, Psychologie, Philosophie, Sociologie, Moyens de communication, Éducation, Formation, Agriculture

Fiche collectée dans le cadre du programme RESOLIS « Prix des Femmes Marjolaine » (2016)

Copyright: Licence Creative Commons Attribution 3.0 ( http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/ )
Pour citer un texte publié par RESOLIS : Marec Céline , « Choisir d'améliorer l'équilibre vie professionnelle, vie personnelle dans les métiers agricoles », **Journal RESOLIS** (2016)

Origines et contexte du programme

Les membres de l’IGF (Intergroupes féminins), des agricultrices, sont parties les premières sur un sujet jusque-là tabou, notamment auprès du public masculin qui est très peu sensibilisé aux risques psychosociaux (RPS). Différents groupes d’agriculteurs et/ou d'agricultrices travaillent sur cette thématique dans leurs départements et se regroupent aujourd’hui pour cette action nationale. La prévention des RPS passe par une meilleure connaissance du sujet et ensuite par la mise en place d'actions collectives et individuelles qui contribuent à améliorer les conditions de travail, les conditions de vie des familles agricoles et à prévenir l'épuisement professionnel. C'est un sujet inépuisable pour apporter du mieux-être en agriculture et aider les agriculteurs à répondre aux défis environnementaux et de société actuels. L'IGF est un défricheur capable d'apporter un nouvel éclairage sur la face cachée du monde agricole.

Objectifs du programme

- Sensibiliser les agriculteurs à leur bien-être pour avoir du temps, prendre le temps et trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie privée,
- Gagner en santé au travail pour le suivi et le pilotage des exploitations vers la transition agroécologique générateur de bouleversements (changements de pratiques, changement de regard de la société...),
- Redonner de l’attractivité au métier et communiquer sur une nouvelle image dans ce contexte d’innovations techniques, environnementales et sociales.

Actions mises en oeuvre

- Une étude ergonomique en 2012 a permis de comprendre ce qu’est le métier d’agriculteur et comment se construit une bonne santé physique au travail (travail auprès de 6 exploitations dans 6 régions différentes),
- La réalisation de 2 formations de deux jours et de 6 conférences (dans 6 régions) en 2015 sur la productivité et le bien-être au travail par une psy-coach québécoise spécialisée dans le monde agricole a permis que des agricultrices parlent positivement des risques psychosociaux présents dans les exploitations agricoles et dévoilent plus facilement les difficultés liées à leurs métiers,
- Une rencontre nationale en mars 2017 à Limoges et la construction d’un baromètre sur l’équilibre des vies dans le monde agricole sont prévus pour continuer à échanger entre pairs et acquérir de nouveaux outils pour mieux vivre au quotidien.

résultats et impacts, quantitatifs et qualitatifs, des actions mises en oeuvre

1000 agriculteurs-trices et jeunes ont été sensibilisés à travers les conférences et cela continue avec un forum sur le réseau social www.pardessuslahaie.net. L'IGF est maintenant reconnue auprès des partenaires sur cette thématique.
De plus en plus spécialisés et en lien direct avec le consommateur via les circuits-courts, les agriculteurs adoptent de nouvelles techniques de travail, se forment pour répondre aux normes environnementales et produire plus écologiquement. Tout ceci est consommateur d’énergie humaine, de temps… Prendre le temps de réfléchir en groupe et trouver des possibilités adaptées aux besoins de chacun, que l’humain soit au cœur du métier, c’est le défi que l’IGF s’est lancé. Des agriculteurs mieux dans leur peau ce sont des produits de meilleure qualité offerts aux consommateurs.

Originalité du programme

Nous menons deux approches complémentaires et additionnelles : une prévention des risques psychosociaux (sujet tabou) qui a privilégié dans un premier temps l’angle travail et une approche psychologique positive axée sur l’humain : productivité, travail et bien être ! Nous avons fait venir une intervenante du Québec et avons constaté des similitudes entre agriculteurs québécois et français. L'outil conférence est très intéressant car il permet de sensibiliser beaucoup de monde d'un coup et de faire venir des personnes qui ne seraient peut-être pas venues en formation (plus impactant personnellement). Ces actions et cette dynamique nationale ont enclenché des actions de groupes plus locales en lien direct avec les adhérents (groupe de parole, formations à la programmation neurolinguistique, voyages d'étude...).

Partenariat(s) développé(s) dans le cadre du programme

Trame (tête de réseau d'appui méthodologique aux entreprises), dont fait partie l'IGF, a mis à disposition du temps d’animation pour animer le réseau et organiser les conférences. La CCMSA a soutenu l’étude ergonomique et l’organisation des formations et conférences. Dans chaque région où a eu lieu une conférence, différents partenaires se sont associés au projet (banque, délégué aux droits des femmes, MSA, Chambre d’agriculture…). Ces partenaires sont dans certains cas, restés en contact avec les groupes locaux et continuent à les soutenir dans leurs nouvelles actions.

Retour d’expérience

Difficultés et/ou obstacles rencontrés durant la mise en oeuvre du programme :

La recherche de partenariats prend beaucoup de temps et oblige à tisser un réseau. Les agriculteurs ont un agenda très chargé et il est difficile de trouver des moments communs pour les réunions téléphoniques et les rencontres. L’IGF ne couvre pas l’ensemble du territoire français ce qui limite la diffusion. La variété des situations et des productions doit être prise en compte pour que tout le monde se retrouve et puise de l’inspiration.

Solutions adoptées pour répondre aux difficultés et/ou obstacles :

L’implication de nombreux bénévoles pour organiser les conférences a permis de limiter l’impact financier. L’implication de chaque administratrice a permis au projet d’être en cohérence avec les attentes et les besoins des groupes locaux. Un appui en terme d'animation à des moments opportuns et l'appui des partenaires, qui sont en attente d’actions de groupe comme les nôtres sur ces sujets, ont été déterminants dans la construction du projet.

Améliorations futures possibles :

Il aurait été judicieux de solliciter plus en amont de l’évènement les partenaires potentiels pour être en phase avec leurs échéances calendaires et pouvoir en solliciter davantage. Une meilleure communication dans certaines régions, aurait permis de faire venir encore plus de monde aux conférences.

Présentation des facteurs de réussite et conseils pour une généralisation ou transposition du programme :

L’étude ergonomique en amont a permis de partager une vision commune de la situation. Le partenariat avec la CCMSA a fait décoller le projet. La participation aux conférences est anonyme, ce qui permet de sensibiliser des personnes qui ne seraient pas venues en formation sur ce sujet tabou et de faire un premier pas. Les nombreux articles de presse accentuent le nombre de personnes touchées (31 au total dans la presse agricole, locale et nationale). Il y a un réel besoin de continuer à travailler sur ce thème "bien-être". Les groupes qui se sont déjà formés continuent à se rencontrer de façon informelle. Les personnes qui sont en attente et en contact avec les premiers formés sont intriguées par l'impact que ces formations engendrent sur leurs collègues et souhaitent à leur tour vivre cette expérience. La motivation est là pour aller plus loin dans cette démarche.

Idée de sujet(s) de recherche fondamentale ou appliquée, utile(s) pour le présent programme :

Une étude ergonomique pourrait être intéressante pour savoir si les hommes et les femmes travaillent différemment. Les uns doivent-ils s'inspirer des autres ? Sont-ils mieux organiser ? Dégagent-ils plus de temps libre ?
Une étude sociologique pourrait être menée pour connaitre la vision de la société sur la dynamique de changement actuelle des exploitations. Les agriculteurs mènent de nombreux changements de pratiques (environnementaux et sociaux), est-ce que la société a conscience de cela et mesure les impacts sur le travail des agriculteurs ? Cela renvoie à l'attractivité des métiers et à la communication sur la nouvelle image de l'agriculture.

Références bibliographiques

Josiane Voisin, CCMSA, « Bien vivre le métier d’agriculteur », dossier technique n°27, 2014
Pierrette Desrosiers, « Survivre à la réussite », 2011

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